Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:45

 

Les révolutions en cours dans le monde arabe nous ont pris par surprise. J’ai relu 9782203015333FS les Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez (Éditions Casterman). Série de bandes dessinées en dix volumes commencée en 1987, le dernier tome est sorti en 2009.

Le premier livre Djemilah nous raconte l’époque coloniale, l’histoire de l’Algérie en 1836 jusqu’à l’année 1962 avec la proclamation de l’indépendance, volumes aux noms évocateurs : L’année de feu, Les fils du Sud, Le centenaire…

On admire les croquis et aquarelles de Ferrandez, magistral illustrateur et conteur. Dans cette saga familiale les destins se croisent… On a sous les yeux un récit passionnant de notre propre histoire et des celles des Algériens.

Pour adultes et grands enfants.

 

                    Danielle Jean

Par Le Giron - Publié dans : Lectures
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 18:41

 

         Extrait du livre : Fraude, contrefaçon et contrebande, de l'Antiquité à nos jours.Faux-monnayeurs.jpg

Par Gérard Béaur, Hubert Bonin, Claire Lemercier. 2006

 

… Une autre affaire concerne un atelier du comté de Valentinois et Diois au temps d’Aymar IV (1279-1329). En 1327 deux frères, ouvriers de la monnaie de Puygiron, fournissent au monnayeur Guillaume de Palerme des flancs de monnaie valant 9 d pour qu’ils soient frappés avec des coins de gilats valant 18 d. Le monnayeur en introduit 10 dans son lot de 43 pièces, mais le contrôle du maître est suffisant pour démasquer la fraude. Soumis à la question, malgré le témoignage favorable du prévôt, Guillaume reconnaît avoir frappé une centaine de fausses pièces. Les ouvriers fauteurs déclarent aussitôt qu’elles n’ont pas été écoulées, affirmation que les habitants de la région contredisent immédiatement, ce qui montre au passage qu’ils trébuchent les espèces qui passent entre leurs mains… En novembre 1327, un des ouvriers et le monnayeur sont condamnés à être brûlés à petit feu jusqu’à ce que mort s’ensuive. Liés à un arbre comtal, ils sont exécutés de cette façon…


Autre Source : La revue belge de numismatique en 1877 mentionne la procédure conservée aux archives de Grenoble :


          "Procédures contre Guillaume et Bertrand de Fijac, frères, et contre Guillaume de Palerme, ouvriers de la Monnaie de Puygiron, qui avaient fabriqué et mis en circulation de la fausse monnaie ; - sentence du juge de la cour d’Aymar de Poitiers, comte de Valentinois et Diois, qui condamne Guillaume de Palerme et Bertrand de Fijac à être brûlés ensemble par la flamme et par le feu jusqu’à ce qu’ils meurent entièrement, sentence qui fut exécutée à Puygiron même sur l’ordre de Ponce de Floyrac, châtelain de ce lieu".

Par Le Giron - Publié dans : Puygiron autrefois
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 18:24

 

Après la guerre de Hollande en 1673, la France connaît son premier tarif postalPoste-aux-armees.jpg militaire avec une taxe réduite pour les lettres destinées aux armées. Les communications sont donc assurées par l’Armée aux frais du Trésor royal. L’avènement de la Révolution donnera une force de principe à cette franchise postale militaire. Pendant le Directoire pour nos soldats il y aura un tarif unique et réduit. Car dès l’Empire la France va se battre aux quatre coins de l’Europe pendant plus de quinze ans. D’ailleurs ces guerres quasi permanentes entre la France et les grandes puissances européennes, l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie, allaient donc influencer, d’une part, le cours de la Révolution en France, et fonder d’autre part les bases d’une Europe nouvelle. C’est l’époque glorieuse de la Grande armée de notre Empereur Napoléon Bonaparte, qui, ne l’oublions pas, séjourna comme sous-lieutenant d’artillerie à la Garnison de Valence. A l’époque peu de courriers arriveront aux soldats, hussards et maréchaux d’Empire, sur les différents champs de bataille. D’abord éveillé par les idées Napoleon.jpgde 1789 le sentiment national allait ensuite mettre un terme à l’épopée napoléonienne, en liguant contre l’Empereur tous ceux qui étaient exaspérés par la politique de conquête et d’annexions de la France. Puis le roi de France Louis XVIII organisera une expédition en Espagne pour soutenir le roi Ferdinand VII, son cousin, qui vient d’être renversé. Un bureau de poste militaire français sera installé dans chaque grande ville espagnole. A la fin de cette expédition la grande réforme de la Poste aux Armées devient effective avant de trouver son aboutissement sous le Second Empire lors de la conquête de l’Algérie en 1830 par la France qui instaurera un service postal aux Armées. La Poste sera en Algérie, comme tous les autres services administratifs, une véritable organisation militaire.

