Mercredi 29 octobre 2008


       La porte désigne symboliquement la maison, le chez-soi, la valeur du lieu affecté à la personne. Au Japon, pour désigner une maisonnée heureuse, on dit : « le bonheur arrive devant une porte qui rit ».

       Allons pour notre part à la rencontre des nouveaux arrivants de Puygiron. Le lotissement tout récent de la Tuilière accueille ses jeunes propriétaires : Stéphane et Virginie Bonin et leur petite Laurine, de trois ans, ont emménagé dans leur maison neuve le 11 décembre 2006. « Il faisait beau » me dit Virginie, « on a même pu boire sur la terrasse ! » Stéphane travaille à la centrale de Cruas et Virginie est comptable à Montélimar. Un bébé prénommé Mathis vient juste de rejoindre la famille. « On voulait habiter à la campagne, et l'Est de Montélimar nous intéressait. » Ce fut un coup de coeur pour le village de Puygiron, qui les a fait s'installer ici.

       Et puis, c'est Lise Paturel qui m'accueille dans sa nouvelle maison. Elle y habite avec Frédéric Payan depuis le 9 septembre 2006. Lise est infirmière, depuis peu installée en libéral à Montboucher et Puygiron, Frédéric est, lui, directeur des travaux pour l'entreprise Sillac à Montélimar. Une vue sur le château de notre village, une cuisine toute blanche, deux chiens et deux chats, c'est désormais leur quotidien à Puygiron.

 

                                                                                     D. J.

           Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron - Publié dans : Habitants du village
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Mercredi 29 octobre 2008
                                                                                                                                            Photo C. P.

       - On nous annonce pour la fête votive de Puygiron le 28 juillet prochain, l'arrivée du petit train du Picodon. La locomotive sera exposée grâce à l'association du même nom, Le petit train du Picodon*.  Cette animation est subventionnée par le Conseil général de la Drôme, et pourra être vue dans beaucoup de villages de notre région.

*http://clement.genin.free.fr/accueil.html

       - Les associations « Puygiron Nature et Environnement » et « Le Giron» se sont mobilisées, pour la quatrième fois, lors de la journée mondiale de l'environnement en organisant la marche familiale de collecte des déchets jetés sur nos chemins et dans nos fossés, le samedi 9 juin. Le constat est plutôt satisfaisant : « seulement » une quinzaine de sacs de 50 litres remplis, avec quelques surprises de taille, carcasses de voiture et grosses ferrailles. Cette année a été particulièrement marquée par la présence de Monsieur le Maire et de son épouse. Merci aux bénévoles présents malgré la forte chaleur !

       - Dans le prolongement de la marche de l'environnement et dans le même esprit, dans la convivialité et le contact avec la nature, nous vous proposons de participer au cours de l'année, à des balades et des randonnées un peu plus sportives. Si vous êtes intéressé par ce projet « marche », merci de prendre contact avec Patrick Jean (Tél. : 04.75.53.94.07)

       - Le dossier sur le devenir du village de Puygiron suit son cours et l'association P.N.E., par ses actions, vous apportera de plus amples nouvelles dans les semaines à venir...

                                                                                           G. T.

       Publié dans Le giron n° 12 (juillet 2007)

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Mercredi 29 octobre 2008


        Cette soirée du 1er juin restera gravée dans nos mémoires. Merci à Damien Arnoux d'avoir organisé cette conférence sur le réchauffement climatique à Puygiron, en invitant Delphine Six, glaciologue au CNRS de Grenoble. Cette jeune scientifique abordable, dynamique et passionnée, étudie grâce à des forages dans la glace de la banquise, les variations climatiques de notre Terre depuis 700.000 ans, afin de mieux cerner l'avenir de notre planète. Elle a déjà entrepris trois voyages au coeur de l'Antarctique, immense continent du bout du monde centré sur le pôle Sud, constitué d'une calotte glaciaire épaisse de 3.400 m et d'une superficie grande comme 22 fois la France.

