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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:24

Journal Officiel de la République Française n°0100 du 28 avril 2017 texte n° 41

Décret n° 2017-645 du 26 avril 2017 relatif à la lutte contre l'ambroisie à feuilles d'armoise, l'ambroisie trifide et l'ambroisie à épis lisses.

Le 30 avril 2017
 
 Décret n° 2017-645 du 26 avril 2017 relatif à la lutte contre l’ambroisie à feuilles d’armoise, l’ambroisie trifide et l’ambroisie à épis lisses
 
NOR: AFSP1626935D
 
 ELI:https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/4/26/AFSP1626935D/jo/texte
Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/4/26/2017-645/jo/texte
 
Publics concernés : tous publics, organismes participant à la lutte contre les espèces végétales nuisibles à la santé humaine, collectivités territoriales, agences régionales de santé et services de l’Etat.
 
Objet : définition des espèces végétales nuisibles à la santé humaine (ambroisie à feuilles d’armoise, ambroisie trifide et ambroisie à épis lisses) et des modalités de prévention et de lutte contre ces espèces.
 
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
 
Notice : le décret, pris en application de l’article L. 1338-1 du code de la santé publique, fixe une liste d’espèces végétales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine : ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) et ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.). En effet, le pollen de ces plantes entraîne des symptômes allergiques sévères (rhinite, conjonctivite, eczéma, urticaire…) et peut provoquer l’apparition ou l’aggravation de l’asthme.
 
Ce décret détermine les mesures susceptibles d’être prises, d’une part, à l’échelle nationale et, d’autre part, à l’échelle locale, pour prévenir leur apparition, telles que la surveillance de ces espèces et l’information du public, ou lutter contre leur prolifération, comme la destruction des pieds d’ambroisie ou la gestion des espaces visant à limiter fortement leur capacité d’installation.
 
Il définit également que la non-conformité aux mesures prescrites par l’arrêté pris en application de l’article L. 1338-2 du code de la santé publique constitue une infraction punie de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
 
Références : le décret est pris pour l’application de l’article 57 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. Le décret, ainsi que les dispositions du code de la santé publique et du code de procédure pénale qu’il modifie, peuvent être consultés sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).  
 
 
Le Premier ministre,
 
Sur le rapport de la ministre des affaires sociales et de la santé,
 
Vu le code de la défense, notamment son article L. 1142-1 ;
 
Vu le code de l’environnement, notamment ses articles L. 120-1, L. 172-1 et L. 221-1 ;
 
Vu le code de procédure pénale, notamment son article R. 48-1 ;
 
Vu le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 205-1, R. 205-1 et R. 205-2 ;
 
Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 1338-1, L. 1338-4 et L. 1338-5 ;
 
Vu le code de la sécurité intérieure, notamment ses articles L. 511-2, L. 522-1, L. 522-2 et R. 511-2 ;
 
Vu l’avis du Conseil national de protection de la nature en date du 15 septembre 2016 ;
 
Vu l’avis du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale en date du 15 septembre 2016 ;
 
Vu l’avis du Haut Conseil de la santé publique en date du 21 septembre 2016 ;
 
Vu l’avis du Conseil national de l’évaluation des normes en date du 1er décembre 2016 ;
 
Vu les observations formulées lors de la consultation du public réalisée du 22 août 2016 au 16 septembre 2016, en application de l’article L. 120-1 du code de l’environnement ;
 
Le Conseil d’Etat (section sociale) entendu,
 
Décrète :
 
 
Article 1
 
 
Le titre III du livre III de la première partie du code de la santé publique est complété par un chapitre VIII ainsi rédigé :  
 
« Chapitre VIII
 
« Lutte contre les espèces végétales et animales nuisibles à la santé humaine  
 
« Art. D. 1338-1.-Les espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine sont les suivantes :
 
« 1° L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) ;
 
« 2° L’ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) ;
 
« 3° L’ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.).  
 
« Art. D. 1338-2.-I.-Les mesures susceptibles d’être prises en application de l’article L. 1338-1 pour prévenir l’apparition ou lutter contre la prolifération des espèces mentionnées à l’article D. 1338-1 sont les suivantes :
 
« 1° La surveillance de la présence de ces espèces sur le territoire et l’évaluation de leurs impacts sur la santé humaine et les milieux ;
 
« 2° La prévention du développement et de la prolifération de ces espèces ;
 
« 3° La gestion et l’entretien de tous les espaces, agricoles ou non, où se développent ou peuvent se développer ces espèces ;
 
« 4° La destruction de spécimens de ces espèces sous quelque forme que ce soit au cours de leur développement, dans des conditions permettant d’éviter leur dissémination et leur reproduction ;
 
« 5° La prise de toute mesure permettant de réduire ou d’éviter les émissions de pollens des espèces mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l’article D. 1338-1 ;
 
« 6° L’information du public, notamment sur les résultats de la surveillance mentionnée au 1°, sur les effets sur la santé humaine associés à ces espèces et sur les mesures de prévention et de lutte contre ces espèces ;
 
« 7° La valorisation et la diffusion des connaissances scientifiques relatives à ces espèces et à leurs impacts sur la santé humaine et les milieux ainsi que la réalisation des travaux et recherches et, le cas échéant, de leurs applications ;
 
« 8° La valorisation, la diffusion et la coordination des actions de prévention, de lutte, de formation et d’information menées sur l’ensemble du territoire.
 
« II.-L’application de ces mesures prend en compte les dispositions du présent code, du code rural et de la pêche maritime et du code de l’environnement poursuivant d’autres finalités que la lutte contre les espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine, notamment celles qui sont relatives à la préservation de la biodiversité.
 