P.H. Foster

Par Le Giron - Publié dans : Divers
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 18:07

Majorettes

 

 

Les majorettes filles et garçons de Puygiron devant le restaurant "La Cigogne"

 

         Dans l'ordre de passage : Virginie Sauvan, Delphine Sauvan, Sébastien Locatelli, Cyril Petit-Lafont, Séverine Fontaine et Belle.

Par Le Giron - Publié dans : Habitants du village
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 17:48

a-Puygiron-les-freres-Garnier.jpg

 

Voici une photo de Puygiron datant de 1931. On y voit les cousins Garnier de mon père. Le petit bonhomme au milieu est mon père, petit gars de la ville (Valence) en visite chez ses cousins. On y voit de gauche à droite Éloi Garnier, André et Abel Garnier, Sébastien (?), mon père Raymond Vieux, Charles, Ernest et Émile Garnier. Les cousins étaient six : Charles, Émile, Léa, Abel, Fernande et André nés entre 1911 et 1922. Trois d'entre eux sont décédés, vivent toujours à Puygiron Fernande, André et Léa (Léa Guérin qui vit chez sa fille Josette Lévêque). Peut-être les connaissez-vous ? Mon père qui a aujourd'hui 84 ans m'avait écrit, il y a quelque temps, ses souvenirs et je viens de retrouver le passage qui concerne Puygiron. Je vous le livre :

Nous allions de temps en temps dans la famille par le train et parfois ensuite le service de cars SNCF. Pour Puygiron, nous allions à Montélimar puis à proximité de Puygiron avec un petit train ou plus tard en car. Ensuite, on faisait un peu de marche à pied pour parvenir à la ferme d’en bas à travers champs. La ferme d’en haut, à David, n’était pas beaucoup plus loin. A Puygiron, nous assistions Lucile et moi aux travaux des champs : suivant la saison nous contemplions la moissonneuse-batteuse en pleine action ou nous regardions les labours, le soc de la charrue fendant la terre. Cette charrue était tirée par une paire de bœufs puissants et plus tard par un tracteur. J’allai garder les moutons avec Fernande aidée de sa chienne qui s’est toujours appelée « Bergère », même si ce n’était pas le même animal. Il y avait d’autres chiens : « Fifi » aux longs poils noirs, le « Boche » qui avait atteint l’âge de quatorze ans. Nous regardions le repas des cochons auxquels on jetait des betteraves à sucre en pâture. Il était interdit aux chèvres de s’égarer dans la luzerne. L’oncle Gustave a piqué une grosse colère un jour où ses chèvres ont crevé, le ventre gonflé démesurément.

Les champignons étaient nombreux dans les bois voisins, notamment les petits gris (ou nératous). La chasse était la distraction favorite des cousins. J’ai voulu un jour partir avec eux, mais cela m’a été refusé, à mon grand désappointement. Il y avait aussi les anguilles qu’on pêchait dans le Jabron. Le pain était fabriqué maison, le pétrin étant situé à côté de l’entrée de la ferme."