        Au travers de la présentation photographique de ces périples, nous avons pu juger du caractère extrême des conditions de vie et de déplacement sur ce dernier espace vierge où les températures oscillent entre - 80°C l'hiver et -50°C l'été. Ces températures excessivement basses permettent à la neige de ne jamais fondre et de constituer ainsi l'épaisse couche de glace de la calotte polaire, en emprisonnant des bulles d'air, témoins de la composition de l'atmosphère des millénaires passés. À partir de l'analyse de ces bulles d'air, les scientifiques arrivent à quantifier les taux de CO2 et de méthane (gaz à effet de serre), et retrouver les températures ancestrales. Étonnamment, tous les 100 000 ans, alternent périodes de glaciation et périodes de réchauffement engendrant alternativement des avancées de glaciers englobant des parties de continents ou des hausses du niveau des mers, et tout cela pour une simple différence de température moyenne de 4°C ! Aujourd'hui, nous sommes dans une période chaude et nous rentrerons vraisemblablement d'ici 10 000 ans dans une période de glaciation.

        Depuis le milieu du XXe siècle, les scientifiques constatent que les taux de concentration des gaz à effets de serre ont largement dépassé les pics des périodes les plus chaudes des 700 000 dernières années, et que la température sur Terre a augmenté de + 0,6°C en moyenne. Pour simplifier, les scientifiques internationaux s'accordent tous pour affirmer que l'activité humaine est largement responsable de ce dérèglement climatique. Ils s'attendent à une augmentation de la température de 1,4°C à 5,8°C d'ici 2100. Ce réchauffement serait certainement davantage marqué en hautes latitudes et sur les continents, entraînant des précipitations plus fréquentes mais malgré tout la fonte des glaciers. En effet, ceux qui n'ont pas leur source d'alimentation à plus de 3.500 m d'altitude n'existeraient plus (glaciers alpins). En 2050, la banquise disparaîtrait au pôle Nord et il n'y aurait certainement plus de courant froid permettant les circulations océanique et atmosphérique qui tempèrent nos côtes européennes. Les terres glacées du Canada et de Russie en fondant libèreraient en grande quantité du carbone dans l'atmosphère (permafrost) réalimentant ainsi le processus engagé. La fonte de la calotte polaire de l'Antarctique entraînerait une élévation du niveau de la mer de 70 m, et par conséquent des migrations humaines importantes.

        En conclusion, le monde scientifique s'accorde sur trois points : La Terre se réchauffe, elle va continuer à se réchauffer et l'homme en est le principal responsable. Cependant les différents modèles de simulation scientifique ne sont pas encore capables de prendre en compte tous les facteurs intervenant dans ce processus de modification du climat. On ne connaît, par exemple, pas encore le rôle que joueront les océans (phytoplancton) et la végétation (photosynthèse) dans l'absorption des gaz à effet de serre émis par notre civilisation. De l'avis de tous, il est pourtant urgent d'agir et ces rencontres avec des scientifiques de haut niveau, qui savent expliquer simplement des phénomènes complexes, clarifient notre compréhension et développe notre prise de conscience de l'impact de notre quotidien sur l'environnement.


                                                                         D. R.

           Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

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Mercredi 29 octobre 2008


       À l'époque, il n'y avait pas de sécurité sociale et, par conséquent, on attendait une situation vraiment critique pour faire déplacer le médecin. On se débrouillait seul en utilisant les soins appropriés à chaque mal. Il n'y avait que trois ou quatre médecins à Montélimar, et deux à Dieulefit : un protestant et un catholique soignant respectivement chaque communauté. Cependant, c'est bien le médecin protestant qui se déplaça pour soigner la jambe cassée du frère de Pierre, alors qu'il n'était pas de la même confession.

       Les grossesses se passaient sans contrôle prénatal. Quand l'heure de la naissance arrivait, on allait chercher la sage-femme et cela se passait, en général, à la maison. À Puygiron, c'est Joséphine Sauvan, épouse du chef de gare, qui assistait les futures mamans, aidée par une ou deux voisines. Sa formation venait sûrement d'une autre sage-femme... Les hommes n'étaient pas tolérés dans la chambre et on leur demandait d'aller chercher de l'eau chaude : ça les occupait ! On appelait le médecin dans un cas extrême et parfois, il était trop tard, comme pour Léona Piallat, décédée tragiquement d'une hémorragie lors de la naissance de son troisième enfant. Les nouvelles mamans restaient alitées une semaine à la suite de leurs couches pour éviter tout risque, et donnaient le sein à leur bébé, pudiquement, sous une serviette. On pouvait accoucher aussi à l'Hôtel-dieu de Montélimar, hôpital situé dans la grande Rue (actuel musée de la miniature), où les religieuses, pas toujours très douces, vous attendaient. Jeanne se souvient de l'accueil glacial qu'elle avait reçu pour la naissance de Colette. Mais, comment pouvez-vous accoucher dans votre état ?  lui avait-on dit, parce qu'elle avait malheureusement contracté la poliomyélite pendant sa grossesse.