« III.-Les informations susmentionnées susceptibles de porter atteinte aux intérêts de la défense nationale et de la sécurité publique, au secret industriel et commercial et à tout secret protégé par la loi ne peuvent faire l’objet d’une diffusion au public.  
 
« Art. D. 1338-3.-Les organismes désignés par arrêté des ministres chargés de la santé, de l’environnement et de l’agriculture peuvent contribuer aux mesures mentionnées à l’article D. 1338-2, lorsqu’elles ont une portée nationale. Cet arrêté précise les missions de ces organismes.  
 
« Art. R. 1338-4.-I.-Lorsque la présence d’une des espèces figurant sur la liste prévue à l’article L. 1338-1 est constatée ou susceptible d’être constatée dans le département, le préfet détermine par arrêté les modalités d’application des mesures mentionnées à la présente section de nature à prévenir l’apparition de ces espèces ou à lutter contre leur prolifération, après avis du directeur général de l’agence régionale de santé et du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques et en tant que de besoin de tout organisme susceptible de contribuer utilement à l’élaboration et à la mise en œuvre des modalités d’application.
 
« II.-Les maires des communes concernées peuvent participer aux côtés du représentant de l’Etat à l’élaboration et à la mise en œuvre de ces mesures dans leur ressort.  
 
« Art. R. 1338-5.-Afin de prévenir l’apparition ou de lutter contre la prolifération des espèces figurant sur la liste prévue à l’article L. 1338-1 et qui sont de nature à porter atteinte à la santé humaine, tout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrains bâtis et non bâtis, ayant droit ou occupant à quelque titre que ce soit met en œuvre, dans un délai défini par l’arrêté préfectoral mentionné à l’article R. 1338-4, les mesures déterminées dans ce même arrêté.  
 
« Art. R. 1338-6.-Afin de prévenir l’apparition ou de lutter contre la prolifération des espèces figurant sur la liste prévue à l’article L. 1338-1 et qui sont de nature à porter atteinte à la santé humaine, tout maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entrepreneur de travaux publics et privés se conforme, pour la conception des ouvrages, la conduite et la finition des chantiers, aux prescriptions définies par l’arrêté préfectoral mentionné à l’article R. 1338-4.  
 
« Art. R. 1338-7.-L’autorité administrative compétente peut confier, par convention, la réalisation des mesures définies par l’arrêté préfectoral mentionné à l’article R. 1338-4 à un organisme de droit public ou de droit privé.
 
« Pour les emprises relevant des dispositions de l’article L. 1142-1 du code de la défense, cette faculté est ouverte au ministre de la défense.  
 
« Art. R. 1338-8.-I.-Les collectivités territoriales concernées par la présence de l’une des espèces figurant sur la liste prévue à l’article L. 1338-1 peuvent désigner un ou plusieurs référents territoriaux dont le rôle est, sous leur autorité, de :
 
« 1° Repérer la présence de ces espèces ;
 
« 2° Participer à leur surveillance ;
 
« 3° Informer les personnes concernées des mesures à mettre en œuvre pour prévenir l’apparition de ces espèces ou pour lutter contre leur prolifération en application de l’arrêté préfectoral mentionné à l’article R. 1338-4 ;
 
« 4° Veiller et participer à la mise en œuvre de ces mesures.
 
« II.-En cas de non application ou d’application insuffisante de ces mesures, les référents territoriaux en informent les autorités exécutives des collectivités territoriales dont ils relèvent. En l’absence de diligences de la part de ces autorités dans un délai raisonnable, les référents informent de la situation les agents mentionnés au I de l’article L. 1338-4.  
 
« Art. R. 1338-9.-Le préfet de région s’assure de la cohérence des mesures mentionnées à l’article L. 1338-1 et déterminées dans les arrêtés préfectoraux mentionnés à l’article R. 1338-4 avec les schémas, programmes ou plans concernant la santé ou l’environnement pris en application notamment des dispositions du présent code, du code de l’environnement et du code rural et de la pêche maritime. Il rend compte aux ministres chargés de la santé, de l’environnement, de l’agriculture et de la justice et au ministre de l’intérieur de la mise en œuvre de ces mesures.  
 
« Art. R. 1338-10.-Le fait de ne pas se conformer à l’arrêté pris en application de l’article L. 1338-2 est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. »
 
Article 2
 
 
Le 6° de l’article R. 48-1 du code de procédure pénale est complété par un alinéa ainsi rédigé :
 
« Contraventions en matière de lutte contre les espèces végétales et animales nuisibles à la santé humaine, réprimées par l’article R. 1338-10 du code de la santé publique. »
 
Article 3
 
 
La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, la ministre des affaires sociales et de la santé, le garde des sceaux, ministre de la justice, et le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
 
 
Fait le 26 avril 2017.
 
Bernard Cazeneuve
Par le Premier ministre :
 
La ministre des affaires sociales et de la santé,
Marisol Touraine
 
La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat,
Ségolène Royal
 
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
Jean-Jacques Urvoas
 
Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement,
Stéphane Le Foll
 
Source :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=4576A365884332FAE35D6E416F9FB269.tpdila12v_1?cidTexte=JORFTEXT000034503018&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000034502533

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 17:55

 

TGV-Allan.jpg

 

       À la mise en service de la Ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Marseille en juin 2001, la gare de Montélimar a perdu les trains grandes lignes (Genève-Nice, Vintimille-Strasbourg et Metz notamment) ainsi que les liaisons directes en TGV pour Marseille, Lyon, Nîmes et Montpellier. Dans le projet de réalisation de la gare d’Allan, Montélimar (de même que Valence-ville, Orange, Avignon-centre, Arles…) perdrait deux TGV aller et retour sur les quatre existant actuellement dans chaque sens pour Paris et Avignon ou Miramas. La gare de Montélimar deviendrait essentiellement une gare TER à vocation régionale.

