Mercredi 6 août 2008
 

Douceur printanière, sortie estivale, pluies automnales, échappées hivernales ; René Bonnet parcourt nos routes départementales, nos chemins communaux au rythme de sa foulée, il est à l'instar des amateurs de course à pied que nous croisons régulièrement, l'un des repères de notre paysage familier. Courir est un plaisir toujours renouvelé, il n'y a pas de mauvaise saison pour le coureur à pied ; il faut néanmoins éviter les gros efforts sous une chaleur caniculaire.

 Les premiers « pas »

René débute la course à pied avec son admission dans la police en octobre 1970, le footing quotidien d'une dizaine de kilomètres y est obligatoire. Dès lors, il a le pied à l'étrier et ses aptitudes naturelles le conduisent à intégrer l'équipe du huitième groupement de police. Il participera à de nombreuses compétitions dans la région Rhône-Alpes (cross semi-marathon) et sera qualifié à cinq reprises pour les championnats de France de cross (Saint Brieuc, Béthune, Liévin...).

 

Son club : l'UMS athlétisme

En 1984, René prend une licence au sein de l'UMS, club-phare de la région, près de vingt ans plus tard, sa fidélité au club ne s'est pas démentie ; les maillots rouges sont souvent aux avant-postes des courses départementales et régionales dans les différentes catégories d'âge. De cette adhésion à un club FFA, au-delà de sa pratique individuelle qu'il peut mener sans contrainte, il met en avant le sentiment affirmé de l'appartenance à un groupe, une équipe. Lors des compétitions, les plus anciens encadrent les plus jeunes, le club est une grande famille où les termes, respect, entraide, solidarité ont un sens. René considère l'athlétisme comme un sport de base dans la formation d'un enfant.

Ses sorties habituelles

Notre région offre une variété de parcours tout à fait remarquables, à raison d'environ quatre sorties hebdomadaires, notre coureur local s'entraînera sur les chemins et les routes de Puygiron, Espeluche, Le Colombier, La Bâtie-Rolland, Rochefort en Valdaine... pour des sorties de 12 à 17-18 Km.

Les courses

En moyenne, il participe à une douzaine de courses dans l'année ; avec les "incontournables" : Privas, Montélimar, Pierrelatte, la Transclavienne, (Allan) ; il était présent au Teil pour la course du Pélican, le 2 mars ; belle course très pentue de 12 kilomètres et sera sur la ligne de départ des foulées du robinet de Donzère le 16 mars. René ne s'est jamais aligné sur la distance du marathon, mais qui sait ?

Ses motivations

Au premier plan, il évoque le bien-être procuré par la course à pied dans le cadre d'une hygiène de vie. Pour certains, on parlera même d'art de vivre. Les bienfaits sont multiples : faculté de récupération, vélocité, détente... René aime à rappeler l'ambiance qui règne sur la ligne de départ d'une course empreinte de camaraderie, de convivialité, de respect ; la course sur route possède la particularité rare de voir se côtoyer le champion international et le coureur local (Aïssa Belaout et Brahim Lalhafi, entre autres, finalistes olympiques ont porté les couleurs de l'UMS).

Courir renvoie à un geste si naturel qu'il vous place tout de suite en harmonie avec votre cadre de vie, même en vacances, un short, un tee-shirt, des chaussures de sport (adaptées à la pratique du "jogging") et vous partez à la découverte... "4 au kilo", ça évoque quoi, pour vous ? Eh bien non, ce n'est le prix d'un kilo d'oranges, mais le temps réalisé (4 minutes) pour parcourir un kilomètre en courant, voici un exemple du jargon employé chez les arpenteurs de bitume.

Attention, ne vous laissez pas tenter, sous peine d'être définitivement conquis et coureur à pied pour la vie.

Merci René et bonne route !

Les clubs : UMS athlétisme, Club 26 Allan, Le Teil court.....

             P. J.

                 Publié dans le Giron n° 4 (avril 2003)


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Vendredi 1 août 2008

Au cours de petits entretiens, mon propos est de vous raconter brièvement l'histoire de ceux qui ont marqué de leur empreinte le passé de notre village. Sans aucun a priori, je vais commencer par les Viel. Car, sans les Viel, Puygiron serait privé d'une partie de son histoire. Aujourd'hui, nous parlerons de Pierre Viel que vous avez tous connu, décédé récemment, le 1er novembre 2002 exactement.

Issu probablement de Normandie, nous retrouvons le premier du nom sur un vieux cadastre ou tout au moins de ce qui en tenait lieu à cette époque, datant de 1640, sous le nom de Guilhaume Viel. Pierre Viel est né à Puygiron le 30 décembre 1913 ; il est le plus jeune de quatre soeurs et un frère. Certains d'entre vous ont certainement connu et fort bien ses soeurs Marguerite et Marie ainsi que son frère Raymond. Son père, "le grand’père Joseph" comme on le nommait était exploitant agricole ; une propriété importante pour les moyens de cette époque, d'environ 50 hectares.