       Finalement, Colette était bien née ! Monette se rappelle que son époux, Pierre, désireux d'être présent, avait été accepté dans la salle d'accouchement, même si à l'époque ça n'était pas courant...

       On vaccinait les enfants uniquement contre la variole, en laissant une belle empreinte sur le bras. Vers les années soixante, celle-ci s'est déplacée sur le pied des petites filles, par esthétisme. Les enfants attrapaient donc toutes les maladies dites de la petite enfance et souvent contagieuses: coqueluche, rougeole, oreillons... maladies infantiles que l'on ne voit plus. Avant l'apparition des vaccins correspondants, il arrivait aussi de contracter la tuberculose ou la poliomyélite.


       La tuberculose a fait des ravages dans les années 30, surtout dans les villes ouvrières. On allait se soigner dans des sanas, sanatoriums à la montagne. À Dieulefit, il y avait le Centre pulmonaire du docteur Préault où l'on soignait aussi les tuberculeux. Le docteur Préault était un médecin très apprécié et avant-gardiste dans son domaine. Jeanne se souvient tristement des enfants, au Centre, installés en déclive, sur une planche, attachés par les pieds, la tête inclinée vers le bas, les aidant à expectorer. Dans les écoles, les institutrices faisaient vendre par les enfants des carnets de timbres permettant de récolter quelques fonds pour lutter contre la tuberculose. Vers les années cinquante, l'amélioration des conditions de vie et l'apparition du vaccin BCG ont fait reculer cette maladie.

       Monette évoque que petite, elle n'avait jamais vu de docteur ! Pour les bronchites, on plaçait sur la peau des ventouses en verre, chauffées à l'aide d'une mèche alcoolisée. L'application des ventouses chaudes sur la peau, entraînant parfois des brûlures, faisait le vide entre la peau et la ventouse et tirait le mal. La peau devenait souvent violette sous les ventouses. Parfois, on sclérosait même la peau en faisant une petite croix à l'emplacement de la ventouse.

       On posait aussi des sinapismes sur la poitrine sous forme de cataplasmes de farine de lin et de graine de moutarde. Contre les maux de gorge, on appliquait sous un linge de la teinture d'iode sur la peau, tout autour du cou. Un bon vin chaud remettait d'un petit rhume (on croyait d'ailleurs beaucoup aux vertus du vin). Monette se souvient que sa maman lui appliquait un peu de vaseline sur le nez quand elle était enrhumée, la protégeant ainsi d'irritations ou de rougeurs. Contre la constipation, on utilisait des poires en caoutchouc pour lavements, ou l'on administrait des petites quilles de savon glycériné aux enfants. Pour les problèmes circulatoires, le sirop de jouvence de l'abbé Soury (inventé en 1745 et toujours commercialisé) et contre les coliques, l'élixir parégorique. Chez l'herboriste, on trouvait différentes tisanes : la bourrache contre la toux, le sureau pour les poumons, les queues de cerise diurétiques, la camomille pour le foie, le tilleul et la verveine pour la digestion...

       Contre les rhumatismes, on portait une ceinture ou un gilet de flanelle qui permettait de garder la chaleur de la transpiration sur le dos. En ce qui concerne les lunettes, on les achetait à la foire. Les plus fortunés allaient chez l'oculiste de Montélimar, M. Flandin, rue Roserie (rue Roger Poyol). Pour les soins dentaires, chacun se souvient du Docteur Truche à Montélimar, un vrai bourreau... Ceux qui ne pouvaient pas y aller avaient des chicots à la place des dents. Pour une luxation ou une foulure, on allait chez le rebouteux, le curé d'Aubignas ou le père Magnet, charpentier à Dieulefit, qui soignait aussi les bêtes contre ces mêmes maux... Si on questionnait les gens, personne n'allait voir les guérisseurs... Pourtant, c'est Yvonne Boisson qui éteignait les brûlures et M. Roustand (ferme Francis Gay) qui enlevait les verrues avec une ficelle et des incantations. M. Béroule de Rochefort détenait différentes recettes, contre le ronflement par exemple, et même contre la coqueluche : dans un panier à salade, il fallait saupoudrer du sucre sur des escargots fraîchement ramassés, et recueillir la bave pour la faire boire (!!!). Mais Jeanne n'a jamais voulu essayer !!!