       Le projet prévoit le report des deux TGV aller et retour desservant Montélimar sur Allan tout en y ajoutant deux TGV aller et retour. Ces quatre TGV desserviraient Allan dans les deux sens mais circuleraient en heures creuses vu la densité de circulation sur cette ligne (140 trains par jour). Depuis Allan donc, pas question de se rendre à Paris pour y passer la journée. Le gain global ne serait que deux TGV, si l’on considère la desserte de Montélimar plus celle d’Allan. A quel prix ces deux TGV supplémentaires ? Le coût total estimé est de 230 millions, gare et annexes, aménagements routiers. La Drôme peut-elle s’offrir le luxe d’avoir deux gares TGV ?

       L’État s’est engagé à hauteur de 35 millions, le Conseil général, 15 millions, l’agglomération de Montélimar, 5 millions. La Région Rhône-Alpes est réservée sur le projet. Le coût de fonctionnement de la gare seule, 24 millions annuels, serait à la charge des contribuables ardéchois et drômois. Actuellement il manque quelque 175 millions. La SNCF n’est pas intéressée. Quant à Réseau Ferré de France (RFF), déjà endetté de 29 millions, sa mission première étant de faire face à la rénovation générale du réseau national longtemps délaissé, il n’est pas en mesure de participer autrement que de manière symbolique. La Région Rhône-Alpes a déjà en charge le réseau TER, sa mission n’est pas de développer la grande vitesse. Pourtant 40 ha de terres agricoles ont été acquis par la Sésame. À ce jour 7 millions de frais d’études ont été dépensés !

 

Quels avantages sont avancés par les élus porteurs du projet ?

       Gain de temps : Montélimar-Paris, c’est 2 h 55 en moyenne - Allan-Paris, 2 h 35, différence 20 minutes. Ces 20 minutes seraient largement perdues pour rejoindre Montélimar. Cela pénaliserait le Sud-Ardèche. La gare routière actuelle ne sera pas déplacée. Les bus Montélimar-Dieulefit ne feront pas le détour par la gare d’Allan. En l’absence de connexion directe avec une ligne de chemin de fer, la seule possibilité de rejoindre cette gare se fera en voiture particulière ou en taxis. D’où la nécessité de parkings gros consommateurs de terrains et aux tarifs conséquents. La gare d’Aix TGV, non reliée au réseau classique, a vu la capacité de ses parkings portée de 1100 à 3000 places. D’où un accroissement important de la circulation et la nécessaire transformation du réseau routier avoisinant.

       Création d’un pôle économique autour de cette gare : Montélimar est déjà largement pourvue en zones d’activités. Où sont les zones prévues autour des gares TGV du Creusot, de Haute-Picardie, de Lorraine ? Inexistantes. La densité de population et l’activité économique dans un rayon de 25 Km autour de Montélimar sont insuffisantes pour générer un pôle économique à 60 Km seulement de Rovaltain situé au centre du triangle Romans-Valence-Tain l’Hermitage, zone déjà bien industrialisée.

Inconvénients

       Contraintes techniques : elles sont très importantes, création de deux longues voies latérales avec entrée à 170 km/h. Chaque arrêt allongerait le trajet de 11 minutes. Quelle est la garantie de la pérennité de ce service ? Perte de terres agricoles. Augmentation du trafic routier. Isolement. Absence de liaison au réseau ferré. Pénalisation des voyageurs ardéchois et montiliens.

       Contraintes financières : Un coût exorbitant au vu du service rendu et en période de difficultés financières. Alors que les milliers d’usagers quotidiens ne cessent de dénoncer la dégradation de la qualité du service, matériel obsolète à part quelques TER récents, inconfort surtout en été, retards fréquents, suppressions de dernière minute, l’argent public serait mieux employé à améliorer cette situation. Il faudrait aussi créer des liaisons TER avec Avignon TGV, remettre en service voyageurs la ligne rive droite du Rhône pour désenclaver l’Ardèche.

       En conclusion, ce projet déjà ancien est, certes, un bon argument électoral. Ne serait-ce pas plutôt un rêve de gare, une chimère. Mais une bonne gestion du territoire suppose que ces implantations ne peuvent pas obéir aux simples souhaits de communes, villes, communautés ou institutions locales, sans avoir été analysées dans le cadre de réflexions sur l’aménagement régional et national du territoire. Les projets de gares TGV extra-urbaines non reliées au réseau ont montré leurs limites, notamment sur la récente LGV Est Paris-Strasbourg*. La nouvelle gare TGV de Louvières située au milieu des champs de betteraves et desservie uniquement par des taxis et des voitures particulières, est abandonnée faute de fréquentation. Une autre gare est en construction à Vandières au croisement avec la ligne classique. La SNCF et les collectivités privilégient maintenant pour les nouvelles LGV Ouest, en particulier Tours-Bordeaux, le passage dans les gares centrales. Ce sont des pôles d’échanges intermodaux incontournables.

       La gare TGV d’Allan serait-elle l’Arlésienne de la Drôme provençale ?


 

*Voir Article du Figaro :

http://www.lefigaro.fr/societes/2013/02/12/20005-20130212ARTFIG00405-tgv-est-le-risque-de-construction-de-gares-fantomes.php

 

 

Source : Rapport (66 pages) réalisé pour la Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (DIACT) par la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) consultable à l’adresse :

http://www.fnaut.asso.fr/images/docs/dossiers/db08garestgvextra.pdf

 

                                                                       Ch. de Pontcharra

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 17:17

 

       En lançant chaque année une campagne de sensibilisation du public sur un thème plus ou moins précis, le Programme des Nations Unis pour l'Environnement a déclaré 2011 « Année internationale de la forêt ».

