Développement/environnement

Samedi 24 octobre 2009

 


        Chaque année, en Europe, 100 000 enfants meurent de maladies causées par l’environnement (70% des cancers sont liés à l’environnement dont 30% liés à la pollution et 40% liés à l’alimentation). Chaque année, en France, on constate une augmentation de 1,1% des cancers chez les enfants.

Jean-Paul Jaud fixe l’objectif de sa caméra sur une tragédie environnementale : l’empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole et les dégâts occasionnés sur la santé publique, notamment celle de nos enfants. En France, l’incidence du cancer a augmenté de 93% en 25 ans chez l’homme. De nombreuses initiatives ont vu le jour pour nous informer des dangers que les pesticides font peser sur notre santé. Dénoncer l’influence de ces produits, faire passer le profit avant la santé de nos enfants, c’est le but de ce film documentaire qui passe dans nos salles.

        Ce film raconte le combat de Barjac, une commune du Gard qui décide de financer le passage au tout bio de la cantine scolaire. Nous pouvons voir dans ce film les ravages de la chimie agricole sur l’environnement et la santé des habitants : des liens indiscutables sont établis entre cancer et pesticides. Les différents intervenants du film, enfants, parents, enseignants, soignants, journalistes, paysans, élus, scientifiques et chercheurs livrent leurs sensations, leurs analyses, leurs angoisses, leur colère et le fruit de leurs travaux à la caméra. Chacun raconte son expérience, dénonce les abus, pose les problèmes, mais tous proposent des solutions. Les enfants sont les acteurs de cette nouvelle force qui se lève et se joignent à leurs parents pour nous proposer d’autres chemins. Dans cette région de France, fortement agricole, on voit se côtoyer les paysans traditionnels et les « bio », des moments poignants et parfois drôles font de ce film non pas une fable mais un avenir qui peut être meilleur pour nos enfants. Le film nous fait aussi entrer à l’UNESCO, lors d’un colloque réunissant des sommités de la médecine, signataires de l’Appel de Paris.

                                                                               D. J.

        L'Appel de Paris déclare :

        Article 1 : Le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l’environnement.

        Article 2 : La pollution chimique constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'Homme.

        Article 3 : Notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril, c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger.

 

              Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

Par Le Giron
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Dimanche 30 août 2009

Carte publiée avec l'aimable autorisation du site www.voiesvertes.com
link : http://www.voiesvertes.com

       Les projets de réalisation de voies vertes s’inscrivent dans la volonté des institutions françaises de constituer un réseau d’itinéraires cyclables de longue distance pour répondre à l’attente de la population française et des touristes en provenance des pays européens. La voie verte du Léman à la Mer, dont la réalisation doit débuter prochainement, représente, à notre échelle locale, une colonne vertébrale sur laquelle viendront se raccorder des pistes cyclables transversales d’intérêt régional (vallées de l’Isère, de la Drôme, du Roubion/Jabron…). D’une façon générale, ces itinéraires permettront la valorisation de sites ou patrimoines tels que les canaux ou les voies ferrées et circuleront en milieu rural comme en milieu urbain, emprunteront aussi bien les chemins de halage que les voies ferrées désaffectées, les routes forestières, les promenades littorales ou les parcs urbains.

        Mais les voies vertes ne comprennent pas qu'une dimension touristique. Les différents acteurs espèrent qu’elles seront aussi des outils de la vie quotidienne, notamment par la desserte des écoles ou des commerces. Le développement de ces voies vertes correspond donc à une alternative liée à l’intérêt croissant de chacun d’entre nous pour les moyens de circulation dite "douce". Associé à ces préoccupations environnementales, ce développement doit être porté par la remise en question progressive de la prédominance des modes de circulation motorisée. Les voies vertes ont d’ailleurs été valorisées par leur inscription dans le Code de la route en septembre 2004. Cette avancée permet dorénavant la verbalisation de conducteurs contrevenants aux règles d'utilisation des voies vertes. Ainsi, la circulation motorisée ou même le stationnement sur une voie verte pourront êtres sanctionnés. La notion de voie verte laisse donc entrevoir de nouveaux enjeux dans les questions d'aménagement du territoire en mettant l'accent sur la prise en compte de notre environnement et le respect des autres, faisant ainsi ressortir une nouvelle façon d'envisager les questions de circulation…

