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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 11:16

      Giron-n-5-0269.JPG

                                                             Puygiron Art Festival  2012 - Cour du Château


       Nous savons qui nous sommes, nous savons ce que nous voulons. Cela paraît si simple d’énoncer à voix haute ou d’écrire ces quelques mots. Pour qu’ils correspondent à un véritable état de conscience lucide que de chemin parcouru pour les hommes et les femmes qui peuvent prétendre à un regard juste sur eux-mêmes et le monde. C’est le fruit d’une quête, d’une vie, un apprentissage. Pourquoi sous beaucoup de gouvernements autoritaires la sociologie n’était pas enseignée, ni la philosophie et la psychanalyse demeurait interdite ? On le sait bien. Afin que le jeune individu ne prenne pas conscience des manipulations, de la langue de bois, de la tutelle dans laquelle on l’installe. Chez nous et ailleurs, dans les pays des libertés, trop souvent triomphe l’incapacité à se déterminer, à saisir la voie qui est la bonne, au milieu de la cacophonie des discours médiatiques touchant tous les domaines de la société, du politique aux loisirs.

       On fête aujourd’hui le dixième anniversaire de notre modeste bulletin Le Giron et il semble opportun de rappeler que l’une des motivations du petit groupe des fondateurs était bien de stimuler la prise de conscience de la réalité de ce que l’on vit, de ce qui est aussi proposé aux citoyens dans son environnement immédiat et lointain, comme de l’amener à dire ce qu’il en pense. Dire c’est déjà agir. Le verbe est maître, il crée du réel, il le modifie.

        Souvenez-vous de la réplique de Phèdre (Racine) à sa nourrice Œnone prononçant le nom d’Hippolyte après la confession que la jeune reine faisait de son amour pour son beau-fils mais sans jamais le nommer. C’est toi qui l’as nommé ! Eh oui quand le mot est là, il concrétise, fait vivre la chose.

       L’une des actions émergentes de ces dix années est sans doute la création de la bibliothèque de Puygiron à l’initiative de Danielle Jean, que nous regrettons tant, et Ghislaine Teyssier. Cette information n’est pas sans lien avec ce qui précède car nos deux amies pensaient avec nous que la construction de soi, l’avènement d’une pensée lucide et libre, n’étaient pas sans relation avec la pratique de la lecture, la fréquentation des bons auteurs, romanciers, poètes, historiens, philosophes. Les enfants étant les destinataires privilégiés de cette initiative.

       Nous savons que nous avons avec nous beaucoup de lecteurs heureux de voir formulées des analyses sans prétention sur des sujets touchant à leur vie, même à leur quotidien. Ils aiment aussi retrouver la mémoire d’un passé récent à travers les interviews de personnes d’un certain âge. Nous souhaiterions d’ailleurs qu’ils nous écrivent et nous proposent aussi des sujets qui les intéressent, qu’ils peuvent traiter ou nous demander de le faire. Retrouver l’esprit des communautés villageoises d’autrefois tel que nous le fait entrevoir Madame Brunet interviewée dans ce numéro, certes, paraît difficile, mais inventer dans des conditions de vie complètement différentes, une forme de solidarité à travers une meilleure communication entre les personnes, n’est pas insurmontable si chacun en éprouve le désir et la nécessité. C’est le souhait des fondateurs du Giron en cet anniversaire.

                                                             Nicole de Pontcharra

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 16:08

 

  PUYGIRON TGV photo Gilles CHABOT

 

                                                    Photo prise  depuis le TGV à 300 Km/h par Gilles Chabot

 

