Voix des Puygironnais d'ailleurs

Dimanche 11 janvier 2009
                                                                       

       Nous atterrissons au Chili dans la région pluvieuse de Puerto Montt. De mini averses se créent momentanément et cessent, pour réitérer leur ruse plus loin. La flore est luxuriante et parfume à des kilomètres à la ronde. 

       Nous installons notre campement au bord d'un lac, un volcan au dôme enneigé nous snobe. Notre repas cuit sur le feu, qui crépite dans la nuit. Le ciel que nous offre ces nuits est si clair et si différent de celui que j'ai l'habitude de regarder à Puygiron. Ici les gens se repèrent avec la Cruz del Sur. Sur la plage de galets noirs on s'allonge. Les jambes sont lourdes, mais les cœurs légers. Au détour d'une balade, une folle cascade turquoise nous hypnotise. L'eau déferle, creusant l'ancienne coulée de lave. 

       Dans les divers parcs nationaux, on découvre des arbres grandioses, les araucarias. On se plaît à trouver refuge à leur pied, si minuscules que nous sommes face à ces colosses. Avec nos bras, nous ne parvenons à peine à faire le tour de leur tronc.

       Nous sommes accueillis à bras ouverts au sein d'une famille mapuche, dans la région de Temuco. Nous vivons à leur rythme pendant dix jours. Ces gens se considèrent comme les enfants de la Terre, Gaya. Ils vivent au gré des saisons, en harmonie avec la rivière, avec le galet tapi sur son lit, avec la montagne qui l'abreuve. Nous dégustons le maté, la boisson chaude traditionnelle à longueur de journée. Pourquoi ne resterions nous pas ici, avec eux ? Il est pourtant l'heure de repartir, le bus nous mènera jusqu'au désert d'Atacama, après un détour vers la capitale Santiago du Chili et la ville colorée de Valparaiso, coincée entre les collines et l'océan Pacifique.

                                                                              Colline JEAN


                                                                 Au bord du lac, avec en fond le volcan enneigé


       Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)


Par Le Giron
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Vendredi 28 novembre 2008

        

Le Giron demande aux Puygironnais expatriés de se rappeler à leurs concitoyens,

en envoyant une lettre, une note, évoquant leur voyage.



                                                                                                             Colline Jean


       23 octobre 2007, çà y est, le jour J ou plutôt « el dia D » ! Que dire quand on a un pied dans l'avion qui nous mènera au bout du monde et l'autre toujours planté sur le sol puygironnais ? On se jette à l'eau, les mains liées par la même envie, le même rêve, le même goût de l'aventure ...

       Les épaules alourdies par ce sac fidèlement rempli, les pieds prêts à fouler de nouveaux horizons, les yeux écarquillés par cette curiosité inépuisable. On y va, on est paré. Hasta luego camarades !

       Une nuit passée dans l'avion et nous atterrissons à Buenos Aires, la capitale argentine. Las locas de Mayo (les folles de mai) marchent en mémoire de leurs enfants perdus lors de la dictature, les couples dansent le tango, les joueurs du club mythique de Maradona, Boca Junior, courent sur la pelouse.

Nous quittons la capitale vers le Sud et roulons à travers un paysage sans relief. La Pampa. Les Gauchos sont les maîtres sur ces terres sauvages. Je me revois enfant galopant au bord du Jabron. L'horizon se déforme sous l'effet des vapeurs chaudes. Le périple commence et déjà on n'en voit plus la fin.

       Au bord de l'océan Atlantique, nous découvrons la faune marine. Nous vivons des instants émouvants en présence des baleines franches, des éléphants de mer, des pingouins et des lions de mer. Plus on se rapproche du bout du monde, plus les nuits sont fraîches. Un rituel avant de dormir est indispensable. Emmitouflés dans les sarcophages, nous trouvons le sommeil.


                                                                               El Perito Moreno


       Après deux mois de voyage, nous arrivons à Ushuaïa, au pied d'une chaîne de montagnes. Ce phénomène terrestre plonge désespérément ses pieds dans l'océan. Nous nous levons à six heures, pour se coucher à vingt-trois heures, avec le jour. On entend un craquement au loin, c'est un glacier qui chantonne. El Perito Moreno. Un glacier majestueux, qui déverse ce liquide indispensable, l'eau, sur toute la région avoisinante. Le soleil lui arrache des blocs entiers, qui viennent se fracasser à la surface de l'eau. La glace est happée par l'océan et donne naissance à de petits icebergs qui s'éloignent au large.