                                                                           P. R.

       Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

 

Par Le Giron
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Lundi 9 février 2009



Par Eléa Asselineau et Gilles Domenech

Éditions du Rouergue


       Véritable stratégie alternative pour l'agriculture, les Bois Raméaux Fragmentés, dits BRF, proposent de nouvelles techniques pour une meilleure fertilisation des sols.

       L'utilisation des B.R.F. est apparue dans les années 1970 au Québec et commence à se développer en France. Longtemps considérée comme un déchet, la branche d'arbre devient dorénavant un produit de haute valeur agronomique, écologique et sociale. Cette branche auparavant brûlée, la plupart du temps sur place, ouvre de nouvelles perspectives, jusqu'alors insoupçonnées pour nourrir le sol et donc, l'humanité. Les avantages des B.R.F. sont nombreux : la vie du sol est stimulée, l'humus est obtenu en grande quantité, l'érosion des sols est évitée, les rendements sont de meilleure qualité... Ainsi, l'utilisation des bois raméaux fragmentés répond à plusieurs problèmes dommageables pour l'environnement : diminution de la biodiversité, épuisement des sols, incidences de la sécheresse, de la déforestation, désertification, empoisonnement des nappes et des rivières par les engrais et pesticides...

        Inventaire inédit de ce qui a été expérimenté dans le monde depuis les années 70, cet ouvrage est complet, clair et précis. Ses riches et nombreuses illustrations (photographies et croquis) lui donnent une dimension documentaire et pédagogique.

       L'ouvrage est réalisé par deux spécialistes parmi les premiers vulgarisateurs de l'utilisation des BRF en France, Éléa Asselineau et Gilles Domenech. Ils nous expliquent, à travers des textes accessibles à tous, les différentes techniques applicables aux BRF, l'univers du sol, le fonctionnement des plantes, les expérimentations déjà mises en œuvre dans l'agriculture, la gestion de l'arbre...

       De formation agricole, Eléa Asselineau découvre les BRF en 2005, lors d'un stage en agriculture bio au Québec au cours duquel elle a suivi une formation en jardins synergétiques (dits autofertiles). Immédiatement passionnée, elle rencontre de nombreux agriculteurs, ingénieurs agronomes, chercheurs, forestiers, écologues intéressés eux aussi par le sujet. Co-fondatrice du site Internet www.lesjardinsdebrf.com elle s'implique volontiers dans les expérimentations et auprès des associations.

        De formation scientifique, Gilles Domenech est pédologue et titulaire d'un DEA d'environnement. Il découvre les BRF en 2004 grâce à un forestier des Alpes de Haute Provence et mène alors une expérimentation près de Sisteron. Parallèlement à cela, il réalise des études bibliographiques sur les BRF et la biologie du sol, afin de proposer de nouveaux axes de recherches et de mettre en place des dispositifs expérimentaux.


           Source : http://www.lesjardinsdebrf.com/


Par Le Giron
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Lundi 26 janvier 2009


       Quelques dates importantes pour une prise de conscience sur les enjeux environnementaux. On parle beaucoup d'écologie, les gens s'inquiètent du changement de climat et de perte de biodiversité. Certains gestes sont devenus naturels : trier ses déchets, acheter des ampoules économiques, se déplacer plus modérément. Hélas, l'humanité continue de croire qu'elle peut se servir de la planète sans payer.

1930 : Monsanto nous offre les PCB (polychlorobiphényles dont les pyralènes) qui mettent plus de 2000 ans pour se dégrader dans les sédiments.