Le temps des cerises


       C’est le printemps, et nous sentons tous avec la croissance de la lumière, la chaleur précoce, les ondées, l’éclosion des fleurs, la présence des villageois dans les rues, les enfants qui jouent dehors, ce renouveau qui, chaque année, à la sortie de l’hiver, donne du bonheur. Retour cyclique de la sève dans les rameaux, de l’accélération du sang dans les veines. Tout nous porte vers l’avenir de l’été et des saisons à venir avec l’espoir que le futur sera exempt des lourdeurs du passé. Car chaque fois que l’on se tourne vers l’avenir c’est en même temps une reconsidération du temps écoulé qui nous envahit. Même si le printemps revient chaque année. Est-ce vraiment le même printemps qu’il y a cinquante ans ? Cinquante ans pour prendre date. Pour nous Puygironnais il y a la même ligne de collines, les champs de lavande et leurs couleurs raffinées, la vue sur les Préalpes bleutées ou blanchies par la neige, des repères sûrs. Mais si l’on s’attarde un peu plus, l’on voit et l’on entend le TGV qui a apporté beaucoup de confort pour les voyageurs. En même temps le bruit engendré par son déplacement domine parfois le chant des cigales. Les vieilles maisons du village se transforment en appartements. Le mode de vie change. Jusque-là rien de très inquiétant pour nous qui, dans l’ensemble, vivons un quotidien plutôt quiet quand il n’est pas perturbé par la maladie ou le deuil. C’est l’état du monde qui change, son économie, les mentalités. Et les bouleversements de tous ordres, sont souvent dramatiques. La précarité, la violence qui s’installent dans de nombreux pays du Sud modifient notre regard sur la vie, sur la gestion de la planète. Le vingt-et-unième siècle fonctionne à découvert. Et c’est sans doute ce qui apporte un changement radical dans la vie des terriens où qu’ils vivent. On n’ignore rien. Ni des famines, ni des révolutions, ni des abus de pouvoir et des malhonnêtetés même des hommes qui nous ont gouvernés ou nous gouvernent. Le printemps n’est pas le même car nous sommes moins naïfs sur des problématiques dont la résolution est essentielle. Il y a même une accélération dans la mise en réseau des informations, par la presse, la télévision, Facebook.

       Ce qu’on apprend doit nous engager à protéger ce qui est en notre pouvoir et concerne la santé, l’éducation, le respect de l’homme et de la nature. Il y a cinquante ans on n’imaginait pas voir pointer à l’horizon les quatre tours de la centrale nucléaire de Cruas. Et aujourd’hui comment les regarder en ce printemps où les fleurs de cerisiers nous rappellent la cruauté de la catastrophe japonaise ?

                                                                           Nicole de Pontcharra

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 09:30

 

Vue-aerienne-ancienne-Puygiron.jpg

 

Vivre à Puygiron


       Sans doute avons-nous besoin de vide, d’espace physique et mental pour nous sentir bien, capable de grandir, de nous développer, d’avancer dans la réflexion sur le monde qui nous entoure et sur notre propre destin. Souvent c’est un détail de la vie qui amène à nous poser des questions importantes. En l’occurrence c’est la photo de Puygiron qui ouvre ce Giron, une photo des années passées avant que les arbres ne poussent, avant les modifications du paysage. Il se trouve que par rapport à cette photographie et ce qu’on y voit de l’espace, si ce dernier s’est modifié, la modification s’est faite dans un bon sens : des arbres ont poussé, plantés par la main de l’homme, des buissons, des arbustes ont prospéré. Ce qui est redoutable c’est le bétonnage du vide, l’encagement de l’espace entre des murs. On ne peut éviter d’y penser. On sait que la population augmente, que la terre se remplit, que les villes mangent les campagnes devenant à leur tour des villes. Dans certains romans et films d’anticipation comme 1984 de Georges Orwell la nature n’existe plus, et l’on projette aux enfants les images de ce que fut le monde autrefois avec ses arbres et ses oiseaux. Certes, la nécessité de « lotir » n’est pas à mettre en question. Les fils veulent vivre près de leurs pères ou bien le citadin a besoin de grand air. Mais bientôt il n’y aura plus de grand air et les fils devront s’adapter à la vie dans les cités loin des bocages et des champs. Aussi ce qui paraît être une entreprise irréversible doit-elle être soumise à la plus grande vigilance de tous. Combien d’espace peut-on céder aux lotissements, combien d’arbres est-il raisonnable d’arracher pour que nos enfants et petits-enfants n’aient pas à se programmer des voyages exotiques pour découvrir le silence, l’horizon, les champs de maïs et de lavande, les bois de chênes où se cachent les sangliers et les chevreuils, toutes choses, plantes et animaux, qui semblent acquises de toute éternité. On ne mesure jamais assez, à temps, combien un geste, une décision hâtive peuvent entraîner de conséquences négatives pour la qualité de la vie complètement liée à celle de l’environnement lui-même tellement dépendant des décisions humaines. C’est être pragmatique que de tenir compte de l’ensemble des besoins des hommes et des femmes, en se projetant dans l’avenir d’un village, d’un pays, d’une planète à protéger d’un développement brutal. Il y a certes des incompatibilités fondamentales mais on n’a pas d’autres solutions que d’essayer de résoudre ces mêmes incompatibilités en cherchant des solutions honnêtement et intelligemment. Parfois, dans ces dispositions d’esprit, on y arrive.

