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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 13:13

En hommage à Francis Gay qui sera inhumé ce jour 9 novembre 2016 au cimetière de Puygiron. C'est avec émotion que nous republions cet article écrit en 2002.

Qu'il repose en paix !

                                                                                                                                                 Photo X

Est-ce une vocation du bonheur qui donne sa sérénité à Francis Gay qui comme tout un chacun n’a pas eu une vie exempte de soucis ? Qu’est-ce qui fait de lui une figure de Puygiron, quelqu’un que l’on se plait à croiser sur les chemins ou dans le village, visage hâlé, toujours souriant et affable ? Une force, un amour de la vie et des autres gouverne sa personnalité et rayonne autour de lui. Cela vaut la peine de s’y arrêter car on a besoin dans la vie sociale d’êtres clairs et bienveillants, ayant conscience des privilèges accordés à l’homme quand il vieillit dans un bel environnement, entouré des siens, gardant sa vigueur intellectuelle et physique. C’est une sorte d’honnête homme comme la campagne a pu en produire et dont des auteurs comme Pagnol ou Daudet ont su montrer la qualité et l’originalité.

Né à Puygiron en 1931 il se souvient du village avec peu d’habitants, de la pureté du paysage et de la dure vie des cultivateurs attachés aux soins des animaux qui ne leur laissait jamais de répit. Dernier d’une famille de six enfants il garde de beaux souvenirs de l’enfance, une enfance heureuse même si la vie manquait de confort et si son père cantonnier travaillait durement. Les chemins à entretenir, le jardin, les volailles pour nourrir la famille. C’est même à cause de la dureté de ce travail autour de lui que très tôt il s’intéresse au progrès, y voyant un allégement possible des charges qui pèsent sur les paysans. A la fois très terrien dans ses goûts, sensible à l’environnement il voit arriver les premiers tracteurs avec enthousiasme. Il y croit, il veut en connaître les mécanismes, tout savoir de ces engins superbes, qui entrent dans son champ de vision quand Léon Viel, notable du pays, achète son premier Fordson. « Je ne pensais plus qu’à ça, j’avais quinze ans et je sentais naître quelque chose qui ressemblait à une vocation »

Francis sourit en évoquant ses souvenirs : « Le temps passe trop vite, j’ai encore tant de choses à faire... »

                                                                                                                                                      Photo C. P.

Nous sommes installés autour de la table avec Yvette, sa femme, entre les murs de la belle demeure de pierre qui cache des trésors d’architecture, voûtes, cheminée à anse de panier, pierres sculptées. Une maison forte, la Grange, sur la route de Rochefort dont ils apprécient tous les deux l’espace et les volumes. Il raconte comment en 1955 sa passion des tracteurs et de la mécanique le pousse à ouvrir un garage à Montboucher. C’est la fin des attelages de bœufs si bucoliques et les tracteurs affluent dans les campagnes. Les années passant les tracteurs se succèdent et souvent disparaissent, cela désole cet amoureux des moteurs et des carrosseries. Il va les racheter ou les récupérer pour leur redonner une jeunesse et les conserver. « C’est ainsi que je suis devenu une sorte de collectionneur. Pour que le passé ne s’oublie pas et que ces pièces qui sont comme des œuvres d’art témoins d’une époque puissent être vues par d’autres hommes après moi » Peut-on dire que l’agriculture l’intéresse ? disons oui, par le biais des tracteurs. Francis Gay cultive ce qui lui reste de terre avec beaucoup d’amour. Maintenant que son fils Claude a repris le garage où les voitures sont plus nombreuses que les tracteurs il lui plait de vivre dehors, au rythme des saisons, de creuser de petits lacs en réunissant des sources pour y élever des carpes, pour le plaisir de les voir grossir, sauter à l’approche de la main familière et faire ainsi le bonheur de ses petits enfants. Il n’est pas chasseur et s’émerveille devant une mère perdrix mettant à l’abri ses perdreaux dans les maïs. « Je ralentis quand je suis en train de moissonner pour ne pas les écraser. J’aime autant manger une pintade que tuer une perdrix ! »