                                                             Anne-Cécile Pigache

Par Le Giron - Publié dans : Puygiron autrefois
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 11:35

 

Les êtres s’en vont, les êtres disparaissent.                               

Nous ne sommes pas toujours des proches de ceux qui partent.

Et pourtant le jour où on l’apprend,

on est saisi d’une proximité brutale, soudaine.

On se souvient de ce qu’on a partagé.

Même si cela est devenu loin dans le temps.

Même si l’on a ignoré de par la vie menée chacun de son côté,

ce qu’est devenue ensuite la personne,

ce qu’elle a traversé, ce qu’elle a été.

Et ce qui se lève alors dans la mémoire,

petits souvenirs uniques d’un partage,

même très brefs, très lointains,

parmi des milliers d’événements,

est une forme de salut,

de main simple, haute et dressée par-dessus la mort, qui signe :

 

Salut, je t’ai croisé Yves.

Tu as fait partie de ma vie

J’ai fait partie de la tienne

Tes souvenirs brillent en moi

 

       Yves Geffroy Il me semble que j’avais dix ans lorsque j’ai rencontré Yves à Puygiron. Nous venions ma famille et moi très souvent les week-end, et toutes les vacances. Et un jour Yves s’est trouvé là. Sur la place du château. Ce gars, qui devait alors avoir quoi ? Trente ans ? Ce gars tout campé sur ses jambes, en tenue d’homme artiste, les poings sur les hanches, le pantalon haut, la chemise à carreaux bouffante, bien serrée dans la ceinture, débarquait de Bretagne. Oui, Yves, peut-être parce qu’il venait de Bretagne, dans ma tête d’enfant était un capitaine. Il m’a toujours semblé le rencontrer sur cette place, sur le pont d’un vaste navire invisible, où il se tenait toujours bien face au vent, face au gens, les jambes solides, le visage franc. Accompagné d’un chien je crois, même peut-être de deux, sautant du coffre d’une vieille bagnole de campagne.

       Les enfants n’oublient pas les adultes qui les ont un jour regardés, regardés vraiment. Et Yves me fut de ceux-là. Il m’a ouvert grand son petit atelier, où il officiait nouvellement comme artiste-artisan, rue de la mère Mouillac (comme la ruelle s’appelait à l’époque). Cet endroit fut pour moi, l’ouverture d’une grotte aux merveilles, non seulement de ce qu’il me montrait alors, ces vitraux de plâtre et de tessons de bouteilles, ses sculptures de bois et de fer. Mais du don qu’il m’a fait de m’en donner la clé, l’accès permanent à cet endroit, et la libre disposition de tous les outils de l’établi, et aux matériaux. A ses livres aussi, à ses disques, et au vieux pick-up. Pour un autre enfant cela aurait été peut-être sans fondement, mais pour moi, qui a cette époque avait pour désir central que de fabriquer, de dessiner, de créer, Puygiron, petit village grand comme un mouchoir de poche, s’était dans mon esprit comme doté d’un accès à un nouveau monde, immense et désirable.

       Oui Yves était bien un capitaine, qui a offert à mes dix ans une île, où je me suis sentie si heureuse de pouvoir créer, fabriquer. Je n’étais d’ailleurs pas seule à courir ici dès que j’en avais le temps. Même si je pense en avoir été la plus adepte du côté de l’établi. Toute la bande d’enfants que je côtoyais en vacances, frères et sœur compris, enfants et pré ados, avaient aussi libre accès à cet abri. Il nous apprenait à faire des ceintures, comment polir des galets du Jabron, les monter ensuite sur des cordes tressées, achevées ensuite d’une boucle de métal que lui-même nous forgeait. Un vieux tampon de wagon luisant lui servait d’enclume, Yves redressait le monde de ses pertes, de ses abandons, redonnait vie et voyage entre nos mains.