                                                                                                                                          Photo X

Pierre commença par l'école de Puygiron et ensuite devint pensionnaire au collège Ste Croix où il fit des études poussées jusqu'à l'âge de 17 ans. Il aida son père à l'exploitation de la ferme familiale et fit ensuite son service militaire à Lyon et la guerre de 39 arriva. Mobilisé dans la Cavalerie (la vraie) il fut comme beaucoup d'autres hélas fait prisonnier entre Arras et Cambrai. Mais, futé, il ne le resta pas longtemps ; ces énormes colonnes, vous pensez : deux millions de prisonniers étaient plus ou moins bien surveillés et il en profita pour prendre la poudre d'escampette. Il fut recueilli par une famille d'agriculteurs qui lui fournirent des vêtements civils. Par la suite, ils ont continué à se voir d'ailleurs.

Nous reconnaissons bien là les qualités de Pierre, toujours reconnaissant. Et puis, tout bonnement il retrouva son Puygiron où il se remit au travail mais pas uniquement celui de la terre puisque la guerre n'était pas finie et la France toujours envahie. Il participa au maquis et prit en charge de nombreux parachutages qui se pratiquaient de nuit sur le plateau de Montjoyer et je crois qu'il méritait, plus que d'autres une distinction que je lui aurais remise avec plaisir. Enfin, cette guerre se termina en 1945, tout rentra dans l'ordre et Pierre put épouser en avril 1946 celle qui fut sa compagne de toujours, Raymonde Thévenet, dite plus habituellement "Monette". Deux enfants naquirent : Bernadette et Bruno.

Il est élu conseiller municipal en mars 1959 et deviendra maire lors du décès de M. Deloule en juillet 1963 et le demeura jusqu'en juillet 1983, soit vingt ans. Les finances étaient gérées avec parcimonie, le mot "subvention" n'avait guère cours ; malgré tout il fit exécuter de nombreux travaux avec les moyens du bord.

À noter pour terminer que de nombreux Viel furent maires de Puygiron : Jacques Louis (1808-1825), Antoine (1825-1831), Félicien Léon (1872-1891), Louis (1893-1913).

Jean Bintein

                 Publié dans le Giron n° 4 (avril 2003)

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Vendredi 1 août 2008

Le développement durable est bien à la mode ces temps-ci et il ne faut pas s'en plaindre même si il est souvent utilisé de façon opportuniste et démagogique par nos hommes politiques. Mais c'est quoi au juste le développement durable ? Pour moi il est à l'économie mondiale actuelle ce que l'agriculture biologique est à l'agriculture, ce que l'homéopathie est à la médecine, ce que l'amitié est à la relation de bistrot. C'est fonctionner en pensant un peu plus loin que le résultat, visible et immédiat de nos actes. Au jardin potager, d'ornement, de ville ou de village, c'est d'utiliser des techniques peu gourmandes en énergie (dont la nôtre, nous aussi nous voulons durer), laissant le sol et son environnement propres et donnant un résultat positif (je précise car il est des pratiques aux conséquences durables mais catastrophiques) et stable. Vous, je ne sais pas, mais moi j'adore les exemples.

 

Travail du sol

Au jardin, tout vient du sol ; un sol durablement fertile est un sol suffisamment pourvu en humus ; celui-ci provenant de la dégradation de la matière organique fraîche (feuilles et tiges mortes, paille, tonte, etc.) par les vers de terre, les microorganismes et acariens et insectes du sol, il faudrait éviter de chambouler l'agencement naturel du sol par le bêchage et lui préférer un travail superficiel au croc, par ailleurs plus rapide et moins tuant pour le dos. Un sol ne devant jamais rester nu, on paillera les massifs, planches de légumes et parcelles restant vides en hiver.

 

Fertilisation

Les engrais chimiques sont destinés à nourrir la plante pas le sol ; ils n'apportent qu'une "fertilité" temporaire car ils sont peu fixés par le sol donc fortement lessivés par les eaux de pluie ou d'arrosage avec gaspillage et pollution à la clé. Les engrais et amendements organiques, eux, nourrissent le sol en participant à la formation de l'humus et par là du "complexe argilo-humique", véritable réservoir d'élément nutritifs pour la plante. Si le champion des engrais organiques est sans conteste le fumier, en la matière tout est bon à prendre, entre autres les feuilles mortes. Ne sont-elles pas un des rares apports dont bénéficient les arbres en forêt ? Il est bien certain que vingt-cinq centimètres de feuilles de platane ne feront pas du bien à une pelouse mais qu'on aura plutôt intérêt à les ramasser, mais pourquoi viser le zéro feuille sur son terrain ? C'est se priver d'une partie de l'ambiance automnale et de pas mal de matière organique.

 

« Mauvaises » herbes

Il faudrait plutôt parler d'adventices, c'est-à-dire de plantes poussant "à côté" de la plante cultivée. Il faudrait arrêter aussi de ne les voir que comme des nuisibles à éliminer coûte que coûte. Une de leur utilité principale est de ramener en surface, grâce à la diversité de leurs enracinements, des quantités d'éléments inaccessibles à la plante cultivée. On a donc intérêt, quand elles deviennent trop encombrantes, à les arracher et à les laisser se décomposer sur place. D'un autre côté, elles nous renseignent sur les déséquilibres du sol et contribuent à les corriger.