Force est de constater que nos forêts tempérées européennes se portent plutôt bien, en particulier celles de France puisqu'elles couvrent 30% du sol de notre pays. La Drôme est bien pourvue avec 43 % de la surface du département. Entre les deux inventaires forestiers de 1973 et 1992, les formations boisées se sont accrues de 45 000 ha ; ce chiffre cache des inégalités suivant les régions : la forêt a reculé dans les plaines rhodaniennes, par contre, elle a gagné du terrain partout ailleurs, là où le relief accentué défavorise l'agriculture intensive. La connaître et l'aimer, c'est commencer à la protéger, c'est notre poumon vert. Elle stocke le carbone, entretient l'humidité et l'humus du sol avec sa cohorte de micro-organismes et champignons. La forêt régule le débit des torrents après de grandes pluies par rétention d'eau et permet, mieux que d'autres types de végétation, la pénétration d'eau épurée et filtrée dans le sol pour l'alimentation des nappes évitant ainsi le ravinement. C'est un habitat pour un grand nombre d'espèces animales et végétales qui profitent de la fraîcheur et de conditions idéales pour se développer et faire notre bonheur lors de nos ballades à pied.

 

feu-de-bois.jpg

 

       La filière bois énergie

      De tout temps, l'homme a utilisé le bois pour construire et se chauffer, de façon intensive, à la limite du raisonnable. Dès le XIVe siècle apparaissent les premiers mouvements pour sauvegarder la forêt avec la création en 1346 de l'Administration des Eaux et Forêts.

       De nos jours, le spectre de la raréfaction des énergies fossiles nous replonge dans la problématique de la filière bois-énergie. L’État incite les industriels a se convertir.

Dans la Drôme le problème est accentué par la fermeture de l'usine Eurodif qui enrichissait de l'uranium en générant de l'eau chaude issue de son système de refroidissement. Ce réseau de chaleur est utilisé pour chauffer des logements sociaux (2 400 foyers), des serres agricoles (41 ha) ainsi qu'un élevage de crocodiles. Mais à partir de 2012, Eurodevise utilisera une nouvelle technologie par centrifugation qui ne produira plus d'eau chaude valorisable. Pour trouver rapidement une solution permettant de continuer à fournir de la chaleur à bas prix, il a été décidé de construire une centrale de cogénération biomasse qui consommera 150 000 tonnes de bois par an.

D'où viendra ce bois ? Les filières locales sont-elles en capacité de fournir une telle quantité de combustible ? Ce projet ne risque-t-il pas de bloquer la réalisation de petites unités locales écologiquement souhaitable ? Quel sera le mode d'exploitation des massifs boisés?

 

       D'autres projets locaux

       À Laveyron, la papeterie Eymin-Leydier va se doter aussi d'une centrale biomasse (200 000 t /an) avec un rayon d'approvisionnement de 150 km. À ajouter Tarascon, Gardanne...

      Aucun plan de gestion de la ressource d'approvisionnement n'a été sérieusement étudié, va-t-on rejoindre les pays à forte déforestation avec des spéculateurs totalement détachés du devoir patrimonial et d'une vision à long terme propre à la gestion forestière ?

      Notre forêt drômoise risque de pâtir de cette course à la recherche d'énergies renouvelables.

       Si le soleil nous fournit instantanément des calories lorsqu'il brille, la forêt met plus de 40 ans pour se renouveler. Restons vigilants...

 

                                                                  Michel REBOUL

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 11:19

 

zonage_2010_1-df48a.jpg

 

       Afin de se mettre en conformité avec la réglementation européenne (Eurocode 8) concernant la prévention des risques sismiques, la France s’est dotée, par décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010, d’une nouvelle carte des zones de sismicité comprenant une échelle de 1 à 5. Ce décret est applicable dès le 1er mai 2011. Il est complété par deux autres textes législatifs : le décret no 2010-1254 du 22 octobre 2010 (prévention du risque) et l’arrêté du 22 octobre 2010 (règles de construction parasismiques).

       Conséquence : Au lieu de 5 000 communes classées auparavant ce sont maintenant 25 000 qui sont concernées en France. La Drôme quant à elle voit la totalité de ses 369 communes classées en zone 2 à 4 au lieu de 147 précédemment. La zone 5 concerne les Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe.

       Les règles de construction antisismiques ne concernent pas la zone 1 mais sont applicables aux nouveaux bâtiments dès la zone 2. Il s’ensuivra un renchérissement des coûts de la construction.

       Désormais, tous les maires seront tenus d’informer leurs administrés sur les risques sismiques de leur commune, via le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Toute personne qui vend ou loue un immeuble devra annexer au contrat de vente ou de location un état des risques naturels et technologiques et déclarer les sinistres indemnisés suite à un événement reconnu comme catastrophe naturelle ou technologique.

                                                          C. de Pontcharra

 

Sources :

http://www.legifrance.gouv.fr

http://www.planseisme.fr/Zonage-sismique-de-la-France.html

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 10:46

 

       Les gaz de schistes sont des gaz fossiles étroitement mêlés aux schistes ou aux marnes de l'époque du Lias, roches poreuses situées entre 3 000 et 3 500 mètres de profondeur. On les trouve, entre autres, dans notre région et le début des explorations est prévu dès 2011 autour Villeneuve-de-Berg, puis dès 2012 autour de Valvignères et Montélimar. Ces sites ont été choisis pour être les premiers en Europe, bientôt toute concernée, alors qu'aux USA et au Canada, le désastre est déjà bien avancé et fait du bruit. De plus, les permis d’exploration délivrés en mars 2010 ont été exemptés de l’étude d’impact environnemental qui aurait normalement dû être obligatoire.