                                                                      Nicole de Pontcharra

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 22:09

 

GIiron-18.jpg

 

                                                                                                                     Photo G2K

 

       Nous sommes tous tellement saturés d'informations et de soucis quotidiens qu'interrogés à brûle-pourpoint sur les convictions, les opinions émises, nous ne savons comment extraire des vérités évidentes nous concernant. Aussi est-il utile de s'arrêter, de se poser et de laisser venir ce qui émerge de notre mémoire surchargée. Alors défilent comme un film, images et discours, beaucoup s'effacent, certains restent. Comme pour nous conforter dans notre souci permanent concernant la santé de la planète et celle de la société, convergent des attitudes de plus en plus nombreuses se réclamant d'une autre philosophie que celle du capitalisme sauvage, à travers des films, des émissions, des livres. Va sortir sur les écrans le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global. Je vous conseille d'écouter la bande-annonce. Le peu est convaincant. Des vérités à entendre, sur l'éradication de la classe paysanne pendant la guerre, la fabrication des insecticides à partir de la recherche sur les gaz, et des propositions pour une manière douce de cultiver la terre. Dans le même esprit, Pierre Rabhi, agriculteur et philosophe, un des pionniers de la culture biologique explique, dans son livre récemment publié, La frugalité heureuse, l'absolue nécessité d'une décroissance, pour un mieux-vivre pour tous.

       Ce n'est pas un hasard si toutes ces voix se font entendre plus haut et plus fort qu'il y a quelques années, car elles arrivent aujourd'hui à franchir les barrières du scepticisme et du déni, au vu de toutes les catastrophes qui déstabilisent ou endeuillent la vie de citoyens confrontés aux crises, aux maladies, à la pauvreté. Voix d'Hubert Reeves, d'Albert Jacquard sur France-culture, qui alimentent le courant de la pensée scientifique nourrie d'une utopie humaniste.

        Une dernière information émerge, réconfortante elle aussi, la nomination de Simone Veil à l'Académie française. Une haute distinction du monde des Arts et des Lettres, une unanime reconnaissance de la nation française du courage, de l'intelligence, de la lucidité d'une femme de coeur. Preuve que ces vertus-là ne sont pas encore jugées obsolètes dans notre société.

                                                                               Nicole de Pontcharra

 

 

 

 

 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 18:44

 

Toiture-donjon.jpg                                                                                                 Donjon du Château - Photo C. P.

 

Par le petit bout de la lorgnette

 

       La vie de village est une jolie vie, en ces mois d'automne où la pluie a vivifié les champs et les jardins, où des éclaircies permettent à la maîtresse d'école d'emmener les plus petits des enfants en promenade dans le jardin botanique ou jusqu'à l'aire de jeu. D'ailleurs à ce propos il serait opportun de planter davantage ce jardin, pour en faire un véritable jardin botanique, où un parcours pédagogique renseignerait le promeneur comme les enfants de l'école sur les variétés de thyms, de sauges, de lavandes, de marjolaines ou de rosiers. Avec de petits panneaux explicatifs. On peut s’inspirer d’un bel exemple de jardin botanique, celui de La Garde Adhémar, avec des plantes médicinales et des plantes aromatiques. Agréable à regarder, à respirer, grâce à l'heureux agencement des couleurs, des espèces. Il y a de plus en plus de touristes à Puygiron, l'attrait d'un tel jardin ne saurait leur échapper.

       Jolie vie, avec les enfants de plus en plus nombreux à jouer dans les rues, à faire du vélo, d'où la nécessité de réduire la vitesse des automobilistes avec un panneau posé avant le virage du lavoir, exigeant de rouler absolument au pas dans toutes les rues. Un point noir encore : le carrefour en bas de la côte. Rien ne vient ralentir l'élan de l'automobiliste venant de Montélimar, fonçant sur sa gauche vers le village, mettant en danger celui qui descend et qui n'a aucune visibilité pour tourner sur sa gauche vers St Bonnet. Faut-il attendre un accident grave ?

       Jolie vie, sauf quand le bruit de Top Semences vient gêner le repos des habitants. D'autant plus qu'il n'est pas question de décroissance en ce qui concerne le rendement de l'établissement.