1982 : Moratoire concernant la chasse à la baleine.

1983 : La loi Bouchardeau instaure des enquêtes publiques obligatoires pour tous les projets ayant un impact sur l'environnement.

1986 : Tchernobyl explose, 40.000 Km2 de terre gravement irradiés, 163.000 personnes déplacées. Une censure féroce muselle toutes les études indépendantes pour connaître le nombre de victimes. Le chiffre officiel de 4000 est largement sous évalué, même l'OMS (Office mondial de la santé) ne peut pas s'exprimer librement à cause d'un accord signé en 1959 avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

1987 : Interdiction en France de la vente de PCB. Les États s'engagent d'ici 2010 à cesser la production de CFC (Chlorofluocarbure), composés chimiques commercialement appelés Fréon, incolores, inodores, ininflammables, non corrosifs à l'état gazeux ou liquide. Ils ne sont pas intrinsèquement toxiques, mais certains de leurs produits de décomposition peuvent être dangereux. Ce gaz est à l'origine du trou dans la couche d'ozone.

1992 : Création du projet NATURA 2000, afin de sauvegarder les milieux naturels représentatifs de l'Europe.

1999 : Naufrage de l'Erika, 400 Km de côte polluée, 150.000 oiseaux mazoutés.

2003 : Plus de sacs plastiques dans les supermarchés de l'Île de beauté (Corse) puis sur le continent.

2004 : Revoilà nos PCB, présents dans le fleuve le Rhône, mais aussi jusqu'en Arctique.

2005 : Scandale en Somalie, des déchets radioactifs ont refait surface sur les rivages sous l'effet du Tsunami, déchets directement immergés par des pays occidentaux... !

2007 : Procès de l'Erika, première reconnaissance d'un préjudice écologique. Monsanto est condamné pour publicité mensongère avec le round-up (le désherbant tristement célèbre).

2008 : Il faut 3 centrales atomiques comme Cruas pour faire fonctionner le moteur de recherche informatique Google.

                                                                                      M. R.

           Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)

Par Le Giron
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Samedi 29 novembre 2008



       En 2007, la source qui approvisionne le bassin de Francis s'est arrêtée pour la première fois depuis de nombreuses années. Signe des temps ? À défaut d'abonder suffisamment les nappes phréatiques, les pluies printanières auront alimenté les conversations. Avec un total de plus de 160 mm pour Montélimar au mois de mai 2008, nous obtenons une pluviométrie intéressante, excédentaire par rapport aux normales de saison, mais ce chiffre ramené au cumul des pluies des 6 derniers mois correspond néanmoins à un régime normal. Ce mois de mai bien arrosé était bien visible dans le paysage, les pluies ont permis de dynamiser les cours d'eau. Pour preuve, les écoulements du Drôme,  du Gournier, du Jabron sur la commune de Puygiron faisaient apparaître des eaux de surface abondantes avec une amélioration d'ensemble des niveaux. En ce qui concerne le Drôme, il est bien rare qu'il coule de manière régulière comme actuellement.

Cette question de la pluviométrie, des réserves aquifères, renvoie à une préoccupation essentielle de notre époque : sur quelle ressource en eau pourrons-nous compter dans les années à venir ? La gestion de l'eau est plus que jamais un problème d'actualité.


                                                                                         P. J.

    Publié dans Le Giron n° 14 (juillet 2008)          

Par Le Giron
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Mercredi 19 novembre 2008


                                 La Terre vue d'Apollo 17 (photo NASA).


Nous vivons, insouciants de nous

Insouciants de ce qui nous entoure...

Nous vivons pour la paix et en faisons un idéal

Notre principe, mais...

Chaque jour, elle crie, s'exprime.

Pourtant, nous lui enlevons le droit de s'exprimer.