       Je me souviens de jours de pluie, où contre l’ennui, on se tassait là dans les vieux fauteuils défoncés à découvrir nos premiers Brel, Ferré, Ferrat, et toute la collection de Serge Reggiani. C’est ici aussi, dans cette liberté offerte, ce bien qui nous était prêté, qu’il a fallu apprendre les règles d’un partage communautaire et respectueux. Prendre soin des choses, ranger les disques dans leurs pochettes, les outils à leur place, nettoyer les lieux après nos passages. Je m’en souviens car ce ne fut pas toujours simple, il y eut parfois quelques débordements, des négligences, qui nous valurent de la part d’Yves, l’œil fâché, des haussements de tons, de forts aboiements. Mais jamais il ne nous referma cette porte, ne nous retira cette clé donnée. Non, il se chargea seulement de rééditer avec fermeté et constance, ces règles absolument fondatrices, aux enfants dissipés et pas finis que nous étions. Yves était un être d’apprentissage, hors maître, hors institut, il enseignait à l’école buissonnière. Il enseignait ce qu’il menait lui-même pour lui-même, plus que ce qu’il savait. Je me souviens de moments de soleil côte à côte, en tête à tête avec lui, où il m’apprenait à poser en constellation les tessons de verres colorés dans un gabarit, sur la table de bois nu, avant de couler délicatement le plâtre blanc dont il avait fallu établir la juste proportion d’eau et de poudre. Puis comment il fallait attendre le séchage, puis comment arrivait l’heure de nettoyer délicatement les verres avec un petit chiffon sec. Puis celle de tendre sa petite œuvre, dure, sèche, réunissant solidement ses éléments auparavant dissociés, éparses, œuvre enfin terminée, dans le soleil…

       Tous ces détails, toutes ces étapes, d’un acte qui peut sembler dérisoire, petit, infime dans une vie, ont participé j’en suis sûre à l’enseignement du respect de l’ordre des choses, du respect du temps, mais aussi à un épanouissement de la confiance, de la foi en la bienveillance que l’on peut recevoir des choses, des éléments, dès lors qu’on les envisage dans le respect de ce qu’elles réclament. Que peut-on offrir de plus fort à un enfant ?

       Il pendait souvent au plafond mes petites œuvres de bois, de clous et de ficelle, au milieu des siennes. Et j’étais fière, moi la petite, de compter parmi son monde.

Chaque fois que je l’ai croisé, enfant, puis plus tard adulte de façon plus sporadique, me voyant arriver vers lui il me criait de loin « Nata ! » ou « Bonjour ! ». C’était un cri heureux, qui m’en fait encore des frissons, porté loin, engageant. Tout à fait à lui cette façon d’accueillir dans l’élan, avant même que la distance ne se raccourcisse, un « bonjour ! » qui dit « viens ! ».

       Et puis il y eut plus tard dans sa vie ses cabanes construites au bord de la rivière. Écolo avant l’heure, réinventant des vies nouvelles à nos rebuts, soucieux des énergies, conscient des gâchis, anti consumériste.

       Yves était, est, de ces gens qui ont travaillé à inventer leur vie, contre beaucoup de jugements et de convenances. Yves marchait en compagnie du monde, des chiens et des enfants. Un jour il a pris ma petite main, et lui a donné un outil. Un vrai, pour la plus belle des chasses, toujours à recommencer, qui s’appelle :

       « Viens ! On va attraper le soleil dans des morceaux de verres ! »

       Alors, je lui dis : Merci. Lui souhaite bonne route dans l’arc-en-ciel, bien campé sur ses jambes, le capitaine... Et entouré, j’en suis sûre, de la joie de tous ses chiens sur les talons.

                                                                      Natacha de Pontcharra

Par Le Giron - Publié dans : In memoriam
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 11:19

 

zonage_2010_1-df48a.jpg

 

       Afin de se mettre en conformité avec la réglementation européenne (Eurocode 8) concernant la prévention des risques sismiques, la France s’est dotée, par décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010, d’une nouvelle carte des zones de sismicité comprenant une échelle de 1 à 5. Ce décret est applicable dès le 1er mai 2011. Il est complété par deux autres textes législatifs : le décret no 2010-1254 du 22 octobre 2010 (prévention du risque) et l’arrêté du 22 octobre 2010 (règles de construction parasismiques).