       Merci encore à vous « les anciens » de Puygiron, qui me surprenez à chacun de nos rendez-vous par votre joie de vivre et votre jeunesse. Merci aussi pour votre gentillesse et générosité. Je compte sur vous pour le numéro 13 !

                                                                                        D. R.

       Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron - Publié dans : Puygiron autrefois
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Mercredi 29 octobre 2008


       Comment se définir aujourd'hui quand on est l'héritier de plusieurs générations d'agriculteurs comme Bruno Viel qui cultive ses propres terres et celles de certains de ses voisins qu'il loue, soit cent cinquante hectares.

       - J'ai choisi de marcher sur la trace de mes parents car j'appréciais le fait d'être mon propre maître, de pouvoir m'organiser à ma manière. Même si on devait supporter beaucoup de contraintes.

 

       Ressent-il une appartenance à ce pays, à ce village ?

       - Oui, une connivence avec le milieu agricole, un mode de vie que je connais, des amis avec lesquels on partage soucis, travail, loisirs... Mais il faut dire que nous vivons en autarcie, on ne connaît pas les « nouveaux » Puygironnais, tous ceux qui arrivent. D'autant plus qu'il n'y a plus vraiment de vie villageoise comme autrefois.

 

       Tout a donc beaucoup changé !

       - Oui, tout a changé. Autrefois une famille pouvait vivre avec trente hectares. On faisait du blé, de la lavande. Une culture diversifiée. On n'arrosait pas. On payait les employés en nature ! La vie a changé à cent pour cent. On fait de la semence, ce qui nécessite l'arrosage. On doit mécaniser, c'est une course à l'agrandissement et au rendement. On n'y échappe pas et on n'est jamais libre. D'ailleurs, un exemple, on ne monte plus au village, comme on le faisait pour faire une pétanque.

       Et l'écologie dans tout ça ?

       - Tout le monde est un peu écolo. Mais on ne peut faire des céréales biologiques, cela revient trop cher. Ce n'est pas rentable. On fait attention aux traitements, on les limite à l'indispensable. On sait ce qu'il ne faut pas utiliser et on est respectueux de la règle. La preuve, notre eau de source, ici, ne contient pas de nitrates. Si elle est polluée c'est par les fosses septiques. Par contre l'eau du Rhône est polluée !

       Il y a bien des moments de détente ? À ce moment, c'est la femme de Bruno, Rita, qui intervient :

       - Heureusement qu'il y a les ballades dans les bois, les champignons et les voyages...

       Car Rita voyage, seule ou avec ses petits-enfants. Sa famille est originaire de Malte la lointaine et elle a le goût de la découverte d'autres pays, elle évoque le Kilimandjaro et la Tanzanie dont elle garde un si bon souvenir. Avec Rita, nous parlons de l'agrandissement du village, des nouvelles constructions, du changement.

       Elle pense qu'il faut préserver la qualité de la vie, les espaces naturels, ne pas tout baliser non plus pour les promeneurs, garder le caractère sauvage et insolite des lieux qui permettent justement un peu d'aventure et un ressourcement, ne pas goudronner à outrance. Mais il faut aussi tenir compte du fait, dit-elle, que les agriculteurs ont parfois besoin de vendre leurs terrains agricoles, soit pour installer leurs enfants, soit pour s'assurer une retraite plus confortable. Il faut donc trouver un compromis entre leur volonté de changement et la protection d'un site qui nous plaît justement parce que ce n'est pas encore la banlieue de Montélimar.

       Sur ce point, nous avons eu un avis pertinent de deux jeunes femmes qui vivent à Puygiron et travaillent à Montélimar, Karine Bintein et Diane de Pontcharra : Évoquant le développement du village, elles insistent sur la manière de traiter l'urbanisation.

       Recréer un hameau avec sa cohérence, à la manière des villages d'autrefois au lieu d'un alignement de maisons les unes à côté des autres et souvent séparées par des murs. Petite place, jardin, café... Des séparations ? Oui bien sûr, mais des haies par-dessus lesquelles on peut se parler plutôt que des murs de prison. À réfléchir...

       Bruno Viel parle aussi de la dégradation du beau plateau autrefois sauvage de Montjoyer et de Rochefort avec l'installation de vingt-trois éoliennes et les hordes de curieux qui viennent en badauds.