Son éducation s’est affinée à travers les conversations avec les adultes de Puygiron qui s’intéressaient alors aux adolescents, Joseph Viel et le Comte Fernand de Pontcharra. Il souvient aussi d’autres moments, avant que la télévision n’envahisse les foyers, des veillées d’été sur le banc du village. Il évoque Paul et Lévy Rey, le père Cantin. « On avait alors besoin les uns des autres, on s’entraidait »

 

                                                                                                                                                      Photo X

                                                                                                                               Photo X

Nous sommes allés voir les tracteurs pour lesquels il a construit des abris : "Ils sont vivants". Et il égrène leurs marques, Fiat, Vandœuvre, Mac Cormick, Soméca… comme il le ferait pour des chevaux de course. Une vingtaine d'engins à entretenir, soigner. On visite le site comme un musée de plein air. Un homme tranquille qui ne connaît pas l'envie et mesure chaque jour la chance d'avoir des enfants et des petits-enfants. Son petit-fils Thomas est déjà un amoureux des tracteurs, ses petites-filles sont belles, tout le monde aime venir à la Grange, il espère que tout cela va continuer longtemps, nous aussi !

N. P.

Publié dans Le Giron n° 3 (septembre 2002)

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 17:43

Famille-Ver.jpg

 

C’est en passant qu’on l’a découvert, charmant,

Enveloppé d’azur, de lumière et d’argent.

C'est au passé qu’on en parle à présent

Ses couleurs, ses odeurs et ses rires d’enfants.

Le temps passe et nous presse

Et l’on se souviendra de celles et ceux qui restent...

 

Restent les souvenirs du temps passé                                                                          

À courir les chemins ou après nos bambins,

À vélo, en voiture, en rollers ou à pied,

À contempler les lavandes, les collines et les prés

Et les nuages chassés par un vent frais et sain

Éloignant avec eux nos plus chères années...

 

Restent les souvenirs de nos années passées,

À balayer le sol de nos roses fanées,

À réparer bobos, roues et pots cassés,

À réchauffer les cœurs des p’tits corps abîmés,

Et rejouer l’histoire du loup et de ses préférés

Découvrant qu’ici notre temps nous est conté...

 

Restent les histoires que vous raconterez

À vos enfants plus tard, et vous vous souviendrez

De ces amis passants qui se sont arrêtés

Pour écrire avec vous une page du Giron

Et partager ensemble le verre de l’amitié.

C’était le temps passé... mais comme il était bon !

 

À tous nos amis, nos voisins et pigeons (de compagnie)...

 

                                                Caroline Ver

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:45

 

       Il est des portes ouvertes qui sont infranchissables tant elles sont bien fermées.  J'ai, pour ma part, vu très souvent des portes fermées qui étaient des ouvertures plus qu'invitantes." Serge Bouchard

       Je me retrouve devant cette porte et là, les souvenirs refont surface. Ayant vécu dans cette maison toute mon enfance, c'est avec émotion et joie que je rencontre les nouveaux propriétaires. D'origine portugaise, M. Da Costa me fait visiter la maison en chantier. Son épouse Ghislaine, professeur d’anglais au Lycée Alain Borne et leurs deux enfants, Évie et Sara, commentent au fur et mesure les pièces rénovées. La cuisine devient bureau et le bureau devient cuisine, la salle de séjour sera la chambre parentale et ainsi de suite... Fernando, marbrier, passionné par son métier est fier de me présenter les touches de marbre et de pierre dans certaines pièces.  Tout au long de la visite, Ghislaine me confie son coup de cœur pour Puygiron et sa venue fut guidée par sa regrettée amie Danielle Jean avec qui elle a partagé quelques années de travail. L'emménagement est prévu pour la fin de l'été et malgré l'ampleur du chantier, nous leur souhaitons courage pour les travaux et la bienvenue dans notre commune.