Si malgré tout la vue d'une adventice vous donne de l'urticaire, oubliez votre pulvérisateur et préférez-lui le paillage, la binette ou à la limite le désherbeur thermique. Les herbicides sont inadmissibles : ceux-ci polluent (le roundup et autres herbicides ayant le glyphosate comme principe actif sont effectivement biodégradables mais un de leurs produits de dégradation est le formol, toxique pour la microfaune du sol), leur fabrication ne l'est pas moins, ils sont dangereux pour l'utilisateur et le jardin des voisins et de plus ils sont chers.

 

Maladies

Ici encore il vaudrait mieux réfléchir un peu avant de se jeter sur son pulvérisateur. Les produits phytosanitaires sont (à part la bouillie bordelaise) peut-être encore plus néfastes que les herbicides : ils ont les mêmes défauts et peuvent en prime perturber l'équilibre du jardin en tuant, outre le parasite visé, les insectes utiles (abeilles, coccinelles, chrysopes, etc.) et en induisant des phénomènes de résistance chez les nuisibles. Il en va des plantes comme des humains : ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on est en mauvaise santé mais c'est parce qu'on est en bonne santé qu'on n'est pas malade. Une plante adaptée au climat, plantée à bonne exposition dans un sol propice et cultivée comme il se doit, a bien peu de chances d'être la proie des parasites ou maladies. Beaucoup des jardiniers ont d'autre part constaté une diminution des problèmes phytosanitaires depuis qu'ils ont arrêté tout traitement, laissant faire les auxiliaires (animaux utiles) et les défenses naturelles des plantes. Les agriculteurs sont souvent accusés de tous les maux en matière de pollution des eaux et des sols mais je serais curieux de connaître la part de marché que représentent les particuliers en ce qui concerne les produits phytopharmaceutiques.

 

Taille

Les flemmards vont encore être contents car la taille des arbres et des arbustes est de plus en plus souvent remise en question. Un professeur du Lycée horticole de Romans commence son cours sur la taille par un superbe « savoir tailler c'est savoir ne pas tailler ». Sans parler du laurier rose pour qui la meilleure taille est de perdre son sécateur, la taille (hormis de nettoyage) se justifie rarement pour les arbres et pratiquement jamais pour les arbustes (mis à part les rosiers, vignes et autres sarmenteuses. La taille courte des arbustes à fleur, outre de les défigurer et d'hypothéquer leur floraison, provoque l'émission de pousses vigoureuses qui attirent presque à coup sûr les pucerons. La taille sévère des arbres à bois tendres (peuplier, saule, marronnier, etc.) entraîne souvent la pourriture interne des charpentières et même du tronc. Pour les arbres et arbustes, la taille devrait se limiter à supprimer les branches mortes, trop vieilles ou mal placées. En ce qui concerne la taille des haies monospécifiques (composées d'une seule espèce), optez pour un profil "naturel" : arrondi pour les feuillus, conique pour les conifères. Il y a ainsi moins de dessus à tailler et la vigueur se répartit plus régulièrement de la base au sommet de la haie.

 

Haies

Si vous voulez planter un écran, oubliez un peu les leylands, cyprès bleus et lauriers amande qui ont montré leurs inconvénients : corvée de taille, épidémie de champignons et acariens parasites, et créez plutôt une haie sauvage mélangée (petits arbres, arbustes à fleurs et à fruits) qui ne demande que peu d'entretien, sert de refuge à bon nombre d'auxiliaires et offre un aspect changeant au fil des saisons.


Arrosage

L'eau est en passe de devenir un des problèmes majeurs de l'humanité. En plantant des espèces tolérant la sécheresse, en pratiquant le paillage, en acceptant de voir les pelouses jaunir en été, en réservant les arrosages aux plantes qui en ont vraiment besoin on peut, à notre échelle, lutter contre le gaspillage de l'eau.

Le développement durable du jardin c'est moins de dépenses, plus d'harmonie et, surtout, la satisfaction d'avoir contribué à laisser derrière nous un bout de planète équilibré, fertile et riche de potentialités multiples.

Frédéric Bintein

Quelques livres pour passer à la pratique :


 

- Le jardin potager biologique. Claude Aubert. La Maison rustique

- Ravageurs et maladies au jardin ; les solutions biologiques. O. Schmid et S. Henggeler. Terre vivante. (Les quatre saisons du jardinage)

- La Gazette des jardins. (bimestriel). En kiosque ou par abonnement. 23, av. du Parc Robiony. 06200 Nice

 

Publié dans le Giron n° 4 (avril 2003)

 

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Vendredi 1 août 2008
 

Situation géographique

Ces carrières étaient situées à quelques centaines de mètres du village, sur le chemin vicinal d'intérêt commun n° 26, à 2 Km de la gare, à 3 Km de l'usine, et à 8 Km de Montélimar. Elles se trouvaient sur le bord de la route qui les desservait et les reliait, en pente douce, à la station de chemin de fer. Leur superficie s'étendait sur plusieurs Km, mais les parties exploitées n'occupaient que les points les plus faciles.