       Des petites choses, mais il est nécessaire de regarder aussi par le petit bout de la lorgnette, car la vie est faite de ces riens qui font un tout, déterminant, au bout du compte, pour les habitants comme pour les visiteurs. Enrichir le patrimoine, qu'il soit bâti ou naturel, sécuriser la vie des enfants, protéger l'environnement des nuisances, voici quelques objectifs pointés parmi d'autres, pour l'année qui se profile.

       Ce qui n'empêche pas de se hausser sur la pointe des pieds pour regarder au-delà des mers et des terres, si chacun cultive bien son jardin, si de jolies vies se préparent dans le monde, avec une terre et un air moins pollués, et de se réjouir de l'anniversaire de grands événements, comme la chute du mur de Berlin.

                                                                                         N. P.

           Publié dans Le Giron n° 17 (janvier 2010)


 

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 17:27


Voir et prévoir

 

       Le monde vit ces derniers mois de grands rassemblements de chefs d'État. Ceux qui gouvernent la planète se retrouvent afin de réfléchir sur l'avenir et l'état de crises. C'est quand il se produit des catastrophes que l'on sonne l'alerte. On peut être désolé du décalage et en même temps on espère toujours que de ces échanges naîtra une vision un peu plus claire de l'avenir. 

       Une vision, c'est ce que l'on attend de toute autorité qui, à petite ou à grande échelle, s'exerce sur une communauté d'hommes et de femmes. Pour avoir une vision il faut un engagement, du charisme, un effort de l'intelligence et de la sensibilité, un regard qui maîtrise aussi les différents paramètres d'une situation donnée. Par exemple, dans le domaine de l'émigration, personne, parmi nos gouvernants, n'a su, quand il était temps, mesurer tous les effets de la politique de regroupement familial concernant les travailleurs émigrés d'Afrique du nord : natalité accrue, difficulté pour les familles plus ou moins analphabètes d'encadrer le travail scolaire de leurs enfants, isolement des populations dans les cités devenues ghettos, une réalité qui a été négligée et a conduit à une situation ingérable ou difficilement gérable.

       Il n'est certes, pas facile d'être voyant. L'est-il d'avantage quand on a sous sa responsabilité un petit royaume, quelques kilomètres de superficie et quelques centaines d'habitants ? Oui et non. Non, parce qu'aujourd'hui, même un petit village est pris dans un réseau d'interdépendances régionales et nationales qui à tous les niveaux rendent la tâche complexe. Oui, parce que les problématiques qui se présentent sont à l'échelle humaine et peuvent se résoudre dans le dialogue avec une petite communauté. Puisqu'on est entré dans le temps des pré-visions on souhaiterait pouvoir imaginer une "causerie" sur Puygiron, à bâtons rompus, avec les habitants et la Municipalité, avec des questions, des réponses, des interrogations, sur tout. Oui tout. L'avenir : l'environnement, le développement, l'école, la voirie, la circulation... Parler des choses avant qu'elles ne deviennent problème. Dire ce que l'on pense, tous. Ce que l'on souhaite pour son village. Dans un esprit de fraternité.


                                                                        N. P.

       Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 21:16

                                                                                                                           Photo C.P. -  26/11/2005 - 17 heures

Paroles de rentrée


       Une année qui commence, avec la rentrée scolaire, les premiers froids et les espoirs malgré les déceptions inéluctables. On ne peut se soustraire à l'image du monde, aux échos qui viennent ébranler la vie de chaque citoyen. Même dans un îlot protégé comme le village de Puygiron, le monstre dont on parle partout "la crise" perturbe l'avenir et les projets les plus simples. D'autant plus que l'on n'y comprend pas grand chose, malgré les explications des spécialistes de l'économie et de la finance. Par contre ce qu'on comprend c'est qu'il y a des floués et des tricheurs. Et que pour ces derniers le mot éthique ne signifie rien. Va-t-on continuer à vivre sans réagir dans une société où l'équité, la solidarité, l'écologie sont bafoués quotidiennement ? A-t-on le choix ? Oui on a le choix, et ils sont nombreux sur les ondes, dans les rues, sur Internet, à exprimer leur rejet d'un monde où l'argent prend le pas sur l'homme et surtout à essayer de construire, parallèlement, avec les moyens du bord et de chacun, d'autres règles, d'autres codes.