Nous revendiquons la démocratie,

Et nous fermons nos oreilles

Stupidité humaine ou manque de jugement,

Faiblesse de notre intelligence ou petitesse d'esprit ?

Personne ne se pose la question

Pourtant, on commence à grandir, semble-t-il !

Nous l'écoutons et nous la soignons de petites actions !

Mais on s'aperçoit, hélas, que la tâche est immense

 

Alors, ici, j'en appelle à tous

Faites ce qu'il faut, vous avez le pouvoir

« Tu es divin ô homme »

Tu es celui de tous les possibles

Mais tu penses à ton intérêt

Ton argent, ton profit

Tout ce qui est éphémère

Ne vois-tu pas que, tout près de toi,

La plus importante des choses faisant que tu es,

Souffre le martyre ?

Non, tu ne vois pas ou tu ne veux pas voir

Tu es l'auteur de ta fin, petit homme misérable.

Alors, ne t'attriste pas, lorsque cet être se rebelle

Mais accepte et acquiesce, elle ne fait que justice.

                                                        R. T.

       Publié dans Le giron n° 13 (janvier 2008)


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Mercredi 29 octobre 2008


        Cette soirée du 1er juin restera gravée dans nos mémoires. Merci à Damien Arnoux d'avoir organisé cette conférence sur le réchauffement climatique à Puygiron, en invitant Delphine Six, glaciologue au CNRS de Grenoble. Cette jeune scientifique abordable, dynamique et passionnée, étudie grâce à des forages dans la glace de la banquise, les variations climatiques de notre Terre depuis 700.000 ans, afin de mieux cerner l'avenir de notre planète. Elle a déjà entrepris trois voyages au coeur de l'Antarctique, immense continent du bout du monde centré sur le pôle Sud, constitué d'une calotte glaciaire épaisse de 3.400 m et d'une superficie grande comme 22 fois la France.

        Au travers de la présentation photographique de ces périples, nous avons pu juger du caractère extrême des conditions de vie et de déplacement sur ce dernier espace vierge où les températures oscillent entre - 80°C l'hiver et -50°C l'été. Ces températures excessivement basses permettent à la neige de ne jamais fondre et de constituer ainsi l'épaisse couche de glace de la calotte polaire, en emprisonnant des bulles d'air, témoins de la composition de l'atmosphère des millénaires passés. À partir de l'analyse de ces bulles d'air, les scientifiques arrivent à quantifier les taux de CO2 et de méthane (gaz à effet de serre), et retrouver les températures ancestrales. Étonnamment, tous les 100 000 ans, alternent périodes de glaciation et périodes de réchauffement engendrant alternativement des avancées de glaciers englobant des parties de continents ou des hausses du niveau des mers, et tout cela pour une simple différence de température moyenne de 4°C ! Aujourd'hui, nous sommes dans une période chaude et nous rentrerons vraisemblablement d'ici 10 000 ans dans une période de glaciation.

        Depuis le milieu du XXe siècle, les scientifiques constatent que les taux de concentration des gaz à effets de serre ont largement dépassé les pics des périodes les plus chaudes des 700 000 dernières années, et que la température sur Terre a augmenté de + 0,6°C en moyenne. Pour simplifier, les scientifiques internationaux s'accordent tous pour affirmer que l'activité humaine est largement responsable de ce dérèglement climatique. Ils s'attendent à une augmentation de la température de 1,4°C à 5,8°C d'ici 2100. Ce réchauffement serait certainement davantage marqué en hautes latitudes et sur les continents, entraînant des précipitations plus fréquentes mais malgré tout la fonte des glaciers. En effet, ceux qui n'ont pas leur source d'alimentation à plus de 3.500 m d'altitude n'existeraient plus (glaciers alpins). En 2050, la banquise disparaîtrait au pôle Nord et il n'y aurait certainement plus de courant froid permettant les circulations océanique et atmosphérique qui tempèrent nos côtes européennes. Les terres glacées du Canada et de Russie en fondant libèreraient en grande quantité du carbone dans l'atmosphère (permafrost) réalimentant ainsi le processus engagé. La fonte de la calotte polaire de l'Antarctique entraînerait une élévation du niveau de la mer de 70 m, et par conséquent des migrations humaines importantes.