                                                                            Ghislaine Teyssier

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 18:07

 

       Ce qui est frappant quand on sort d’une rencontre avec Suzanne Brunet, c’est le sentiment d’avoir eu en face de soi quelqu’un d’authentique, qui ne joue pas à un personnage. Au fur et à mesure qu’elle parle, en présence de l’une de ses filles, Françoise Chaix et de sa petite fille Céline Chaix, elle évoque, sans s’en douter la vraie culture du monde paysan que l’on oublie, parce que le monde change, parce que peu de personnes aujourd’hui savent raconter.  Pourtant elle est arrivée à Puygiron venant  de la ville en 1946 après avoir vécu en Seine et Oise où elle est née en 1921. Certes, elle n’était pas sans connaître le sud de la France puisque ses parents étaient originaires de Bagnoles sur Cèze et qu’elle-même a été pensionnaire à Bourg Saint Andéol où elle passa son brevet. Suzanne rappelle combien la guerre de 14-18 a éprouvé les familles françaises et de ce fait les familles rurales se sont trouvées sans hommes. Son père sera le seul des cinq frères à revenir vivant de la « der des der ». Il revint mais blessé.

       Dans la mémoire de la famille, l’état d’agriculteur était resté toujours vivant, celui du grand-père, même si le père de Suzanne avait exercé le métier de forgeron avant de devenir fonctionnaire des postes. Aussi il était dans la logique des choses, quand installée à La Bâtie avec ses parents décidés à faire un retour aux sources, Suzanne épouse un agriculteur. De La Bâtie à Puygiron, la distance n’est pas grande et bientôt le couple s’installe dans notre village. « C’est là que j’ai vécu les plus belles années de ma vie » Quand elle fait cette réflexion aussitôt sa fille Françoise obtempère. «  Oui nous avons tous été très heureux » ; Un petit village de France comme Puygiron, dans les années 50, était très loin de vivre au rythme de la ville : Nous étions une seule famille, tout le monde se connaissait. Chacun avait son champ, son jardin, ou travaillait chez un propriétaire. Mon mari travaillait chez Monsieur Thévenet. Aux beaux jours on se réunissait le soir sur le parvis de l’église et on chantait, on parlait. Nous les mères, nos enfants. Les trois miens, Jean-Pierre, Françoise et Dominique se sont élevés avec tous les autres. D’ailleurs la bande des enfants était très solidaire car ils se retrouvaient tous sur les chemins de l’école. Pas de voitures pour les emmener. Tous à pied, entre copains. Cela crée des liens.

       Suzanne sort des photos et nous montre une belle fête estivale « La ronde des blés » rassemblant tout le village autour d’une course à vélo, de réjouissances célébrant l’été et la moisson. Pour s’amuser on s’est amusé, dit-elle, comme en redécouvrant les images du passé.

      

Famille-Chaix.JPG

                                                     Suzanne Brunet, sa fille Françoise et sa petite-fille Céline


       Suzanne égrène les noms de personnes aujourd’hui disparues, Nicou et Marcel, Auguste, Madame Mouillac, Madame Gay… non sans une petite anecdote à propos de chacun. Rien à voir avec le village aujourd’hui où les maisons ont été vendues à des personnes extérieures, avec d’autres habitudes de vie. C’est la modernité, c’est la transformation inéluctable du monde, mais il est vrai que quand Suzanne évoque, les retrouvailles quotidiennes au bistrot des hommes (même si parfois ils y allaient fort sur le pastis ), la partie quotidienne de pétanque, les majorettes, la fête du village vraiment familiale avec son chanteur, du genre bal musette, l’entraide entre les agriculteurs qui n’avaient pas encore de matériel sophistiqué, souvent des bœufs, un cheval, un âne alors, les cochons, les poules habitaient dans le village-elle fait rêver à ce bon vieux temps dont elle n’a gardé que l’ensoleillement, la lumière, tout ce qui était bon, la camaraderie, le rire si vite là, la solidarité paysanne, l’efficacité de l’institutrice Mademoiselle Mouillac auprès des enfants, pas toujours commode, la présence réconfortante de Mademoiselle Hélène, l’harmonie entre les gens de statuts différents, le respect réciproque…