 

Exploitation

L'exploitation des carrières de Puygiron se faisait à ciel ouvert sur toute la hauteur des bancs. L'extraction des blocs était obtenue à l'aide de tranches faites à l'aiguille ou à la pioche, avec des coins en acier qui découpaient d'un seul coup, très franchement les bancs quelle que soit leur épaisseur. Cette épaisseur variait de 20 cm jusqu'à 3 m et les bancs étaient légèrement en pente au Nord-Est avec une inclinaison d'environ 5 degrés, ce qui en rendait l'extraction relativement facile. La pierre de taille et de sciage se trouvait au-dessous d’un découvert de 3,50 m environ, et servait :

- de pierres à bâtir et de moellons, d'enrochements …

- à la fabrication d'une chaux absolument identique, dans toutes ses propriétés et qualités, à celles si estimées, du Teil et de l’Homme-d'Armes,


Propriétés et qualités

La pierre de Puygiron est un calcaire de deux couleurs bien tranchées. Les bancs supérieurs sont de belle couleur blanche, plutôt ivoire, et ceux au-dessous, d'un gris bleu intense, D'une bonne dureté moyenne, à grain très serré et très fin, elle se taille sans arrachement aucun, et l'on obtient avec facilité les arêtes les plus vives dans toutes sortes de travaux délicats. Cette pierre est également susceptible de prendre un très beau poli.


Emploi

La pierre de Puygiron trouve son emploi dans toutes sortes de constructions et de travaux d'art. Le Génie, les Ponts et Chaussées, les Chemins de fer ont avantageusement utilisé et utilisent toujours ses qualités nombreuses. Pour les édifices publics on l'employait toutes les fois que les ressources le permettaient, et on ne compte plus les villas, maisons de rapport, hôtels particuliers ou châteaux dans lesquels elle a pris place sous toutes les formes.

On en faisait :

- des soubassements, des portes, des fenêtres, des balcons, des corniches et même des façades entières.


- des perrons, des escaliers, des revêtements de toutes sortes, des dallages, des éviers, des foyers, des cheminées,

- des balustrades, des colonnes, des chapiteaux, des monuments divers, des motifs de sculpture, des vasques, des bassins, des vases, des fontaines.

- des tables de billards renommées, des doublures pour marbres riches ou de brèches, des dalles pour tanneurs et corroieries, des carrelages blancs et bleus dont les joints ne s'agrandissent pas à l'usure et du meilleur effet ; enfin on l'employait dans une quantité de travaux d'églises ou de marbrerie.

Quelques-uns des principaux travaux exécutés par la maison :

Travaux de l'usine

Les travaux de taille ordinaire s'exécutaient généralement aux carrières, mais tout ouvrage d'art soigné se faisait mécaniquement à l'usine.

Le sciage de la pierre s'obtenait au sable, au grès et à l'eau soit par des châssis alternatifs, portant les quantités de lames nécessaires suivant l'épaisseur des blocs ou les besoins, soit par fils hélicoïdaux ou tranches circulaires.

 La tournerie travaillait toutes sortes de pierres tendres et mi-dures, généralement employées pour les travaux à bon marché, mais la pierre de Puygiron, les marbres et les granits se tournaient également à l'usine. De puissantes machines, agissaient dans tous les sens, mouluraient toutes sortes de calcaires et de marbres pour les travaux les plus variés. Ces machines permettaient non seulement d'obtenir toutes sortes de courbes mais aussi des angles vifs externes et internes sans aucune écornure. Il n'y a guère que les limons, courbes et remparts ou les pièces très gauches qui ne pouvaient s'y exécuter entièrement. La nomenclature et les photos ci-jointes montrent des réalisations nationales et internationales avec un réseau commercial bien établi…

 

Propriétés et caractéristiques de la pierre de Puygiron : Des essais officiels ont été réalisés en 1901 par le laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées de Paris pour tester et mesurer les caractéristiques mécaniques et chimiques de la pierre de Puygiron. Les chiffres ci-dessous permettent d’apprécier la qualité des différents bancs « pierre bleue ou blanche » et de quantifier les principaux constituants…

 

Analyse


Silice                                       23,10 %

Alumine                                     1,15 %

Peroxyde de fer traces

Chaux                                     60,20 %

Magnésie                                  1,35 %

Perte au feu                             14      %

Éléments non dosés                   0,20 %

 

Cette pierre résiste parfaitement au mauvais temps et à la gelée ; classée parmi les pierres dures, « elle ne prend pas de mousse à la suite du temps », ne noircit pas, mais se couvre seulement d’une légère patine opale qui augmente encore la dureté de la surface exposée à l’air. Des travaux très anciens attestent ces avantages…

Cette pierre peut rivaliser avec les meilleures pierres de la Côte d’Or, de l’Yonne et de l’Échaillon… Après un passé aussi prestigieux, la pierre de Puygiron est-elle condamnée à être utilisée en simple ballast ou enrochement, et les carrières en décharges ?