          La suite du voyage dans le prochain Giron...

                                                                             Colline Jean

        Publié dans Le Giron n°14 (juillet 2008)


Par Le Giron
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Mercredi 5 novembre 2008
 

       Bonjour tout le monde, Je vous envoie quelques nouvelles du pays des kiwis. Après 30 heures d'avion, 18.000 Km et douze heures de décalage, me voilà arrivée en Nouvelle-Zélande. Un pays extraordinaire. Je suis venue ici, dans le but de découvrir un maximum sur les Maoris et les volcans, changer d'air et m'évader de la France ! Pays vraiment surprenant...

       Tout d'abord, j'ai ramassé des pommes pour me faire des sous et acheter un van afin de pouvoir voyager en toute liberté. Ensuite, j'ai parcouru le pays tout en bossant de temps en temps quand ma réserve d'argent était écoulée. J'ai fait tous les boulots inimaginables : emballage de fruits (kiwis car bien sûr, ici c'est le pays), serveuse, cueillette de fruits... mais tous très enrichissants de rencontres étonnantes et internationales.

       Ces deux petites îles plus ou moins inconnues à l'autre bout de la Terre (vu de France) valent vraiment le détour. Les habitants y sont très accueillants, les paysages magnifiques et très diversifiés. On peut se trouver des plages hawaïennes et des déserts sahariens ou bien se retrouver perdu dans les montagnes en quelques heures de route. Comme ce sont des îles volcaniques, il y a aussi beaucoup de sources d'eau chaude naturelles ou aménagées. Très sympa pour se relaxer après une dure semaine de travail...


Enfin que du bonheur et je le conseille à tous ceux qui ont envie de se dépayser. Sensations garanties !

Voilà les aventures d'une petite Puygironnaise en soif de découvertes... Gros bisous à tous et à bientôt, Julie.


      

            Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)

Par Le Giron
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Dimanche 26 octobre 2008

     

       Le residencial GOA porte le nom d'une montagne toute proche (Monte Goa) que le vent et le temps ont fortement érodée, dont le nom fait évidemment référence à la ville indienne qui fut longtemps, comme le Cap-Vert, une colonie portugaise.

       Le pays est un archipel de dix très belles îles, dont l'une est encore totalement inhabitée (elle est visible depuis l'hôtel, ce qui renforce un peu plus la sensation apaisante d'être vraiment loin du monde). Les gens y sont accueillants, les promeneurs découvrant le Cap-Vert y apprécient la qualité de la vie et des rapports humains. L'île de São Vicente est principalement connue pour sa ville portuaire de Mindelo, une ville chargée d'histoire et qui est aujourd'hui encore présentée comme la capitale culturelle de l'archipel. La grande diva Cesaria Evora y vit et vient s'y reposer entre deux tournées internationales.

       Tombés amoureux de cette île si attachante, nous avons construit un petit hôtel à échelle humaine, pensé et conçu pour accueillir les voyageurs curieux, en quête de confort et de calme.

        Pour plus de renseignements : http://www.goa-mindelo.com

           

              Publié dans le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron
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Mardi 7 octobre 2008

Le Giron demande aux Puygironnais expatriés de se rappeler à leurs concitoyens, en envoyant une lettre, une note, évoquant leur nouvelle situation.

Bonjour à tous et plus particulièrement à ceux que je ne connais pas ou que je ne fais que croiser, je me présente : Marie-Christine Edel, la dernière arrivée je crois, dans ce merveilleux petit village de Puygiron, un jour de neige en décembre 2005, au sein de la micro population d’en haut. On me donne un surnom qui n’est pas fait pour me déplaire : l’Égyptienne et pour cause ! Voici des années que je passais des vacances en Égypte, lorsqu’un jour de l’année 1997, le treizième de février, je décidai, de partir au pays des Deux Terres, la Terre Noire (la Fertile) et la Terre Rouge (le Désert). J’y restai sept ans. Sept ans de bonheur, de découvertes éblouissantes, de vibrations étonnantes…

Vous connaissez tous, bien sûr, ce fameux pays, peut-être y êtes-vous allés pour faire l’une des fameuses croisières sur le Nil ou de la plongée en Mer Rouge, mais l’avez-vous découvert dans la fougue et la fièvre de la liberté individuelle ? Ceux-là se reconnaîtront, ce sont les inconditionnels de cette Terre riche d’un passé antique exceptionnel, d’une culture, celle des siècles passés plus proches de nous et l’actuelle, toutes aussi fécondes…