       On peut conclure que rien n'est anodin, qu'il faut être d'une vigilance extrême quand on entreprend à petite ou à grande échelle. Un paysage, un village, peut être défiguré par une accumulation de grandes ou petites interventions malvenues. Tout est important, le choix des matériaux, les formes, les couleurs. Imaginons Puygiron encerclé de lotissements anarchiques, avec des voitures sur tous les chemins. Qui aurait envie d'y vivre. Il faut avoir en tête la beauté, l'harmonie, la mémoire aussi du passé.

       Respecter les arbres plantés, il y a cinquante ans ou plus, les soigner, conserver les buissons, abris des oiseaux, les cours d'eau, et les sentiers qui en permettent l'accès, les landes et les collines vierges pour que le regard s'y repose.

                                                                                                                              N. P.

       Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

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Mardi 28 octobre 2008

       Les Services Départementaux de l'Architecture et du Patrimoine (S.D.A.P.) plus connus sous le nom des Bâtiments de France, installés au chef-lieu de chaque département sous l'autorité du préfet exercent les trois grandes missions suivantes : Le conseil et la promotion d'une architecture et d'un urbanisme de qualité, la délivrance d'avis sur les projets de modification dans les espaces protégés, bâtis ou naturels, et la maîtrise d'oeuvre des travaux d'entretien des édifices classés au titre des Monuments historiques.

       Les SDAP interviennent donc à plusieurs niveaux de notre cadre de vie, qu'il soit urbain ou rural, de la chapelle dont ils effectuent l'entretien à la maison de village dont les propriétaires souhaitent modifier la façade, en passant par le projet de construction neuve située à proximité d'un édifice protégé. Chaque structure départementale regroupe de cinq à vingt personnes qui conjuguent les compétences d'Architectes des Bâtiments de France (A.B.F.) d'urbanistes d'État, d'ingénieurs et techniciens des services culturels et du personnel administratif. Les SDAP participent à la mise en place de la protection des espaces sensibles, des abords des monuments historiques, en informant les élus de leur intérêt et en collaborant à la définition des prescriptions qui y seront appliquées. À l'intérieur d'un espace protégé, il est donc recommandé de consulter le SDAP avant le dépôt d'un permis de construire, qu'il s'agisse d'une construction neuve ou d'une modification de bâtiment existant. L'ABF peut ainsi orienter le projet pour l'harmoniser avec son environnement. Les SDAP donnent donc des avis sur tous les projets pour en vérifier la conformité aux dispositions d'intérêt général. Ces avis concernent également les déclarations de travaux, les permis de démolir, les permis de lotir, les certificats d'urbanisme, les déboisements, etc... Selon la protection de l'espace et la nature des travaux, il s'agit d'un avis simple (Le maire ou le préfet peuvent passer outre l'avis de l'ABF, mais engagent alors leur propre responsabilité), ou d'un avis conforme (Le maire ou le préfet ne peuvent s'opposer à l'avis de l'ABF qu'en engageant une procédure de recours auprès du préfet de région).

       Dans les sites classés, qui sont quasi inconstructibles, les déclarations de travaux relèvent du préfet, sur avis de l'ABF. Les permis, en revanche, relèvent de l'autorisation du ministre chargé de l'environnement, après examen par la commission départementale des sites.

       Dans les sites inscrits, l'ABF est consulté pour un avis simple, mais peut suggérer au ministre de recourir à des mesures d'urgence et de lancer des procédures de classement s'il estime qu'une intervention menace la cohérence du site. À Puygiron, la chapelle de Saint-Bonnet du XIe siècle est un monument historique inscrit à l'Inventaire supplémentaire (M.H.I.S.) par arrêté du 25 juin 1929 ainsi que le château du XIIIe et XIVe siècle (M.H.I.S.) par arrêté du 12 juin 1957

                                                                                    P. R.

       Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)



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Mardi 28 octobre 2008

       L'an prochain (2008), nous aurons le nouveau recensement sur notre commune, le premier du XXIe siècle. Nous devrions atteindre les 420 habitants.

       En 1698 la population était de 172 habitants. En 1790, 215 habitants.




 

       Ces deux graphiques nous donnent l'évolution de notre village au cours des deux siècles derniers. Nous pouvons noter un pic de 433 habitants en 1871 (période de la Commune à Paris), puis la population ne cesse de décroître, avec on peut le noter pendant la guerre de 14-18 une perte de 58 habitants et une stabilité pendant la deuxième guerre mondiale (1931,1946).