        En conclusion, le monde scientifique s'accorde sur trois points : La Terre se réchauffe, elle va continuer à se réchauffer et l'homme en est le principal responsable. Cependant les différents modèles de simulation scientifique ne sont pas encore capables de prendre en compte tous les facteurs intervenant dans ce processus de modification du climat. On ne connaît, par exemple, pas encore le rôle que joueront les océans (phytoplancton) et la végétation (photosynthèse) dans l'absorption des gaz à effet de serre émis par notre civilisation. De l'avis de tous, il est pourtant urgent d'agir et ces rencontres avec des scientifiques de haut niveau, qui savent expliquer simplement des phénomènes complexes, clarifient notre compréhension et développe notre prise de conscience de l'impact de notre quotidien sur l'environnement.


                                                                         D. R.

           Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron
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Mercredi 22 octobre 2008
                                                                                                                                          Photo Patrick Olivon
 
       Le Jabron est comme une évidence pour les Puygironnais. Sa présence s'impose et d'une certaine manière, nous intrigue. Si la promenade sur les berges de la rivière n'est pas toujours aisée, certains tronçons étant peu accessibles, elle n'en recèle pas moins un attrait tout à fait remarquable. Les rives encore sauvages permettent l'existence d'un écosystème riche où cohabitent une faune et une flore variées. Rivière vivante, le Jabron est un cours d'eau à découvrir, à préserver, à « vivre ». Il n'est pas rare d'apercevoir dans le lit de la rivière, l'incontournable héron cendré, fier représentant des différentes espèces animales qui peuplent ce milieu. Cette biodiversité nous propose de nombreuses essences d'arbres : chênes, bouleaux, frênes, peupliers, saules, érables et toute une variété de plantes terrestres et aquatiques. Son dynamisme se caractérise aussi par les variations de son débit. Un épisode orageux avec pluies torrentielles peut provoquer une crue impressionnante ; à l'inverse, en période estivale chaude et sèche, le cours d'eau est beaucoup moins alimenté. Il y a quelques années, il pouvait disparaître pour quelques semaines en plein été. Dans les numéros à venir, nous essayerons de proposer d'autres promenades au fil du Jabron, pour une découverte de la rivière et de ses berges.
                                                                                          P. J.
       Publié dans Le giron n° 11 (janvier 2007)
Par Le Giron
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Samedi 13 septembre 2008


La place de l’eau dans les sociétés est essentielle au point d’avoir déterminé et modelé bien des développements, bien des histoires, des cultures et des pouvoirs. Actuellement la maîtrise de l’eau est un enjeu stratégique et politique à l’échelle mondiale. Après la guerre du feu, la guerre du pétrole et de la mondialisation, la guerre de l’eau n’a-t-elle pas déjà commencé ? Face à un individualisme croissant et à une uniformisation du mode de pensée, il est parfois utile de se rafraîchir les idées et de retourner à des écrits qui, en faisant l’éloge de l’entraide et de la solidarité de peuples, témoignent de l’importance que l’eau revêt dans le monde en général.

Pagnol et Giono nous font réfléchir, nous humanisent et nous responsabilisent face à la modernisation destructrice des moyens de production. « Le Hussard sur le toit » de Jean Giono campe ses deux héros, Angelo et Pauline, dans une Provence ravagée par la sécheresse et une terrible épidémie de choléra qui décime les populations de villages entiers. Le roman de Giono met en évidence le danger que l’eau peut représenter : bien précieux et indispensable à la survie de l’homme, elle peut aussi se révéler mortelle. « L’eau des collines » de Marcel Pagnol - regroupant deux romans sous les titres de « Jean de Florette » suivi de « Manon des Sources » - est au coeur même du récit : eau, source de vie et source de mort aussi. Ces oeuvres retracent la vie de petits paysans provençaux suspendus à la nécessité de l’eau et connaissant parfaitement sa valeur en cette région si sèche. Ils vouent un véritable amour à la terre, à l’eau, à la nature toute entière.