Le Caire : agglomération de 18 millions d’habitants, ville grouillante et nonchalante dans laquelle le promeneur peut se sentir, ou complètement perdu ou complètement transcendé, cette ville aux mille et un minarets, palais princiers, mosquées de toute beauté, églises contrastant avec le milieu oriental, immeubles haussmanniens situés dans le centre, immeubles non terminés, décrépits, tenant à peine debout. Immeubles de grand luxe, buildings, palaces… Dans certaines de ces habitations, les secrets sont bien gardés, derrière des portes, des fenêtres, des moucharabieh ayant une valeur symbolique en Égypte, marquant la séparation entre intérieur et extérieur, entre nous et les autres, elles servent aussi à poser le maître des lieux, qui se soucie tout particulièrement de la qualité du matériau et de la richesse de l’ornementation. Le Caire et son souk de dédales interminables odorants et enivrants, sa Cité des Morts qu’ont investie les plus pauvres. C’est à qui, façonne des briques, souffle le verre, tourne la terre, se réjouissant de vous initier… Le Caire c’est la cruche d’eau qui vous attend à chaque coin de rue pour vous désaltérer, c’est celui qui vous propose de partager la galette de son maigre repas, celui qui vous tend un verre de thé. C’est aussi l’œil malicieux et complice des femmes, la sympathie des hommes, l’éternelle jeunesse des amoureux qui se retrouvent seuls au monde, main dans la main, au bord du Nil, le puissant fleuve roi… Puis, vous franchissez le pont Kasr-el-Nil, vous voici fouetté par le vent soufflant comme si vous vous trouviez en pleine mer face à de fortes rafales… Sur l’autre rive, c’est l’île de Zamalek sur laquelle se trouve le nouvel Opéra, belle architecture, chef d’oeuvre d’un Japonais, les clubs sportifs aussi vastes chacun qu’un terrain de golf, puis encore un pont, des ponts qu’on ne compte plus et toujours cette ville immense, tentaculaire où voitures, taxis, bus par milliers, mènent leurs quatre roues en une cacophonie de klaxons et, si vous prenez l’un de ces taxis bringuebalants, le chauffeur après avoir vite compris que vous êtes francaoui, clamera bruyamment les louanges de Jacques Chirac ! Et la francophonie n’est pas de reste. Par exemple, une longue tradition unit les juristes français et égyptiens au point que toute rencontre avec l’un d’eux constitue une surprise, l’occasion de découvrir que notre langue s’accompagne souvent d’une admiration pour les institutions de la France et d’une connaissance, parfois très précise, de ses règles juridiques. Elle est appliquée également au développement industriel du pays qui ne compte plus les sociétés françaises s’étant investies depuis des décennies.

Enfin, une quarantaine d’écoles religieuses sont implantées dans ce pays, au sein desquelles les cours sont pratiqués dans notre langue. Paradoxalement, leurs élèves sont aussi bien de confession musulmane que chrétienne. Elles sont très recherchées pour leur enseignement de qualité, contrastant avec les écoles publiques où celui-ci se fait dans des conditions désastreuses, avec des classes surchargées d’élèves travaillant debout ! La francophonie c’est aussi l’Université française de Senghor à Alexandrie, celle de Chorouk à 80 Km du Caire la dernière-née, inaugurée tout récemment et les centres culturels représentant une tradition française déjà bien ancrée en Égypte depuis l’expédition de Bonaparte qui ouvrit le pays à l’influence de l’Occident et particulièrement de la France. Nous ne parlerons pas de l’Angleterre ! Il y a donc une communication très intéressante et motivante en ces lieux culturels où se mêlent une certaine population égyptienne (majoritairement étudiante) et française, autour de soirées très animées avec projection de nos films, pièces de théâtre, littérature, poésie…

Attirée par ce pays mythique depuis toujours, j’y suis partie avec des repères spontanés et je m’y suis sentie chez moi en toute liberté, tout naturellement. J’y ai développé, comme si j’avais fait cela toute ma vie, un don inattendu, celui d’institutrice en maternelle durant quelques années, puis vint le jour de ma rencontre avec le patron égyptien de la librairie Hatier. Enfin ce fût l’ambassade du Caire où je travaillais comme une titulaire mais sans la même rémunération ! Peu m’importait, j’étais au summum de mon itinéraire professionnel cairote et heureuse de la vie que je menais. Oui, l’Égypte est une mouvance qui vous prend et vous enveloppe et lorsque le Giron paraîtra, je serai à nouveau pour les quelques mois d’hiver au soleil qui illumina des générations de pharaons : Râ. Il y a plus de cinq mille ans, se développait cette fabuleuse Histoire avec des pyramides gigantesques, des tombeaux magnifiques, des temples toujours debout, toute une littérature hiéroglyphique sur le support somptueux de rouleaux de papyrus. L’Égypte était et reste un vrai miracle, ce fameux don du Nil… Mais, lorsque je reviendrai, ce sera aussi avec une grande émotion que je retrouverai le petit nid d’aigle de Puygiron, ses collines et ses âmes qui sont devenues pour moi, ma famille, mon cercle fraternel…