     On extrait ces gaz en effectuant un forage vertical jusqu’à 3 000 mètres de profondeur, puis jusqu'à huit forages horizontaux jusqu’à 1 500 mètres à partir de chaque puits vertical. On y envoie de grandes quantités d’eau sous très forte pression, additionnée de plusieurs centaines d’adjuvants et de sable, afin de fracturer les roches et de libérer le gaz. Il faut l'équivalent du volume d’eau contenu dans 6 piscines olympiques d'eau par puits de forage. L’eau serait acheminée depuis le Rhône par camion, soit environ 800 camions par puits et l’on parle déjà de plusieurs dizaines de puits.

       Le débat qui s’anime aujourd’hui autour de ces permis d’exploration délivrés, se situe au-delà des clivages politiques, et doit continuer à rester politiquement neutre. Il s’agit de la planète et des générations futures. De nombreuses communes ont voté un moratoire contre l’exploitation de ces gaz depuis le début de l’année. Alors quels en sont les dangers ?

        Tout d’abord, une pollution de l’air par la combustion des gaz excédentaires dans une torchère. Les produits chimiques utilisés pour la fissuration y seront mêlés même si un bon nombre d’entre eux sont dangereux pour l'environnement et les organismes vivants. De plus, pendant la longue phase d'exploration, les gaz extraits des forages seront brûlés sur place car il n'y aura pas de raccord pour les acheminer vers des collecteurs.

       Ensuite, une fracturation trop intense par une mauvaise estimation de l’épaisseur des roches poreuses à 3 000 mètres, entraînera une communication entre la roche fracturée et d’autres couches géologiques voisines, dont d’éventuelles nappesGasland.jpg phréatiques. De plus, il peut y avoir une mauvaise étanchéité du forage traversant forcément les nappes phréatiques, par fissuration du conduit béton. Ces derniers risques majeurs ont malheureusement été observés aux Etats-Unis et au Canada (voir le film gasland)

       Alors même qu’on parle de réduire les gaz à effet de serre et notre consommation en énergie fossile, l’extraction des gaz de schiste est très coûteuse en énergie et extrêmement polluante. De plus, la technologie étant américaine, la France est tributaire en grande partie de firmes américaines pour réaliser ces extractions. Pour la phase d'exploration du site de Villeneuve de Berg, 40 millions d'euros ont été débloqués par la firme intéressée. Un tel investissement laisse prévoir de gros profits financiers.

       La phase d’exploration de 2011 à 2013 utilise les mêmes méthodes que la phase d’exploitation, prévue à partir de 2013. Il est important de soutenir la mobilisation car imaginez-vous acheter du vin d’Ardèche, des olives de Nyons, des légumes bio du Larzac produits à proximité d’un derrick et arrosés avec une nappe phréatique contaminée ? Et ne boire plus que de l’eau en bouteilles… provenant d’une source qui jaillit bien, elle aussi, de terre ?

                                                                                      Dominique Rault

 

Site recommandé :

http://www.nonaugazdeschiste.com

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:28

 

ambroisie.jpg

 

         L’Ambrosia artemisiifolia, appelée aussi absinthe du Canada ou herbe de la St Jean, est originaire d’Amérique du Nord. Elle est arrivée en France en 1863 dans un lot de semences et a colonisé tout le territoire car elle est peu exigeante et connaît peu de plantes concurrentes. Son pollen, de forme sphérique, hérissé de pointes, mesure 20 microns de diamètre. Un gramme de pollen représente 90 millions de grains. En prolune cover013moyenne un plant peut émettre plusieurs millions de grains par journée. Les allergies peuvent se déclencher à partir d’une concentration de 5 grains par mètre cube d’air.

       Si sa présence est restée discrète jusqu’aux grands travaux d’aménagement du territoire, dès 1945 elle s’est mise à proliférer en colonisant les terrains mis à nu : voies de communications, terrains en friche, zones pavillonnaires, chantiers de travaux publics, zones de stockage de matériaux, espaces verts, terrains agricoles, lits des rivières, digues… La graine d’ambroisie enterrée a une durée de vie de dix ans. En déplaçant d’énormes quantités de terre l’homme est responsable de sa dissémination. En effet les zones à faible densité de population sont peu concernées, l’Est de la Drôme par exemple.

       La région Rhône-Alpes, vallée du Rhône essentiellement, est en France la plus touchée. Chaque année les allergies dues à l’ambroisie touchent 10% de la population crbst Ambroisie Par 0001 Imagefrançaise, (Allemagne et Pays-Bas 14 %, Danemark 20 %, Hongrie 59 % !), soit plus de 47 000 personnes pour la Drôme, 500 000 en Rhône-Alpes, provoquant rhinites, trachéites, conjonctivites, otites, asthme, eczéma, urticaire, et cela à vie pendant la période de pollinisation, août et septembre. Le coût humain et financier est considérable, consultations, médicaments, arrêts de travail, hospitalisations. Celui-ci est estimé par l’URCAM à 9 000 000 d’euros annuels en Rhône-Alpes. Pour les personnes atteintes ces deux mois sont très difficiles à vivre. Les traitements sont peu efficaces et souvent le généraliste ou l’allergologue vous conseillera de quitter la région. La solution est environnementale et non médicale.

       Actuellement les moyens de lutte sont l’arrachage, le fauchage, le broyage, le désherbage chimique avant la floraison qui débute fin juillet. Des mesures préventives existent : installation de membranes textiles, les paillis, la végétalisation. Des expériences de pacages de moutons sur 60 ha ont été réalisées avec un certain succès depuis 2004 dans la réserve naturelle des Ramières sur les bords de la Drôme.