                                                                                   H. B.

(d’après brochure E. Tardieu vers 1902)



Publié dans le Giron n° 4 (avril 2003)


Par Le Giron - Publié dans : Histoire locale
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Vendredi 1 août 2008
                                                                                                                                                                     Photo C. P.


Notre village et le monde


 Il y a cent ans l'homme ordinaire ne se sentait pas concerné par la planète, les planètes c'étaient ces mondes inconnus que l'on apercevait parfois de la terre, mais la nôtre de planète restait un univers mental dont on ne se souciait pas en tant que tel. Ce qui importait c'était son pays, sa ville, son village. Le développement des moyens de communications, d'informations, les échanges internationaux commerciaux ou culturels, la pratique politique font que chaque individu est concerné par ce qui se passe sur la planète Terre. Et s'il y a eu une mobilisation de millions de personnes en Europe, en Amérique latine, en Asie pour manifester contre une guerre déclarée à l'Irak c'est bien parce que s'est développée une conscience d'une appartenance à un monde commun dont il faut défendre les valeurs. Sursaut dont on ne peut que se réjouir quand encore tant d'injustices se vivent sous nos yeux. Ne serait-ce que l'existence des sans-abri plus intolérables encore dans les pays riches.

Vient de sortir un petit livre exemplaire publié aux éditions du Félin, La violence du Monde, conférences de Jean Baudrillard, sociologue et philosophe, un de nos plus brillants intellectuels et d'Edgar Morin philosophe et sociologue également, certainement l'un des penseurs humanistes ayant la vision la plus large sur l'homme et son destin. Tous deux s'essayent à "penser la planète". Il s'agit pour eux d'essayer d'acquérir la notion de "citoyenneté commune" qui aidera à faire réagir à tous les problèmes concernant l'homme et la vie de la planète. Car en face du calcul, du profit, de la technique, de la dégradation (y compris celle de la biosphère) il faudrait changer, disent-ils, notre mode de penser. La lecture de ces deux textes alertent et réconfortent car si deux éminents penseurs qui ont également une approche scientifique des problèmes, cherchent des solutions à tout ce qui menace la paix et l'harmonie de l'homme et de sa terre c'est qu'il y a véritablement urgence. Le réconfort vient du sentiment de solidarité que l'on imagine partager avec eux et tous ceux qui dans leur cabinet de travail, dans leur association, dans leur foyer réfléchissent et agissent pour un monde plus juste et une planète respirable. Il n'y a pas d'initiative anodine en matière d'environnement, de développement. Dans un village tout ce qui peut décider du bien-être ou du mal-être est à examiner avec le même soin que les grandes questions impliquant pays et continents car tout est lié. L'esthétique, la salubrité, le dialogue, la paix commencent à notre porte.

                                                                                                                                   N. P.

                Publié dans Le Giron n° 4 (avril 2003)

Par Le Giron - Publié dans : Editoriaux
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Mardi 29 juillet 2008

  A marche forcée de Slavomir Rawicz, aux Éditions Phébus. A pied du Cercle polaire à l'Himalaya. Hiver 1941. Officier capturé par les Soviétiques, l'auteur échappe au sort réservé à tous les officiers polonais, une balle dans la nuque, et se retrouve dans un goulag sibérien près du Cercle polaire avec quatre mille prisonniers. Avec six compagnons, il réussit à s'évader et à atteindre en deux ans, sans aucune connaissance géographique, l'Inde, au prix de souffrances indescriptibles dans le froid extrême d'abord puis dans le désert de Gobi que certains réussirent à traverser sans eau. Ce récit est un classique de l'aventure réédité grâce à l'initiative du regretté Nicolas Bouvier et traduit en dix-huit langues.

                                                                           C. P.     

 Et pour les enfants…

  Un bon livre d’enfant est un livre qu’un adulte peut lire avec plaisir.

Et c’est mon cas pour Le chat de Tigali de Didier Daeninckx (dans la collection souris noire). C’est l’histoire d’un chat qui traverse la Méditerranée avec ses maîtres pour s’installer en France et qui subit le racisme. Lire c’est toujours aller vers l’inconnu, de nombreux livres pour enfants traitent de la différence. Je vous en suggère quelques uns qui, comme le chat de Tigali, permettra à nos têtes blondes, brunes, rousses et châtain de réfléchir à ce problème : tous pareils, tous différents.

Pour les tout petits :

- Petit bleu et petit jaune de Léo Lioni (École des loisirs)

- Un classique, Le vilain petit canard d’Andersen (Père Castor, Flammarion).