Marie-Christine Edel

Publié dans Le Giron n° 11 (janvier 2007)


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Dimanche 28 septembre 2008

Le Giron demande aux Puygironnais expatriés de se rappeler à leurs concitoyens, en envoyant une lettre, une note, évoquant leur nouvelle situation.

 

Du chemin des chênes au détroit de Gibraltar… Bien plus qu’un raccourci, le chemin des chênes fut un chemin initiatique. Le lieu des premières confidences, des premières amours, je me souviens même de m’y être fiancé devant témoins. De ce chemin de vie, je garde un souvenir ému, une sensation de liberté. Bien des années plus tard, lorsque j’ai quitté la route toute tracée de mes études universitaires pour la production musicale, c’est ce même appel, ce raccourci, ce besoin de découvrir, qui m’a guidé.


De la musique à la radio il n’y a qu’un pas, mais, une fois encore, la curiosité, le goût du défi, m’ont poussé à reprendre des études de journalisme. Questionner, comprendre, rencontrer l’autre, les autres, leurs singularités, leurs ressemblances, ce besoin infini d’apprendre, je l’ai aussi trouvé chez ma femme Murièle. Ensemble avec notre petit Maël, nous avons décidé de quitter le Sud de la France, nos familles, nos amis, pour l’ailleurs, le Maroc et Tanger où nous vivons désormais. Léa y est née. Elle a sept ans aujourd’hui. Sa mère enseigne à l’école française, quant à moi je présente les journaux du matin sur Radio Méditerranée Internationale, radio bilingue, leader sur l’Afrique du Nord avec plus de vingt millions d’auditeurs chaque jour. Dois-je vraiment vous parler du Maroc, de ce royaume, si proche mais aussi si différent parfois. Un pays aujourd’hui en profonde mutation et qui s’ouvre, plus que jamais, aux millions de touristes avides d’Orient. Au-delà de l’exotisme, ici à Tanger, il y a une lumière, celle qui dépeint un carrefour géographique, culturel et religieux unique !

Une lumière que l’on retrouve dans tous les yeux de ceux dont les vies se croisent sur les bords du détroit de Gibraltar, Arabes, Français, Espagnols, Anglais, les langues se délient et les cœurs s’ouvrent ou se referment. Car dans l’ailleurs on s’y retrouve ou l’on s’y perd. Dieu merci, par-delà les embruns de l’Atlantique et de la Méditerranée, j’aperçois encore très distinctement le chemin des chênes de Puygiron.

Cyrille Arnoux

            Publié dans Le Giron n° 10 (juillet 2006)

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Lundi 15 septembre 2008

                                                                                                                      Ile de Sao Vicente - Mindelo      Photo C. P.

Des Puygironnais vivent loin du village et même des frontières de la France : Raphaëlle Salomone et Stanislas de Pontcharra nous écrivent du Cap-Vert



 L’archipel du Cap-Vert, au climat tropical sec, n’est pas un cap et il n’est guère vert… mais quel joli nom ! Ce nom lui vient de la presqu’île verdoyante du Cap Vert, située à la pointe extrême de l’Afrique occidentale où se situe Dakar, capitale du Sénégal. L’île la plus proche du continent se situe à 500 km des côtes du Sénégal, c’est Santiago avec la capitale de l'archipel : Praia.

                                                                                            Photo S. P.

          Ces îles sont sorties de l’Océan vers le milieu du tertiaire et sont des reliefs jeunes. L’existence du Cap-Vert sur les cartes géographiques commence en 1460 avec la découverte par des marins portugais de cet archipel vide. Son histoire débute quelques années plus tard avec l’installation de colons pauvres et d’aventuriers envoyés par la Couronne. Ces îles non habitées, servirent de base aux Portugais qui y déposaient des Africains pour les vendre comme esclaves en Europe et Amérique.