On aurait tort d’estimer ces deux auteurs comme de simples conteurs. Ils n’inventent pas mais révèlent des réalités que nos regards habitués ou fatigués ne sont plus capables de percevoir, aveuglés par le superflu et l’artifice. Amoureux de leurs régions de Provence, Pagnol et Giono relatent des vérités humaines, humanistes et humanisantes qu’il serait bon de relire. Ceux qui ont pratiqué ces auteurs ont et auront toujours un coin de paradis dans leur coeur, un champ de liberté plus large où leur conscience les guidera vers une action sage et raisonnée sur la nature en la traitant en amie plutôt qu’en ennemie. Une bonne cure de ces œuvres ne sera-t-elle pas bientôt nécessaire pour soigner les maux par les mots et désintoxiquer nos vies de leur mauvais usage de l’eau ?

                                                                                          C. V.

              Publié dans Le Giron n° 8 (juillet 2005)


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Lundi 8 septembre 2008

                                                                                                                                         Photo Patrick Olivon

La vie des Puygironnais est intimement liée à celle du Jabron. Qui n’y a pas pêché, trempé ses pieds, fait des ricochets, flâné… Qui ne s’est pas baigné ou reposé sur ses berges. Cette rivière qui coule sur le territoire de notre commune prend sa source près de Comps et arrose plusieurs villages avant d’atteindre son point de confluence avec le Roubion à Montélimar. Rivière bien vivante, le Jabron obéit aux lois de la dynamique propre aux cours d’eau de notre région.

Profil d’une rivière :

Les parties du lit fluvial en saillie sont creusées par l’érosion : on y observe un lit rocheux. L’eau seule n’a pas de capacité de creusement sauf dans des matériaux meubles. Ce sont donc les alluvions transportées par le courant qui creusent et façonnent les lits rocheux.

Les parties du lit fluvial en creux sont remblayées par une sédimentation alluviale (vases, limons, sables, graviers, galets) : c’est un lit alluvial.

Les méandres évoluent par érosion sur la rive concave (en creux) où frappe le courant, et par alluvionnement de la rive convexe où le courant est, d’une part plus lent, et d’autre part caractérisé par un phénomène de contre-courant (retour des eaux vers l’amont). Les méandres migrent sous l’effet du creusement. L’évolution du tracé de la rivière peut se faire par recoupement de méandres lorsque le cours d’eau peut s’écouler librement. Les anciens tracés sont alors des bras morts. Le cours d’eau peut emprunter ses anciens lits lors des crues.

Le lit mineur correspond à l’espace occupé en moyenne par l’écoulement dans ses faibles débits. En période de très basses eaux et donc de très faibles débits, sècheresse prolongée pour un cours d’eau d’alimentation pluviale comme le Jabron, la rivière peut se réduire à quelques chenaux d’étiage (niveau moyen le plus bas d’un cours d’eau).

Le lit majeur correspond à l’espace occupé en moyenne par l’écoulement dans ses débits ordinaires. Le lit majeur est alternativement occupé et dégagé de ses eaux. Il y circule de forts courants en périodes de crues. Il est donc régulièrement remanié, et son aspect peut être modifié. Cette dynamique agit sur la composition et les conditions de vie de la végétation temporaire dans les alluvions.

Le lit de débordement est celui des crues centennales.

 

À suivre…

K. B., P. O. et P. J.

           Publié dans Le Giron n° 8 (juillet 2005)

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LE GIRON

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001. Elle a pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.

Mail : legiron@voila.fr

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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