       Un arrêté préfectoral spécifique à la lutte contre l’ambroisie a été publié dès mai 2001. Son application s’est révélée délicate, les maires rechignant à verbaliser leurs administrés, les agriculteurs invoquant souvent le  manque de moyens.

       Dans la Drôme sous l’impulsion de l’ARS (Agence régionale de Santé) Rhône-Alpes et d’associations très actives comme l’AFEDA depuis trente ans, « Stop ambroisie » depuis dix ans, et plus près de chez nous « Vents libres sur nos collines » notamment, cette année 2010 la lutte contre l’ambroisie a franchi un grand pas en avant : Un comité de pilotage s’est réuni le 4 mai à la Préfecture, un plan départemental d’actions a été présenté le 16 juin aux présidents de communautés de communes, aux maires. Les axes forts de ce plan sont la nomination de référents communaux ambroisie et la constitution de cinq groupes de travail thématiques : réglementation, communication, routes/zones urbanisées, domaine agricole, rivières/cours d’eau.

       Dès septembre 2010 grâce à une forte mobilisation territoriale à tous les niveaux des résultats encourageants, quoique mitigés, ont été constatés : 50 % des communes ont nommé un référent communal, 27 % de celles-ci ont fourni un bilan de leur action aux services de l’État. Qu’en est-il de Puygiron ?

     Pour la Sésame, d'après l'A.R.S. (Agence régionale de Santé) Rhône Alpes, 12 communes sur 15 ont répondu à cette mobilisation sauf : La Touche, Portes en Valdaine et... Puygiron !

        La lutte contre l’ambroisie est un enjeu de santé publique, c’est l’affaire de tous et la responsabilité de chacun.

                                                                                 Christian de Pontcharra

Références :    

       

 www.ambroisie.info

www.stopambroisie.com/fr/

www.rnsa.asso.fr

www.ars.rhonealpes.sante.fr

www.ambroisie.info/docs/Arrete_Ambroisie_DDASS_26.pdf

www.ecosociosystemes.fr/ruderales.html




 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 17:05

 

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       On entend par « corridor rivulaire » une bande de terrain le long d'un cours d'eau, dont la végétation naturelle boisée ou « ripisylve » est influencée par la rivière et intéragit avec elle. Sa largeur dépend beaucoup du fonctionnement hydrologique. En condition naturelle, il s'agit d'un interface entre milieu terrestre et aquatique, biologiquement très riche, et dont la structure arborescente favorise la connexion entre différents habitats. Véritable colonne vertébrale ils permettent les déplacements nécessaires aux échanges génétiques entre les individus d'une même espèce, favorisent la diversité des écosystèmes. Ils constituent une zone tampon qui protège la rivière et participe à la régulation qualitative et quantitative des eaux. Ils ralentissent l'écoulement de l'eau pendant les crues et retiennent les sédiments.

       L'association d'une bande boisée en bordure de rivière et d'une bande enherbée au contact des espaces cultivés permet d'optimiser les fonctionnalités écologiques des corridors rivulaires. Les arbres en bordure de rivière modifient sensiblement la morphologie du lit et ont aussi un rôle majeur de diversification des habitats aquatiques. En automne, les feuilles tombent et nourrissent la rivière. C'est une ressource alimentaire directement broutée par les vers, mollusques, spongiaires, hydracariens et surtout insectes très souvent sous forme de larves. Les arbres donnent de l'ombre et entretiennent un microclimat autour de la rivière, ce qui limite l'échauffement : quelques kilomètres de corridor boisé peuvent ainsi réduire de 2 à 4 degrés la température estivale d'une rivière.

       La stabilisation des berges par les racines entraîne un approfondissement du chenal favorable aux poissons et génèrent des micro-habitats favorables aux invertébrés. Conjugué à une bande enherbée ils régulent l'écoulement des eaux pluviales, filtrent les polluants diffus (nitrates phosphore, pesticides). Une bande rivulaire de 10 à 20 m de large permet une épuration correcte, supérieure à 80 % du flux de ces polluants. Les corridors protègent aussi les cours d'eau contre la pulvérisation des produits phytosanitaires, mais ils ne sauraient à eux seuls régler le problème des pollutions d'origines agricoles.

       La fonction de connexion assure la circulation et la dispersion de nombreuses espèces sur de vastes superficies alors que les conditions écologiques dans les milieux adjacents sont souvent hostiles. Le maillage de notre territoire par les rivières depuis leur source et jusqu'à leur embouchure avec les fleuves qui les reçoivent représente d'importants couloirs de circulation qui traversent des espaces « hostiles » agricoles ou urbains. Il faut assurer une continuité ininterrompue pour faciliter ses traversées. Fil conducteur pour de nombreuses espèces en transition qui les utilisent lors de leurs migrations d'automne et de printemps surtout lorsque leur orientation est Nord Sud. Nous pouvons observer dés la mi-février le passage des cigognes remontant vers le Nord par la vallée du Rhône. Cette fonction de connexion est particulièrement importante dans les paysages européens très fragmentés. Le Rhône par exemple joue un rôle au niveau régional et suprarégional en renforçant le maillage des zones alluviales préservées. Cela est d'autant plus important que le sillon rhodanien présente naturellement une connexion biologique entre les zones méditerranéennes et celles plus septentrionales et constitue un axe majeur pour la migration des oiseaux d'Europe occidentale d'Espagne vers les pays nordiques. Il fait le lien entre les espaces protégés depuis la Camargue, Gorges de l’Ardèche, réserve de chasse de Donzère Mondragon, Micronat à Châteauneuf, réserve des Ramières, Printegarde, Platière... Ces haltes migratrices sont des havres de paix riches en zones humides avec leur biotope. Elles voient passer chaque année des oiseaux migrateurs comme les hérons arboricoles, cormorans, balbuzards, milans, grue cendrée... La végétation exubérante, les nombreuses lianes comme le houblon, la clématite, la vigne, le lierre, la salsepareille sont particulièrement favorables aux oiseaux comme habitat de reproduction Les sous-bois souvent riches en buissons et arbustes favorisent la pénétration de la lumière et sont habités par de petits passereaux insectivores, rouge-gorge, pouillot, fauvette, rousserolle qui profitent de la forte productivité en insectes de ses forêts alluviales. Les espèces de bois tendres à croissance rapide comme les saules, peupliers, aulnes abritent le pic épeichette, la mésange boréale, la chouette chevêche et diverses chauves-souris qui chassent les phryganes au-dessus de l'eau au crépuscule.