       Conséquence : Au lieu de 5 000 communes classées auparavant ce sont maintenant 25 000 qui sont concernées en France. La Drôme quant à elle voit la totalité de ses 369 communes classées en zone 2 à 4 au lieu de 147 précédemment. La zone 5 concerne les Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe.

       Les règles de construction antisismiques ne concernent pas la zone 1 mais sont applicables aux nouveaux bâtiments dès la zone 2. Il s’ensuivra un renchérissement des coûts de la construction.

       Désormais, tous les maires seront tenus d’informer leurs administrés sur les risques sismiques de leur commune, via le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Toute personne qui vend ou loue un immeuble devra annexer au contrat de vente ou de location un état des risques naturels et technologiques et déclarer les sinistres indemnisés suite à un événement reconnu comme catastrophe naturelle ou technologique.

                                                          C. de Pontcharra

 

Sources :

http://www.legifrance.gouv.fr

http://www.planseisme.fr/Zonage-sismique-de-la-France.html

Par Le Giron - Publié dans : Développement/environnement
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 10:46

 

       Les gaz de schistes sont des gaz fossiles étroitement mêlés aux schistes ou aux marnes de l'époque du Lias, roches poreuses situées entre 3 000 et 3 500 mètres de profondeur. On les trouve, entre autres, dans notre région et le début des explorations est prévu dès 2011 autour Villeneuve-de-Berg, puis dès 2012 autour de Valvignères et Montélimar. Ces sites ont été choisis pour être les premiers en Europe, bientôt toute concernée, alors qu'aux USA et au Canada, le désastre est déjà bien avancé et fait du bruit. De plus, les permis d’exploration délivrés en mars 2010 ont été exemptés de l’étude d’impact environnemental qui aurait normalement dû être obligatoire.

     On extrait ces gaz en effectuant un forage vertical jusqu’à 3 000 mètres de profondeur, puis jusqu'à huit forages horizontaux jusqu’à 1 500 mètres à partir de chaque puits vertical. On y envoie de grandes quantités d’eau sous très forte pression, additionnée de plusieurs centaines d’adjuvants et de sable, afin de fracturer les roches et de libérer le gaz. Il faut l'équivalent du volume d’eau contenu dans 6 piscines olympiques d'eau par puits de forage. L’eau serait acheminée depuis le Rhône par camion, soit environ 800 camions par puits et l’on parle déjà de plusieurs dizaines de puits.

       Le débat qui s’anime aujourd’hui autour de ces permis d’exploration délivrés, se situe au-delà des clivages politiques, et doit continuer à rester politiquement neutre. Il s’agit de la planète et des générations futures. De nombreuses communes ont voté un moratoire contre l’exploitation de ces gaz depuis le début de l’année. Alors quels en sont les dangers ?

        Tout d’abord, une pollution de l’air par la combustion des gaz excédentaires dans une torchère. Les produits chimiques utilisés pour la fissuration y seront mêlés même si un bon nombre d’entre eux sont dangereux pour l'environnement et les organismes vivants. De plus, pendant la longue phase d'exploration, les gaz extraits des forages seront brûlés sur place car il n'y aura pas de raccord pour les acheminer vers des collecteurs.