Poussières d’îles en Atlantique, parfois oubliées des cartographes, archipel de 4.000 Km2 (la moitié de la Corse), et 400.000 habitants, le Cap-Vert fait partie du continent africain. Tendance plus brésilienne par le métissage et la musique, il comprend dix îles toutes différentes les unes des autres et deux îlots. Ici, la terre est pierre, pierre volcanique, basalte, pouzzolane. Un seul volcan est en activité sur l’île de Fogo. Sa dernière éruption eut lieu en 1995.

                                                                                          Photo N. P.

          L’eau : absence et présence. L’eau douce rare, toujours bénéfique quand elle tombe pendant les mois d’été de juin à octobre. Cette année, seulement trois fois en quinze minutes sur notre île : un désastre ! Pourtant avant l’eau qui féconde, nourrit, avant l’eau rare, c’est l’eau salée, c’est la mer, son immensité qui domine. L’eau de mer, c’est le bateau, c’est le départ, c’est la liberté de rester ou de partir. Sans le bateau, le Cap-Vert n’aurait pas existé.

                                                                                               Photo S. P.

       Après cinq siècles de domination portugaise, le Cap-Vert accède à l’indépendance le 5 juillet 1975. Complètement ignoré avant 1975, absent de presque toutes les cartes géographiques, Le Cap Vert est maintenant connu, reconnu, respecté. L’action politique, diplomatique n’est pas étrangère à cette situation. Pays démocratique, pluralité des élections depuis 1991. Il y a une langue qui gouverne, c’est le portugais, reste de la colonisation et une langue qui règne, le créole. Ce pays jeune nous a conquis, la vie n’est pas facile pour certains Capverdiens, mais le développement fondé en partie sur le tourisme devrait apporter de l’eau à son moulin.

Noirs, Blancs et Métis du Cap-Vert revendiquent fièrement la richesse de leur patrimoine poétique et musical, issu d’affrontements et de mélanges, et dont la « morna » désormais célèbre dans le monde entier, représente la valeur la mieux partagée. Cesaria Evora (photo ci-dessous) en est la grande ambassadrice. C’est elle qui a fait connaître Mon petit pays, comme elle le chante au monde entier. Tous les Capverdiens font de la musique, chantent et dansent… malgré la dureté de leur vie. Ici rien de superficiel, pas d’artifice, tout est authentique : population hospitalière, belle, accueillante. Nous aimons beaucoup Tcheka son deuxième CD « Nu Monda ». Une autre amie, Gabriela Mendes lance son premier CD en France actuellement… Ildo Lobo, Banna, Theofile Chantre, Lura, etc… Ce petit pays est très riche musicalement, poétiquement. Jean-Yves Loude, écrivain et ethnologue, a étudié en profondeur l’histoire du Cap Vert. Il lui a ainsi consacré des livres passionnants comme Cap Vert, notes atlantiques qui débute ainsi : Les îles créoles du Cap-Vert sont comme des notes noires et blanches jetées en Atlantique(Collection de poche Babel, 2002).


Nous sommes sur l’île de Sao Vicente, 16 Km sur 24, superficie 227 Km2. Mindelo, la deuxième ville du Cap Vert comptait dix-sept mille habitants en 1874… quatre vingt mille en 2005. La baie de Mindelo est classée la quatrième plus belle baie du monde, c’est un ancien cratère. Au XIXe siècle, elle pouvait abriter jusqu’à deux mille navires. Les Anglais y avaient installé une base de ravitaillement de charbon pour les navires de sa flotte impériale.

Notre construction se trouve face à la mer, à 16 km de Mindelo. Rien n’est facile, mais nous espérons pouvoir ouvrir notre maison d’hôtes soit cet été, au plus tard avant la fin 2006. Notre petite île de Puygiron, sa communauté, nos amis, nos familles, nos paysages nous manquent beaucoup et en cette période de fêtes encore plus. Nous souhaitons à tous beaucoup d’amour, de paix, un joyeux Noël et vous adressons nos meilleurs voeux pour l’année 2006.

Notre site : http://www.goa-mindelo.com/

 

R. S. et S. P.

  Publié dans Le Giron n° 9 (janvier 2006)

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Samedi 6 septembre 2008

Le Giron demande aux Puygironnais expatriés qui le souhaitent de se rappeler à leurs concitoyens en envoyant une lettre, une note, évoquant leur nouvelle situation.

A la veille de la nouvelle année nous avions reçu ce courrier de Patrice de Poncharra envoyé en mission au Libéria par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies. Il a quitté aujourd’hui le Libéria pour le Kosovo.