       L'aménagement du Rhône géré par la CNR, la gestion des rivières confiée à des syndicats se substituent aux riverains souvent dans l'impossibilité de remplir leur devoir. En concertation avec les utilisateurs du milieu, pêcheurs, chasseurs, loisirs, riverains et associations de protection de la nature, ils permettent aux acteurs locaux de participer avec vigilance aux programmes d'actions. CLE (Commission locale de l’eau), SAGE (Schéma d’aménagement et de la gestion de l’eau. Contrats de rivière. La Frapna par ses adhérents ses groupes locaux apportent sa contribution à l'édifice.

       N'oublions pas que la France s'est engagée d'ici 2015 à travers la Directive Cadre sur l'Eau à faire un effort pour que nous puissions retrouver des rivières présentant « un bon état écologique ». Une véritable révolution culturelle de l'eau doit se faire jour pour atteindre ces objectifs ambitieux.

 

                                                                                Michel Reboul

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 16:42

 

       À Puygiron, les 18 et 19 septembre derniers, la FRAPNA et l’association Puygiron-Nature-Environnement, en collaboration avec la municipalité, ont organisé diverses activités autour de la sensibilisation à la protection de l’environnement, sur différents lieux de notre commune.

       Une première randonnée nature était organisée au départ de Puygiron, sur la journée de samedi, en compagnie de Bernard Boutin de l'association Vercors-Nature avec découverte et observation de la faune et de la flore sur notre petit territoire.

       Un deuxième groupe de marcheurs est parti l’après-midi visiter l’exploitation bio de Jérôme Noyer (voir portrait sur le Giron n° 16 de juillet 2009) située aux limites Est de la commune. Jérôme les a reçus avec beaucoup de gentillesse et leur a raconté passionnément comment il travaillait en fonction « du temps qui passe et du temps qu’il fait ». Il leur a expliqué, entre autres, pourquoi il avait choisi la culture du soja et de la semence de tomates « coeur de boeuf » et pourquoi il faisait pousser du trèfle, fixateur d’azote, au milieu de son colza, en prévision de sa prochaine culture de blé. Les légumes que Jérôme cultive sont vendus au magasin bio « Au plus pré » à la Laupie, qui s’approvisionne auprès de plusieurs agriculteurs bio de la région.

        Pendant ce temps, un après-midi familial et convivial se déroulait à la salle des fêtes. Des stands de jeux et des ateliers autour du développement durable, des énergies renouvelables et de la protection de l'environnement accueillaient les enfants et leurs parents avant le spectacle « Le Bouff'Terre » donné par le Théâtre des Migrateurs. En menant des actions de sensibilisation par l’expression artistique, le Théâtre des Migrateurs nous a proposé un « Lever de rideau sur la planète », un projet éco-artistique, pour poser un nouveau regard sur son environnement et apprendre à le protéger et à le valoriser. Cette action avait tout d’abord commencé en janvier 2010 par des ateliers d'expressions artistiques dans les écoles et MJC de la Sésame, du Pays de Dieulefit et du Pays de Marsanne. Les enfants s’y étaient exprimés sur le thème des quatre éléments, Eau, Air, Terre et Feu et leur rapport à la planète ! Le projet se terminait par la présentation du spectacle « Le Bouff'Terre » qui s'est inspiré des réflexions et créations des enfants !

       Dans l’océan, la sirène pleure car il y a un monstre qui mange tout, même son monde. Et quand il n’y aura plus d’eau… il n’y aura plus de clapotis, il n’y aura plus de farandole... Une musicienne et trois comédiens ont repris le texte écrit par les enfants, et ont joué sur la mer salie de détritus qui prendront une deuxième vie bien éphémère... Nous avons été séduits par les mots des enfants si souvent justes et par les effets visuels d’une grande poésie et parfois burlesques. Nous avons adoré le fait que l’espace des spectateurs entoure la scène au même niveau et de ce fait, pouvoir observer les réactions des plus jeunes a été tout aussi réjouissant !

       Un apéritif (bio bien sûr !!!) a été offert à tous les participants et la journée du samedi s’est terminée par une conférence sur les abeilles, donnée par M. Barbançon, apiculteur à Puygiron (voir son portrait sur le Giron n° 17 de janvier 2010) et président de la Fédération nationale des Organisations sanitaires apicoles départementales. M. Barbançon nous a présenté les dangers dus à l’utilisation des pesticides sur tous les insectes pollinisateurs et tout spécialement sur les abeilles. On a observé sur des zones de cultures intensives, que des abeilles étaient désorientées, travaillaient de manière incohérente, désertaient leur ruche, et parfois mouraient. (Voir photo d’un tapis d’abeilles mortes devant une ruche). M. Barbançon nous a particulièrement alarmés sur un point essentiel : si des espèces pollinisatrices disparaissaient, disparaîtraient directement des espèces de fleurs et d’arbres. Malheureusement, la pression des industries chimiques et la dilution de la responsabilité des commissions d’État due aux remplacements répétés des chargés d’affaires ne ralentissent pas les phénomènes observés, bien au contraire. Il semble donc important que la société civile soit informée pour, peut-être, effectuer une pression politique…

       Le lendemain matin, des animations pour les enfants de 6 à 12 ans avec Thomas, éducateur à l'environnement de la FRAPNA Drôme, ont été proposées : observation de la faune au bord du Jabron... Quant aux adultes, ils pouvaient faire une promenade découverte de la ripisylve du Jabron par les sentiers de la future voie verte avec Michel Reboul, président de la PNE. Le groupe a pu observer notamment des traces de castors.