       Á cette époque les cloches sonnaient, cela rythmait le temps et puis on aimait ça.

Et maintenant, à 91 ans ? Elle garde une énergie étonnante et regrette de ne plus pouvoir s’investir comme elle le faisait dans le comité des fêtes… et jouer aux boules. Mais la vie reste bonne, en famille, avec les enfants et les petits enfants, les souvenirs. Elle aime tout, la musique, la lecture, les jeux à la télévision, les nouvelles du monde. Sa vie n’est plus là-haut mais « la belle vie » reste dans son cœur toujours jeune.

                                                          Nicole de Pontcharra - Céline Chaix

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:07

Majorettes

 

 

Les majorettes filles et garçons de Puygiron devant le restaurant "La Cigogne"

 

         Dans l'ordre de passage : Virginie Sauvan, Delphine Sauvan, Sébastien Locatelli, Cyril Petit-Lafont, Séverine Fontaine et Belle.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 14:59

 

Roberto

 

       Roberto incarne parfaitement ce que l’on peut appeler « l’émigré espagnol » qui, depuis le dix-neuvième siècle, quitte son pays sous la pression d’un pouvoir politique. Monarchies et empires, ont, au cours des siècles, engendré des luttes intestines débouchant souvent sur des crises économiques qui incitèrent les familles à se déraciner pour survivre.

      Quand on le croise dans la partie sud-est du village, descendant de sa voiture toujours chargée de matériel, on n’imagine pas, à première vue, qu’il n’est pas d’ici, tant en peu d’années il s’est incorporé à la vie drômoise, exerçant son métier de chauffagiste, prenant sa place dans la nouvelle famille qu’il s’est choisie en devenant le compagnon de Karine Bintein. Si ce garçon d’une cinquantaine d’années, père d’une belle jeune fille, n’est pas, certes, un témoin de la guerre d’Espagne, il en a subi les conséquences comme beaucoup de jeunes de sa génération. Originaire de la région de Santander, son père ayant choisi le camp des républicains, est arrêté, condamné à la prison à vie, exécute cinq ans de travaux forcés. Roberto se souvient du récit de son père racontant qu’en l’absence d’outils, il était contraint de creuser à la main les premières fondations d’un barrage. Libéré, ayant fondé une famille et décidé à faire mieux vivre sa femme et leurs neuf enfants, il décide d’abandonner son pays et de partir, ailleurs, en Belgique où il rejoindra la communauté espagnole bien implantée. C’était moins loin que l’Australie où émigraient beaucoup de ses compatriotes à l’époque. On est en 1966, Roberto a neuf ans, c’est le départ en taxi, avec un camion pour les quelques meubles. 1 800 km à parcourir. Personne ne parle français. Les enfants n’ont connu que leur grand village avec l’école et une maîtresse qu’on ne peut oublier. Une vie dure, sans fantaisie possible. Juste la possibilité de vivre au jour le jour. Roberto garde le souvenir de paysages exceptionnels, de forêts de hêtres, où se cachaient les ours, de pâturages, de montagnes impressionnantes. De cette enfance il garde le goût de la nature vierge et de la marche, de la liberté sur une terre non polluée.