- Le fameux éléphant Elmer de David Mackee (Kaleïdoscope)

- Une belle histoire d’enfant, Noir comme du café, blanc comme la lune de Pili Mandelbaum (École des loisirs)

Et pour les plus grands :

- Le racisme expliqué à ma fille » de Tahar Ben Jelloun (Seuil)

                                                                                        D. J.
 Publié dans le Giron n° 3 (septembre 2002)              

Par Le Giron - Publié dans : Lectures
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Mardi 29 juillet 2008

                                                                                                                                                 Photo X

Est-ce une vocation du bonheur qui donne sa sérénité à Francis Gay qui comme tout un chacun n’a pas eu une vie exempte de soucis ? Qu’est-ce qui fait de lui une figure de Puygiron, quelqu’un que l’on se plait à croiser sur les chemins ou dans le village, visage hâlé, toujours souriant et affable ? Une force, un amour de la vie et des autres gouverne sa personnalité et rayonne autour de lui. Cela vaut la peine de s’y arrêter car on a besoin dans la vie sociale d’êtres clairs et bienveillants, ayant conscience des privilèges accordés à l’homme quand il vieillit dans un bel environnement, entouré des siens, gardant sa vigueur intellectuelle et physique. C’est une sorte d’honnête homme comme la campagne a pu en produire et dont des auteurs comme Pagnol ou Daudet ont su montrer la qualité et l’originalité.

Né à Puygiron en 1931 il se souvient du village avec peu d’habitants, de la pureté du paysage et de la dure vie des cultivateurs attachés au soin des animaux qui ne leur laissait jamais de répit. Dernier d’une famille de six enfants il garde de beaux souvenirs de l’enfance, une enfance heureuse même si la vie manquait de confort et si son père cantonnier travaillait durement. Les chemins à entretenir, le jardin, les volailles pour nourrir la famille. C’est même à cause de la dureté de ce travail autour de lui que très tôt il s’intéresse au progrès, y voyant un allégement possible des charges qui pèsent sur les paysans. A la fois très terrien dans ses goûts, sensible à l’environnement il voit arriver les premiers tracteurs avec enthousiasme. Il y croit, il veut en connaître les mécanismes, tout savoir de ces engins superbes, qui entrent dans son champ de vision quand Léon Viel, notable du pays, achète son premier Fordson. « Je ne pensais plus qu’à ça, j’avais quinze ans et je sentais naître quelque chose qui ressemblait à une vocation »

Francis sourit en évoquant ses souvenirs : « Le temps passe trop vite, j’ai encore tant de choses à faire... »

                                                                                                                                                      Photo C. P.

Nous sommes installés autour de la table avec Yvette, sa femme, entre les murs de la belle demeure de pierre qui cache des trésors d’architecture, voûtes, cheminée à anse de panier, pierres sculptées. Une maison forte, la Grange, sur la route de Rochefort dont ils apprécient tous les deux l’espace et les volumes. Il raconte comment en 1955 sa passion des tracteurs et de la mécanique le pousse à ouvrir un garage à Montboucher. C’est la fin des attelages de bœufs si bucoliques et les tracteurs affluent dans les campagnes. Les années passant les tracteurs se succèdent et souvent disparaissent, cela désole cet amoureux des moteurs et des carrosseries. Il va les racheter ou les récupérer pour leur redonner une jeunesse et les conserver. « C’est ainsi que je suis devenu une sorte de collectionneur. Pour que le passé ne s’oublie pas et que ces pièces qui sont comme des œuvres d’art témoins d’une époque puissent être vues par d’autres hommes après moi » Peut-on dire que l’agriculture l’intéresse ? disons oui, par le biais des tracteurs. Francis Gay cultive ce qui lui reste de terre avec beaucoup d’amour. Maintenant que son fils Claude a repris le garage où les voitures sont plus nombreuses que les tracteurs il lui plait de vivre dehors, au rythme des saisons, de creuser de petits lacs en réunissant des sources pour y élever des carpes, pour le plaisir de les voir grossir, sauter à l’approche de la main familière et faire ainsi le bonheur de ses petits enfants. Il n’est pas chasseur et s’émerveille devant une mère perdrix mettant à l’abri ses perdreaux dans les maïs. « Je ralentis quand je suis en train de moissonner pour ne pas les écraser. J’aime autant manger une pintade que tuer une perdrix ! »

Son éducation s’est affinée à travers les conversations avec les adultes de Puygiron qui s’intéressaient alors aux adolescents, Joseph Viel et le Comte Fernand de Pontcharra. Il souvient aussi d’autres moments, avant que la télévision n’envahisse les foyers, des veillées d’été sur le banc du village. Il évoque Paul et Lévy Rey, le père Cantin. « On avait alors besoin les uns des autres, on s’entraidait »


                                                                                                                                                      Photo X

                                                                                                                               Photo X

Nous sommes allés voir les tracteurs pour lesquels il a construit des abris : "Ils sont vivants". Et il égrène leurs marques, Fiat, Vandœuvre, Mac Cormick, Soméca… comme il le ferait pour des chevaux de course. Une vingtaine d'engins à entretenir, soigner. On visite le site comme un musée de plein air. Un homme tranquille qui ne connaît pas l'envie et mesure chaque jour la chance d'avoir des enfants et des petits-enfants. Son petit-fils Thomas est déjà un amoureux des tracteurs, ses petites-filles sont belles, tout le monde aime venir à la Grange, il espère que tout cela va continuer longtemps, nous aussi !