       Ensuite, une fracturation trop intense par une mauvaise estimation de l’épaisseur des roches poreuses à 3 000 mètres, entraînera une communication entre la roche fracturée et d’autres couches géologiques voisines, dont d’éventuelles nappes Gasland.jpg phréatiques. De plus, il peut y avoir une mauvaise étanchéité du forage traversant forcément les nappes phréatiques, par fissuration du conduit béton. Ces derniers risques majeurs ont malheureusement été observés aux Etats-Unis et au Canada (voir le film gasland)

       Alors même qu’on parle de réduire les gaz à effet de serre et notre consommation en énergie fossile, l’extraction des gaz de schiste est très coûteuse en énergie et extrêmement polluante. De plus, la technologie étant américaine, la France est tributaire en grande partie de firmes américaines pour réaliser ces extractions. Pour la phase d'exploration du site de Villeneuve de Berg, 40 millions d'euros ont été débloqués par la firme intéressée. Un tel investissement laisse prévoir de gros profits financiers.

       La phase d’exploration de 2011 à 2013 utilise les mêmes méthodes que la phase d’exploitation, prévue à partir de 2013. Il est important de soutenir la mobilisation car imaginez-vous acheter du vin d’Ardèche, des olives de Nyons, des légumes bio du Larzac produits à proximité d’un derrick et arrosés avec une nappe phréatique contaminée ? Et ne boire plus que de l’eau en bouteilles… provenant d’une source qui jaillit bien, elle aussi, de terre ?

                                                                                      Dominique Rault

 

Site recommandé :

http://www.nonaugazdeschiste.com

Par Le Giron - Publié dans : Développement/environnement
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 14:59

 

Roberto

 

       Roberto incarne parfaitement ce que l’on peut appeler « l’émigré espagnol » qui, depuis le dix-neuvième siècle, quitte son pays sous la pression d’un pouvoir politique. Monarchies et empires, ont, au cours des siècles, engendré des luttes intestines débouchant souvent sur des crises économiques qui incitèrent les familles à se déraciner pour survivre.

      Quand on le croise dans la partie sud-est du village, descendant de sa voiture toujours chargée de matériel, on n’imagine pas, à première vue, qu’il n’est pas d’ici, tant en peu d’années il s’est incorporé à la vie drômoise, exerçant son métier de chauffagiste, prenant sa place dans la nouvelle famille qu’il s’est choisie en devenant le compagnon de Karine Bintein. Si ce garçon d’une cinquantaine d’années, père d’une belle jeune fille, n’est pas, certes, un témoin de la guerre d’Espagne, il en a subi les conséquences comme beaucoup de jeunes de sa génération. Originaire de la région de Santander, son père ayant choisi le camp des républicains, est arrêté, condamné à la prison à vie, exécute cinq ans de travaux forcés. Roberto se souvient du récit de son père racontant qu’en l’absence d’outils, il était contraint de creuser à la main les premières fondations d’un barrage. Libéré, ayant fondé une famille et décidé à faire mieux vivre sa femme et leurs neuf enfants, il décide d’abandonner son pays et de partir, ailleurs, en Belgique où il rejoindra la communauté espagnole bien implantée. C’était moins loin que l’Australie où émigraient beaucoup de ses compatriotes à l’époque. On est en 1966, Roberto a neuf ans, c’est le départ en taxi, avec un camion pour les quelques meubles. 1 800 km à parcourir. Personne ne parle français. Les enfants n’ont connu que leur grand village avec l’école et une maîtresse qu’on ne peut oublier. Une vie dure, sans fantaisie possible. Juste la possibilité de vivre au jour le jour. Roberto garde le souvenir de paysages exceptionnels, de forêts de hêtres, où se cachaient les ours, de pâturages, de montagnes impressionnantes. De cette enfance il garde le goût de la nature vierge et de la marche, de la liberté sur une terre non polluée.

       Tout est nouveau. C’est Bruxelles la capitale et ses lumières, une langue à apprendre, un environnement à explorer. L’enfant aime l’école, les études. Il réussit dans des études classiques avec le latin, avant d’intégrer une école technique et à la mort du père rapidement s’insérer dans le monde du travail. Il sera imprimeur pendant dix ans, apprend le métier de graveur. En vit bien, avant le licenciement collectif.      Advient une période plus incertaine où il s’essaie à différents métiers, ceux qui s’offrent à lui, dont celui de décorateur dans le cinéma et de paysagiste. Il a plusieurs cordes à son arc et reviendra à la mécanique quand il aura la possibilité de travailler dans la construction, les installations de chauffage. C’est d’ailleurs cette activité qu’il exerce à Montélimar quand il s’installe à Puygiron en 2006.