       L’après-midi, on pouvait admirer une expo photo de jmb sur la nature et cartographique à la chapelle St Bonnet, en écoutant des lectures sur le thème Solidarité et Territoires par le Théâtre des confidences.

       Merci à toutes les personnes grâce à qui nous avons passé un week-end enrichissant et convivial !

 

                                                                          Dominique Rault

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 12:31

 

       Le risque d'allergies aux pollens d'ambroisie sera élevé en Isère, dans le Rhône et dans la Drôme (Rhône-Alpes) au de la semaine du 20 au 27 août prochain, selon le dernier bulletin allergo-pollinique du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), publié vendredi 20 août. Selon les experts du RNSA, le risque allergique pourrait même atteindre son maximum en cas de périodes fortement ensoleillées.


       Les pollens d'ambroisie séviront également à Bagnols-sur-Cèze (Gard), à Coux (Ardèche), à Vichy (Allier), à Nevers (Nièvre), à Nîmes (Gard) et à Avignon (Vaucluse) avec un risque allergique faible à moyen. Les personnes allergiques sont invitées à suivre leur traitement ou à consulter leur médecin traitant pour réduire les risques de conjonctivite, de rhinite et de crises d'asthme.

       La zone méditerranéenne devra également composer avec un risque allergique moyen aux pollens de pariétaire.

 

Source : Relaxnews

 

 

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 10:03

 

       L’usage des pesticides a participé, depuis une cinquantaine d’années, au formidable essor des productions agricoles françaises. Cependant, il est maintenant reconnu que la plupart des milieux (air, eau et sol) sont contaminés, et les conséquences environnementales de ces contaminations sont encore difficiles à évaluer (en France tous les sols agricoles sont contaminés à un faible niveau). La présence de ces polluants peut engendrer divers effets sur les écosystèmes  et la santé humaine en diffusant des eaux de surface et souterraines vers les plantes, les animaux et in fine l’Homme. Du fait de ces possibles impacts sur la santé humaine, le Ministère de l’Agriculture, et plus largement l’Europe, a lancé en 2007 un plan de réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 2018 (Plan EcoPhyto 2018). Plus d’une centaine de chercheurs et experts issus de divers organismes (Université, INRA, Chambres d’Agriculture…) sont impliqués. Ce plan s’appuiesur diverses actions telles que agir sur les pratiques agricoles pour minimiser le recours aux pesticides et améliorer la connaissance des impacts sanitaires et environnementaux de ces produits. Bien que l’arboriculture fruitière ne représente que 1% de la surface agricole utile en France, 21% des pesticides y sont appliqués. Le Sud-Est, représente la première région fruitière de France. Aujourd’hui, le secteur de l’arboriculture connaît une crise qui s’aggrave depuis 2005. Parmi les raisons de cette crise, on compte l’apparition de résistances chez les ravageurs, des troubles de la reproduction chez les oiseaux, le déclin des abeilles et l’apparition d’impacts sur la santé humaine. En particulier la santé des agriculteurs suscitent de vives interrogations depuis qu’une étude épidémiologique a établi en 2009 un lien entre la survenue de la maladie de Parkinson et la durée d’exposition aux pesticides.

       Réduire de 50% l’usage des pesticides signifie changer de système de production. Actuellement 3 pratiques culturales sont utilisées : l’agriculture conventionnelle (traitements chimiques systématiques et préventifs), l’agriculture raisonnée (limitation des traitements en introduisant des méthodes de luttes biologiques ou de confusion sexuelle pour lutter contre le papillon ravageur des pommiers) et l’agriculture biologique (aucun intrant chimique). Dans les vergers, l’abondance et la diversité des oiseaux sont trois fois plus élevées en AB qu’en protection conventionnelle, l’agriculture raisonnée étant intermédiaire. Ce rapport s’accentue si on ne considère que les oiseaux insectivores, pour lesquels les vergers AB semblent constituer un habitat aussi favorable que les milieux naturels non perturbés.  La diminution des populations d’oiseaux dans les vergers chimiques est essentiellement liée à un fort taux d’abandon des nids par manque de nourriture. Parallèlement, le déclin des abeilles ne peut être attribué aux seuls systèmes de protection des cultures. En particulier, on sait que l’immunité des abeilles augmente avec la diversité des espèces végétales butinées. Il devient donc nécessaire de développer des systèmes de jachères fleuries qui favorisent la diversification des espèces végétales.

                Faire évoluer l’agriculture conventionnelle vers l’agriculture raisonnée permettrait une réduction des pesticides de seulement 6 % en arboriculture (contre 35 % en grandes cultures). D’autres systèmes de culture doivent donc être développés. Les aménagements paysagers comme la mosaïque de cultures et les haies brise-vents améliorent la biodiversité animale. Le maintien et la diversification végétale des haies brise-vent présentent donc un fort intérêt agronomique et environnemental. Résoudre l’énigme, c’est trouver le moyen de favoriser les propres capacités de défense et d’autorégulation des milieux.

                                                                Magali Rault, INRA, Avignon

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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
  • Contact

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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