N. P.

Publié dans Le Giron n° 3 (septembre 2002)


Par Le Giron - Publié dans : Habitants du village
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Lundi 28 juillet 2008

                                                      

                             Le village sans voitures. Une qualité de vie certaine.


         Le week-end « d’un atelier à l’autre » des 21 et 22 septembre nous a permis de nous rappeler combien le village est agréable sans autos. Au fil du temps, en effet, Puygiron est envahi de voitures qui, il faut bien le dire, sont peu respectueuses - ou plutôt leurs conducteurs - des règles élémentaires du code de la route et des habitants du village. Qui n’a jamais été surpris par un véhicule déboulant d’un virage ou gêné par une camionnette mal garée ? Sans parler des scooters au pot d’échappement trafiqué en toute impunité.

Quel dommage que bien des touristes préfèrent faire le tour du village assis derrière leur volant plutôt qu’à pied ! Combien de buveurs de bières assoiffés préfèrent se poser devant la Cigale ou derrière l’église plutôt que de se garer sur le parking du bas et de permettre ainsi à Eliane d’organiser un environnement plus agréable de sa terrasse. Ne pourrait-on faire de ce moment privilégié, sans automobile, un événement plus régulier, voire une habitude. Pourquoi ne pas imaginer empêcher la circulation et le stationnement dans le village les week-ends, jours fériés et peut-être tout l’été. Cela constituerait un atout pour le village, ses riverains et ses visiteurs. Effectivement Puygiron n’est-il pas beaucoup plus beau sans voiture et à parcourir à pied. Quelques coins agréables du village sont devenus de véritables parkings à temps plein (place du Château, autour de l’église, etc…).

Pour ce faire, plusieurs solutions sont envisageables :

La plus simple mais sûrement la moins efficace serait d’apposer un panneau sens interdit sauf riverains au bas du village, au niveau du grand pré pour permettre le stationnement, et de le faire respecter.

La solution la plus contraignante serait la mise en place d’une borne escamotable, peut être à télécommande, juste avant le parking du haut qui serait alors réservé aux seuls riverains. Elle serait opérationnelle du samedi matin au dimanche soir, ainsi que pendant les périodes à déterminer (jours fériés, été, etc…).

Il serait intéressant d’interroger les Puygironnais à ce sujet…

K. B. et P. R.

Texte publié dans le Giron n° 3 (septembre 2002)


                          Ce scénario se produit quatre fois par jour... les jours de classe seulement...

        Pourtant une minorité de parents se garent au parking. Exemple à suivre...


Par Le Giron - Publié dans : Vie locale
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Lundi 28 juillet 2008


La culture du mûrier fut introduite en France sous Henri IV qui chargea Olivier de Serres de planter 20.000 mûriers au Jardin des Tuileries. Il publia en 1599 un traité sur l'élevage du ver à soie.

Dès la Restauration en 1815 l'industrie de la soie se développe avec la production de cocons dans la vallée du Rhône. La Drôme répond à cette demande et devient le second producteur de cocons après la région lyonnaise. Les ateliers sont essentiellement des ateliers de moulinage, opération qui consiste à tordre et à filer mécaniquement le fil de soie grège. Les industriels de Lyon décident de la qualité et des prix. Rapidement ces deviennent de véritables usines. L'usine Lacroix en est un exemple. Débarrassée de la tutelle de Lyon, elle devient la Société H. Lacroix & Cie. À partir de 1859, désireux d'avoir à disposition une main d'œuvre stable, Henri Lacroix projette une extension de son usine et construit un internat-couvent comprenant des cuisines, un four à pain, une chapelle, des dortoirs pour les ouvrières. Celles-ci sont confiées à des religieuses successivement de plusieurs congrégations, dont Ste-Marthe de Romans.

L'installation de la machine à vapeur fait de cette usine la première ainsi équipée dans le département. Les bâtiments appelés St-Joseph abritent les roues à aubes alimentées par les eaux du Vermenon. Plus tard l'éclairage au gaz et le télégraphe équiperont les bureaux.

L'usine Lacroix traversera plusieurs crises, mévente, maladie du ver à soie, la pébrine, entraînant une perte de 30 % de la production. Henri Lacroix mettra un point d'honneur à ne pas licencier. Il embauche et l'effectif atteint l'effectif atteint le chiffre de trois cents trente ouvrières. De 1876 à 1879 il adjoint de nouvelles constructions, chapelle, appartements de la Direction, aumônerie. L'usine comptait douze religieuses chargées de veiller sur les ouvrières internes. Il était impossible d'échapper à cette vie communautaire réglée jour après jour entre travail et prière. L'usine recevait des jeunes filles entre treize et quinze ans. Elles recevaient un enseignement scolaire. Obéissance, ardeur au travail et une conduite irréprochable sont exigés. Un système d'étrennes récompensait les plus méritantes. Pendant les période crise on n'hésitait pas à réduire le temps de la prière et à durcir la discipline.