       Nous parvenons, enfin en 1962, au chiffre le plus bas, 185 habitants, c'est alors que nous pouvons constater la remontée d'année en année avec un grand bond en 1975, une hausse de 84 habitants. La population ne cesse alors d'augmenter.

       Les géographes expliquent ce fait par le repeuplement des campagnes françaises, par le développement de ce qu'on appelle des espaces périurbains. Ces espaces sont situés autour de la ville, pour nous Montélimar, ils sont encore parfois ruraux et connaissent d'importantes mutations démographiques, sociales, économiques et culturelles. Les habitants des espaces « urbanisés » sont appelés les rurbains, nouveaux ruraux, travaillant en ville. Cette nouvelle occupation de nos villages se traduit par des mouvements pendulaires, mouvement entre le lieu de travail et d'habitation.

       En France, on note qu'un travailleur sur deux ne réside pas dans la commune où il exerce son métier. Allons-nous réussir à atteindre le cap de 433 habitants de 1871 ?

       Selon les nouveaux critères de l'INSEE, Puygiron se situe aujourd'hui dans un « espace à dominante urbaine », espace composé d'un pôle urbain, Montélimar, de sa couronne périurbaine et de toutes les communes voisines dont au moins 40% de la population résidente active travaille dans un pôle urbain proche.

                                                                               M. et D. J.

           Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

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Lundi 27 octobre 2008

      

       La ruralité perd chaque jour de ce maillage sociétal qui lui donnait sa cohérence et son confort de vie. Il n'y a plus de curé, ni d'instituteur, les médecins désertent les campagnes et il n'y aura bientôt plus de facteurs. Les habitants y sont de plus en plus isolés dans leur maison avec la télévision comme seul lien extérieur. La solitude est pénible, mais elle engendre aussi des sentiments d'insécurité. La ruralité, qui, des siècles durant, a été le lieu de travail par excellence, devient une zone, où ce sont ceux qui ne travaillent pas, parce qu'ils sont retraités ou parce qu'ils sont exclus des circuits actifs, qui sont les plus nombreux. Quand s'inverse une composante aussi fondamentale de l'organisation sociale, on comprend que la dite société en soit bouleversée. De plus, quand on parle souvent de mixité sociale, ne devrait-on pas parler aussi de mixité générationnelle ?

La ruralité c'est :

- Protéger et valoriser le patrimoine naturel et culturel.

- Contribuer au développement économique des ressources locales (agriculture, artisanat...) pour un développement durable.

- Maintenir une activité agricole dynamique et innovante.

- S'unir pour maîtriser les pressions urbaines et veiller à la cohérence des aménagements du territoire, un développement à une échelle intercommunale.

- Améliorer la qualité de vie des habitants.

- Maintenir les services publics, l'animation sociale (sportive et culturelle) et revitaliser le commerce local.

- Défendre et promouvoir l'identité rurale, valorisation des ressources locales, avec l'implication et les initiatives de la population.

- Favoriser un tourisme raisonné et sensibiliser au respect de la nature, faire revivre les pays ruraux pour eux-mêmes et ne pas les considérer comme des aires de détente pour citadins.

       Par Jean-Louis Cuche, ancien conseiller municipal d'une commune rurale de la Manche.

       Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

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Dimanche 26 octobre 2008

       C'était les vacances de Pâques, le temps de la confession annuelle obligatoire, des oeufs en chocolat dans le jardin et surtout un avant-goût des futures aventures des Grandes Vacances, celles de l'été ; pour nous les citadins, Puygiron était le plus beau des terrains de jeu, nous avions nos murs d'escalades, nos mats de cocagnes, nos sentes secrètes par lesquelles nous semions les indésirables... Nous étions un clan, toujours aux aguets, arpentant notre royaume à l'affût comme des gardiens fidèles, prêts à défendre notre territoire de tout changement, de tout envahissement, nous en étions les maîtres invisibles.