 

 

J’ai eu chaque fois plaisir entre deux missions à rester en contact avec mon village et avec mes voisins et concitoyens de Puygiron, et le vecteur de communication que représente le Giron est une initiative intelligente et heureuse qui me permet aujourd’hui, de dire aux Puygironnaises et Puygironnais mon attachement pour notre colline et pour eux, pour celles et ceux qui m’ont vu grandir et qui font partie de ma vie.

Qui suis-je ? Un Poncharra du village, fier de ses racines dauphinoises, pour qui le sens de la famille a une importance vitale, et je mesure la richesse de l’héritage moral dont je suis bénéficiaire, élevé par d’admirables parents, choyé par d’extraordinaires grands-parents… père de trois beaux et bons enfants, et à mon tour grand-père d’une ravissante petite fille.

Non pour répondre à une tradition mais par conviction et avec enthousiasme j’ai embrassé la carrière des armes comme mon très cher et honorable Colonel de père, et j’ai eu la chance de vivre un métier que j’ai aimé au service de mon pays. Trente deux très belles années faites d’exigence et de sacrifice, de disponibilité, de générosité, d’enthousiasme dans l’arme de la cavalerie légère blindée et la Légion Étrangère… Que de souvenirs forts et de moments intenses, partageant les difficultés comme les joies, « grandeurs et servitudes militaires » « Honneur et Fidélité ».

Voyant s’approcher l’âge de la retraite, j’ai légèrement anticipé ce moment et j’ai quitté ma famille militaire, non sans quelque nostalgie pour aller reprendre les bancs de l’école et passer un D.E.S.S. de droit humanitaire international et un diplôme de juriste de terrain à l’Université d’Aix en Provence, un vrai bain de jeunesse au milieu d’étudiants tous aussi généreux et prometteurs.

Mon objectif était de continuer une vie active, faite d’aventures et d’action, opérationnelle, au service d’une grande cause, « l’humanitaire » au sein des organisations non gouvernementales ou internationales pour lesquelles l’homme est au cœur des enjeux.

Aujourd’hui dans le cadre du mandat du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, UNHCR, d’autres « campagnes », d’autres missions me font sillonner le monde, connaître d’autres cultures... Sri Lanka, Irak, Jordanie, Tchad et Darfour, Burundi, Congo, Rwanda, Tanzanie, Kenya, et aujourd’hui le Liberia

Mais mon rôle est d’intervenir dans les pays en crise ou en post crise, où je ne vois bien souvent que le malheur, la désolation et le désespoir, ou les guerres ont tout ravage, « paradoxe » : la folie des hommes a eu raison de leur différends et ne leur a fait gagner que douleur, tristesse et destruction.

Une devise de famille : « Entoure et Protège », une formation de soldat qui m’a appris que la mission est sacrée et qu’il faut la mener jusqu’au bout, ça aide dans les moments difficiles. On ne baissera pas les bras mais parfois on peut être las de voir tant de détresse autour de soi et tant de manque de réactivité de la communauté internationale, alors qu’on tente autant que faire se peut et a chacun son niveau d’apporter une réponse d’urgence aux populations dans le besoin.

Alors, vive le Giron ! On ne dira jamais assez l’indispensable nécessité de se connaître, de se parler, d’échanger, partager, s’accepter, se comprendre pour vivre ensemble et vivre heureux.

Communiquer et entretenir les liens, faciliter les contacts, rêver d’harmonie… C’est possible à Puygiron, alors pourquoi pas ailleurs dans le monde, dans de merveilleux endroits comme le Sri Lanka ou le Timor, sur les rivages de ces pays superbes des grands lacs de l’Afrique de l’Est, ou sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest, dans les fantastiques déserts de l’Afrique centrale et du Nord, dans les immensités de l’Asie centrale, au milieu de mille collines ou au fond d’une extraordinaire forêt primaire.

 

A la veille de Noël que nous espérons tous être un temps de paix et de réconciliation, de partage en famille, je sais que vous aurez une pensée pour toutes ces populations qui aspirent à rentrer chez elles, à retrouver leurs villages, à reconstruire ensemble, et je tiens à vous assurer toutes et tous dans mon village de mon affectueux et fidèle souvenir. Je vous souhaite une joyeuse et sainte fête et formule pour chacune et chacun des vœux de bonne et belle année 2005.

                                                              Patrice de Poncharra

Publié dans Le Giron n° 8 (janvier 2006)

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LE GIRON

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001. Elle a pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.

Mail : legiron@voila.fr

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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