Sous le Second Empire les effectifs de l'internat diminuent avec le départ de certaines religieuses. L'usine acquiert des terrains agricoles et construit une minoterie pour son approvisionnement. Des familles entières s'installent à l'internat. Puygiron fournissant plus de trois pour cent de la main d'œuvre. Les ouvrières restent à l'usine quatre ou cinq ans. Elles se marient avec une dot dans leur milieu d'origine. Leur statut social les font rechercher. Se met en place un système paternaliste fermé au monde. C'est l'usine chrétienne. La Société est dissoute en 1892 et devient la Société anonyme des Usines St-Joseph car l'usine Lacroix n'avaient pas échappé aux critiques des syndicalistes pour qui ces usines-couvent étaient de véritables bagnes, on les surnommaient "les cayennes". Elle résiste notamment à la crise qui régnaient dans le textile entre 1890 et 1910 et a échappé au naufrage des moulinages. Pierre Lançon prit en main l'exploitation.

Pendant la guerre de 14/18 l'usine Lacroix comme nombre de bâtiments industriels fut réquisitionnée pour servir d'hôpital aux blessés rapatriés du front et les religieuses deviendront infirmières. La photo représente l'entrée de l'usine avec un groupe de chasseurs alpins.

Il y avait 1970 un effectif de quatre-vingt-quinze personnes. La minoterie a fermé en 1971 et comptait huit ouvriers. Le dépôt de bilan et la fermeture des derniers ateliers eurent lieu en décembre 1985. Les bâtiments actuels sont vides, le matériel a été dispersé, acheté par des professionnels du textile. Une partie importante a permis l’installation du Musée de la soie d’abord à Montboucher, ensuite à Taulignan dans des locaux mieux adaptés. (1)

Espérons que ce témoin remarquable du patrimoine industriel drômois puisse bénéficier d'une sauvegarde respectant l'architecture qui a déjà subi d'importantes dégradations.

                                                                                                                                              Photo C. P.

              (1) L'atelier-musée de la soie, place du 11 novembre, 26770 Taulignan (Drôme). Tél : 04.75.53.12.96. Site internet : http://www.atelier-museedelasoie-taulignan.com/

M. P.

Publié dans Le Giron n° 3 (septembre 2002)



Atelier-musée de la soie - Taulignan (photos C. P.)

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Lundi 28 juillet 2008



Feuille(s) d'automne


       Réjouissons-nous à Puygiron en ces beaux jours d'automne. Le village a échappé aux catastrophes qui ont bouleversé la vie des gens du Sud de la Drôme et des départements proches. Ici, les fortes pluies n'ont pas engendré de catastrophes, elles ont fait reverdir la campagne et les rosiers fleurissent.
    On a vu les aquarellistes américaines qui, chaque année, viennent de Dieulefit dresser leur chevalet et peindre à petites touches les vieux murs et les plantes, la terrasse de la Cigale se remplir dès que le temps est devenu serein et les artisans des villages voisins exposer leurs travaux. Tout le monde a apprécié la grande qualité des expositions et le contact avec les artistes. L'absence de voitures, l'espace rendu aux piétons, la belle lumière, étaient pour beaucoup dans la réussite de ces journées. Le village en était transformé.
     Une artiste du village avait eu déjà la bonne idée d'ouvrir au printemps son atelier au public avec beaucoup de succès, à l'enseigne de L'atelier du peintre. La cour du château garde les échos du quatuor néerlandais qui a enchanté le public venu écouter de la musique baroque. La cour de l'école, elle, résonne des voix gaies d'enfants qui ont fait leur rentrée. L'association des parents d'élèves a beaucoup de projets séduisants pour l'éducation et les loisirs, l'organisation du travail des enfants. On a envie de croire au paradis. Et pourtant comme partout il s'est passé des événements tristes, même s'ils sont inéluctables, en particulier le départ de Joseph Locatelli, l'un des patriarches du village, celui du curé Marcel Montredon qui a baptisé, marié et accompagné à leur dernière demeure de nombreux Puygironnais. On garde aussi le souvenir récent des élections avec le score du Front national comme d'un événement inquiétant mais cela n'est pas inéluctable. Et puis parmi les nouvelles du monde, la violence des guerres ou des troubles, le désengagement des USA à Johannesburg au Sommet mondial sur le développement durable, l'anniversaire du 11 septembre dont les images sont gravées dans les esprits. Heureusement que sur France-info, deux fois par semaine, on retrouve Michel Lis1


                                                                           N. P.

(1)  Michel Lis anime sur France-info les samedis et dimanches matin la chronique "Auprès de mon arbre". La culture des plantes d'agrément, la mise en forme des jardins. Tous les tuyaux pour transformer l'univers bétonné en campagne odorante.

Il est l'auteur avec J.-P. Gadiollet du guide France-info "Arbres, arbustes et arbres fruitiers" édité par Balland/Jacob-Duvernet.


Publié dans le Giron n° 3 (septembre 2002)


                                                                                                                                    Photo C. P.

Par Le Giron - Publié dans : Editoriaux
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LE GIRON

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001. Elle a pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.

Mail : legiron@voila.fr

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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