       Roberto a l’apparence d’un homme tranquille. Certes il l’est, posé, courtois, agréable, mais quand on approfondit la relation on découvre la profondeur d’un caractère qui s’est forgé à travers les vicissitudes de l’histoire. Il n’a pas grandi comme un enfant privilégié, bien à l’abri des tempêtes. Et cela donne une personnalité un peu secrète qui garde pour lui ses doutes, ne se répand pas mais raisonne juste, sait jauger le monde et aussi lui faire confiance.

                                                                    N. de Pontcharra

Par Le Giron - Publié dans : Habitants du village
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 16:08

 

  PUYGIRON TGV photo Gilles CHABOT

 

                                                    Photo prise  depuis le TGV à 300 Km/h par Gilles Chabot

 

Le temps des cerises


       C’est le printemps, et nous sentons tous avec la croissance de la lumière, la chaleur précoce, les ondées, l’éclosion des fleurs, la présence des villageois dans les rues, les enfants qui jouent dehors, ce renouveau qui, chaque année, à la sortie de l’hiver, donne du bonheur. Retour cyclique de la sève dans les rameaux, de l’accélération du sang dans les veines. Tout nous porte vers l’avenir de l’été et des saisons à venir avec l’espoir que le futur sera exempt des lourdeurs du passé. Car chaque fois que l’on se tourne vers l’avenir c’est en même temps une reconsidération du temps écoulé qui nous envahit. Même si le printemps revient chaque année. Est-ce vraiment le même printemps qu’il y a cinquante ans ? Cinquante ans pour prendre date. Pour nous Puygironnais il y a la même ligne de collines, les champs de lavande et leurs couleurs raffinées, la vue sur les Préalpes bleutées ou blanchies par la neige, des repères sûrs. Mais si l’on s’attarde un peu plus, l’on voit et l’on entend le TGV qui a apporté beaucoup de confort pour les voyageurs. En même temps le bruit engendré par son déplacement domine parfois le chant des cigales. Les vieilles maisons du village se transforment en appartements. Le mode de vie change. Jusque-là rien de très inquiétant pour nous qui, dans l’ensemble, vivons un quotidien plutôt quiet quand il n’est pas perturbé par la maladie ou le deuil. C’est l’état du monde qui change, son économie, les mentalités. Et les bouleversements de tous ordres, sont souvent dramatiques. La précarité, la violence qui s’installent dans de nombreux pays du Sud modifient notre regard sur la vie, sur la gestion de la planète. Le vingt-et-unième siècle fonctionne à découvert. Et c’est sans doute ce qui apporte un changement radical dans la vie des terriens où qu’ils vivent. On n’ignore rien. Ni des famines, ni des révolutions, ni des abus de pouvoir et des malhonnêtetés même des hommes qui nous ont gouvernés ou nous gouvernent. Le printemps n’est pas le même car nous sommes moins naïfs sur des problématiques dont la résolution est essentielle. Il y a même une accélération dans la mise en réseau des informations, par la presse, la télévision, Facebook.

       Ce qu’on apprend doit nous engager à protéger ce qui est en notre pouvoir et concerne la santé, l’éducation, le respect de l’homme et de la nature. Il y a cinquante ans on n’imaginait pas voir pointer à l’horizon les quatre tours de la centrale nucléaire de Cruas. Et aujourd’hui comment les regarder en ce printemps où les fleurs de cerisiers nous rappellent la cruauté de la catastrophe japonaise ?

                                                                           Nicole de Pontcharra

Par Le Giron - Publié dans : Editoriaux
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LE GIRON

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001. Elle a pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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