       Cette année-là, l'esprit enflammé par la lecture de Jules Verne (les enfants du capitaine Grant, c'était nous) et à défaut de pagayer sur l'Amazone, nous décidâmes une reconnaissance des rives inconnues du Jabron grâce à une descente en canot pneumatique. C'est que, gonflée par les pluies printanières, notre petite rivière nous séduisait encore plus que lors de nos pataugeages estivaux. Il fallut d'abord attendre le moment propice afin d'extirper de la cave sans se faire remarquer notre engin de navigation qui ne sortait qu'une fois l'an lors du traditionnel séjour à Palavas-les-flots et dont la vue aurait sans aucun doute aiguisé la curiosité de nos parents, toujours inquiets quand il s'agissait de savoir à quoi nous occupions notre temps libre. Ceci accompli avec une discrétion digne du Club des Cinq, nous prîmes le petit chemin de la croix, direction le bois de Dave point de départ de notre expédition. C'est là qu'eut lieu l'embarquement et, il faut bien le dire, le chavirage de notre embarcation... À peine le troisième larron eut-il posé le pied dans le fond humide du bateau que celui-ci se retourna et nous jeta sans ménagement dans les eaux froides et glauques qui, Dieu merci, n'abritaient point de crocodile. Je portais pour ma part une robe en laine et d'épais collants de la même matière, ce qui n'était pas la tenue idéale en milieu aquatique, mais il était trop tard pour faire demi-tour et au moins le risque de couler n'était plus à craindre puisque cela venait de se produire. Nous mîmes au point une technique de dérivage, accrochés au bateau comme à une bouée et, à nous les rivages insoupçonnés !

       Ce ne fut pas rien d'éviter les racines plongeantes des palétuviers et les rochers affleurants. Des troncs de séquoias abattus par le dernier orage nous barraient la route et nous obligeaient à plonger parfois sans toutefois lâcher le canot, seul garant de notre survie dans cet univers mouvant. Heureusement, Tom Sawyer veillait sur nous.

       C'était magique de découvrir ces nouvelles plages, ces bosquets inhabituels à nos yeux, toute une nouvelle topographie à l'intérieur même de notre territoire familier, hélas notre moyen de transport ne comportait pas de possibilité de freinage et nous privait de toute exploration terrestre ! Le courant nous entraînait à toute allure et nous passâmes bientôt sous la passerelle qui reliait Puygiron au territoire ennemi de la Bâtie Rolland. Là, la rivière s'élargissait et se pacifiait, endormant notre vigilance...

       Soudain un bruit sourd survint, de plus en plus fort, à mesure que nous glissions au fil de l'eau, la vue devant nous se dégagea... Un précipice ? Des cataractes ? Mais oui, nos chutes du Niagara à nous, sous les impressionnants silos de la coopérative agricole ! Tout à nos découvertes, nous avions perdu le sens de l'orientation et inéluctablement nous allions tout droit à la catastrophe...

       Courageusement, mes deux compagnons regagnèrent la rive la plus proche à la nage tandis que moi résignée ou téméraire je restai et même m'installai dans le bateau en attendant... Le canot glissa doucement et suivit l'inclinaison de l'ancien barrage m'emportant vers les flots bouillonnants, d'où j'émergeai toujours assise et très digne sous les regards éberlués de mes deux comparses qui ce jour-là me crurent morte.

                                                                                                                                      D. P.

           Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron - Publié dans : Souvenirs d'enfance
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Dimanche 26 octobre 2008

     

       Le residencial GOA porte le nom d'une montagne toute proche (Monte Goa) que le vent et le temps ont fortement érodée, dont le nom fait évidemment référence à la ville indienne qui fut longtemps, comme le Cap-Vert, une colonie portugaise.

       Le pays est un archipel de dix très belles îles, dont l'une est encore totalement inhabitée (elle est visible depuis l'hôtel, ce qui renforce un peu plus la sensation apaisante d'être vraiment loin du monde). Les gens y sont accueillants, les promeneurs découvrant le Cap-Vert y apprécient la qualité de la vie et des rapports humains. L'île de São Vicente est principalement connue pour sa ville portuaire de Mindelo, une ville chargée d'histoire et qui est aujourd'hui encore présentée comme la capitale culturelle de l'archipel. La grande diva Cesaria Evora y vit et vient s'y reposer entre deux tournées internationales.

       Tombés amoureux de cette île si attachante, nous avons construit un petit hôtel à échelle humaine, pensé et conçu pour accueillir les voyageurs curieux, en quête de confort et de calme.

        Pour plus de renseignements : http://www.goa-mindelo.com

           

              Publié dans le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron - Publié dans : Voix des Puygironnais d'ailleurs
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LE GIRON

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001. Elle a pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.

Mail : legiron@voila.fr

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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