       Et nous ici, dans notre communauté puygironnaise, nous glanons quelques bonnes nouvelles, les enfants ont dorénavant une cantine, la maison de Lisbeth est annoncée, une bibliothèque initiée par deux Puygironnaises cherche un lieu encore hypothétique... et un café va s'ouvrir. Des livres enfin pour ceux qui ne peuvent se déplacer jusqu'à la médiathèque de Montélimar, un café où s'asseoir au soleil, aux beaux jours, comme autrefois. Nostalgie d'Henriette Rey et d'Eliane. Il y a une tradition du café à Puygiron, comme dans la plupart des villages de France et cela manque aux habitants comme aux touristes.

       Le restaurant attendu va ouvrir ses portes ? On peut s'en réjouir, en s'entourant de précautions, car il ne faudrait pas que l'ouverture nuise à la vie sereine du village. C'est une opportunité de développement, de convivialité, si les clients, respectueux des consignes se garent sur le parking et ne troublent pas, en sortant, la nuit paisible des habitants. Les automobilistes roulent toujours trop vite, surtout en prenant le virage devant le lavoir. Le premier ralentisseur ne suffit pas. Il en faudrait un de plus, réellement dissuasif.

       Un joli moment à retenir pendant les journées du Patrimoine, la lecture à voix haute par les comédiens de Valentine Compagnie, dans la chapelle St-Bonnet. La belle littérature prenait tout son sens dans ce lieu fait pour la méditation et l'élévation de l'esprit.

       Oublions les discours décevants des politiciens pour retenir les paroles de Sœur Emmanuelle, paroles qui recouvrent des actes réels, en direction des plus démunis. Un autre univers celui-là, qui réconforte quand le premier sape le moral.

       Et avec l'élection du président Obama laissons grandir l'espoir que le monde même politique puisse changer.

                                                                               N. P.

            Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)



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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 18:36




Être un élu


       Il est important de s'interroger sur ses motivations quand on décide de s'impliquer dans une action municipale. Pourquoi vouloir se charger de responsabilités, donner de son temps pour réfléchir à l'avenir de sa cité ? Il est essentiel pour certains individus de pouvoir agir et ne pas toujours "être agis", trouver des solutions concrètes intelligentes pour un développement de son environnement, améliorer la vie de ses concitoyens. Être dans un dialogue vivant avec d'autres individus partageant le même goût pour l'action, poussés par une utopie humaniste susceptible de peser sur les orientations d'une société de plus en plus matérialiste et affairiste. Beaucoup de gens, certes, n'ont pas besoin de cela dans leur vie, même au contraire, ils redoutent d'exprimer leurs opinions, de prendre un risque minimum, celui de fâcher peut-être son interlocuteur, et subissent ce qui se passe, le bon comme le mauvais. Dommage. Car c'est du dialogue et de la contradiction, de la discussion ouverte que naissent les idées justes, les points de vue éclairés.

       S'intégrer à une équipe déjà soudée n'est sans doute pas facile mais la sincérité, les compétences, doivent jouer en la faveur des "nouveaux" qui viennent en toute bonne foi apporter leur bonne volonté et leur expérience pour enrichir la réflexion existante, lui donner encore plus de corps.

       Puygiron change, Puygiron s'agrandit. Plus il y a de monde plus il y a de problèmes, petits et grands. Les lotissements amènent une nouvelle façon de vivre la relation dans le village où autrefois chacun connaissait son voisin, il y a plus d'enfants à scolariser, la circulation n'est toujours pas réglée, les automobilistes roulant trop vite, mettant en danger la vie des enfants, des personnes les moins agiles.

       L'engagement est un acte important et respectable, il ne doit pas être vécu comme une agression mais bien au contraire comme un signe de solidarité pour la recherche d'un "mieux-être ensemble", d'autant plus clair qu'il ne s'agit pas d'individus affiliés à un parti, travaillant par rapport à une idéologie. Travaillant par rapport à des idées, oui. Par rapport à une éthique, oui. La conscience des devoirs de l'homme par rapport à l'homme et à la Nature est le premier état d'une réflexion au service de son pays, de sa ville, du monde. Puisque aujourd'hui chaque parcelle de la terre est pièce d'un puzzle où chacune d'elle pèse du poids de ses qualités et de ses vices.

       Les "nouveaux" ont été aussi choisis par une partie conséquente de la population, ce qui veut dire qu'ils sont attendus, souhaités comme représentants d'opinions, d'une sensibilité, ce qui leur donne force et confiance.

                                                                                 N. P.

       Publié dans Le Giron n° 14 (juillet 2008)



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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 17:08
                                                                                                                                                Photo C. P.

Modes de vie


       On n'a jamais autant parlé d'autarcie, de maîtrise du quotidien, sans doute en partie à cause de la crise du pétrole, d'une crise de société liée à un développement difficile à maîtriser, en particulier dans le domaine des sciences de la Terre, de la climatologie. Et l'on voit surgir un peu partout des mouvements de protection de l'environnement, une vigilance concernant la production agro alimentaire, contre les OGM par exemple, pour l'agriculture biologique, les produits de qualité, et la réduction de la consommation. Se multiplient les « marchés paysans » qui offrent des légumes et des viandes qui ont du goût, de vrais fruits de saison mûris sur l'arbre, des tisanes à l'ancienne, des « légumes oubliés ». Ces produits coûtent plus cher que ceux des supermarchés, mais n'est-il pas temps de renoncer à la diversité des gammes de produits industriels pour sélectionner ses achats, les réduire peut-être, pour manger moins et mieux. Ce n'est pas une mode, mais une réaction saine à un excès en tout qui commence à contrarier le bon sens de tout un chacun. Le mieux peut être l'ennemi du bien. Tout un mode de vie à modifier, et les hommes et la planète s'en porteront mieux.

       Dans le même mouvement d'économie domestique s'ouvrent les magasins de vente d'occasions de qualité, les vêtements, le matériel qui accompagne la vie de l'enfant, poussettes, parcs... Si ce marché se développe, peut-être que les déchets de la société de consommation qui posent aujourd'hui un vrai problème s'en trouveront-ils réduits ? Et par là, la course à la production du nouveau, de l'insolite, du dernier cri, des gadgets. Et nous, à la campagne, au-delà du tri, ne pourrions-nous pas avoir un coin de compostage pour tous les déchets alimentaires. Certains s'y sont mis déjà. On vit ici encore au milieu des champs, des bois et des jardins, gardons les précieusement comme le cadre d'une vie saine mise en danger principalement dans les centres urbains pollués par tout ce qui accompagne le progrès, Janus, aux deux visages.

                                                                              N. P.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 18:42

                                                                                                                              Photo P. R.

Nos campagnes


       Si on regarde la publicité dans les magazines, à la télévision, on est confronté aux images censées représenter le rêve d'évasion de chacun d'entre nous. Partir, sortir du quotidien, découvrir un autre monde que celui dans lequel on est censé subir toutes les contraintes de la vie moderne. Ce qui nous renvoie justement à notre vie, ici, aujourd'hui. N'y aurait-il pas une réflexion personnelle à mener sur le réel, sur ce quotidien qui nécessite qu'on s'en arrache pour vivre, ailleurs et autrement, ce que l'on risque de ne plus goûter ici ?

       L'île paradisiaque, la forêt, la montagne, le désert, bien sûr, cela tente, d'autant plus que notre univers se mécanise chaque jour, que le béton envahit les espaces de verdure, les éoliennes les plateaux sauvages, aires de course des sangliers, l'habitat construit sans souci esthétique, prolifère à côté des vieilles maisons, remplaçant les champs de blé et d'orge. Au retour, mesurons les mètres carrés qui nous restent pour nous promener, la densité des bosquets abritant les oiseaux, comptons les plants de lavande encore enracinés dans la terre de Provence, jaugeons la qualité de l'eau de notre rivière. N'y a-t-il pas là encore pour quelque temps - pour combien de temps - une terre proche qui est la nôtre et que nous devons protéger d'une transformation sauvage, protéger, dans le souci d'un développement harmonieux, faute de quoi nos retours seront chaque fois plus tristes et désaccordés. Nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser à nos campagnes, et à poser le problème du développement en milieu rural, puisque la vie des villages dépend grandement de la situation des familles et de leur évolution, des moyens mis en oeuvre pour que ces familles puissent trouver des activités professionnelles rentables. Des collectifs se créent un peu partout, s'exprimant sur des blogs, ou dans des colloques ou festivals, pour étudier la question du comment bien vivre aujourd'hui à la campagne. Comment vivre, en se posant aussi bien le problème de l'emploi que celui de la préservation des sites ou de la qualité de l'eau, car si l'on choisit de vivre près de la nature c'est bien pour éviter les nuisances de la ville en pouvant profiter de certains des avantages du monde moderne.

                                                                                                                                  N. P.

       Publié dans Le Giron n° 11 (janvier 2007)

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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
  • Contact

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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