       Tout est nouveau. C’est Bruxelles la capitale et ses lumières, une langue à apprendre, un environnement à explorer. L’enfant aime l’école, les études. Il réussit dans des études classiques avec le latin, avant d’intégrer une école technique et à la mort du père rapidement s’insérer dans le monde du travail. Il sera imprimeur pendant dix ans, apprend le métier de graveur. En vit bien, avant le licenciement collectif.      Advient une période plus incertaine où il s’essaie à différents métiers, ceux qui s’offrent à lui, dont celui de décorateur dans le cinéma et de paysagiste. Il a plusieurs cordes à son arc et reviendra à la mécanique quand il aura la possibilité de travailler dans la construction, les installations de chauffage. C’est d’ailleurs cette activité qu’il exerce à Montélimar quand il s’installe à Puygiron en 2006.

       Roberto a l’apparence d’un homme tranquille. Certes il l’est, posé, courtois, agréable, mais quand on approfondit la relation on découvre la profondeur d’un caractère qui s’est forgé à travers les vicissitudes de l’histoire. Il n’a pas grandi comme un enfant privilégié, bien à l’abri des tempêtes. Et cela donne une personnalité un peu secrète qui garde pour lui ses doutes, ne se répand pas mais raisonne juste, sait jauger le monde et aussi lui faire confiance.

                                                                    Nicole de Pontcharra

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 15:32

 

       Porte-1.JPG« Ma demeure comprend 38 pièces sur 36 planètes. Pas de portes. Les entrées voûtées sont des accès distrans. Quelques-unes sont protégées des regards par des tentures, mais la plupart sont ouvertes à la vue et aux visites.» nous dit Martin Silénus, le poète dans Hypérion de Dan Simmons, roman, space opéra de science-fiction. Un accès distrans étant un déplacement instantané.

       Un quartier se renouvelle du côté du levant, c’est le quartier Pontillard. C’est là que j’ai rencontré nos nouveaux Puygironnais. Mélanie Barré, Olivier Ramalingom et leur petite fille Eden se sont installés depuis le 21 juin 2010, dans la première maison du chemin des ramières, voisin de M. Victorin Roux. « C’était le premier jour de l’été et il faisait très froid ce jour-là ! » me dit Mélanie le sourire aux lèvres.

       Mélanie et Olivier, originaires tous deux de la région d’Aix-en-Provence cherchaient un point de chute en Drôme Sud. Après bien des visites et une envie de campagne, c’est à Puygiron que ce jeune couple s’est établi. Olivier est directeur d’une agence de télécommunications à Portes les Valence et Mélanie est assistante maternelle à Puygiron, Eden va à la garderie du village. Et puis n’oublions pas panpan, « panpoulou » dit Eden, le petit lapin nain qui gambade en liberté dans le jardin enneigé de ce dernier jour de novembre. Et comme toujours nous leur souhaitons la bienvenue avec beaucoup de plaisir.

                                                                                 Danielle Jean

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 15:21

 

Sur-la-terrasse-d-Alexandra-Martin.jpg

 

         Sur la terrasse de Florence Chalamet il y a une petite cinquantaine d’années…
 

 

De gauche à droite :
      

       Marcel Barde, Marie Viel, Alice Lemoigne, Marguerite Viel, Nicolas de Scalon, Bill Bentley et Mr Martin.
 

 

Qui a pris cette photo ? Alexandra Martin (ci-dessous) ?

 

Aleksandra Martin 001

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 15:03


       Point d’esprit, grain d’orge, guipure, fuseaux, voilà des mots qui nous transportent dans le monde de la dentelle.

       Le soir est en train de tomber sur Puygiron, et elle est là. Nous la voyons à travers sa fenêtre, penchée sur son métier, notre dentellière et ses fuseaux qui cliquètent. C’est chez Mme Bénistant que nous partons à la découverte d’une activité qui date du moyen âge, la dentelle, et plus particulièrement celle du Puy. Elle nous reçoit avec beaucoup de simplicité et de gentillesse, nous montrant avec fierté et timidité à la fois ses nombreux ouvrages. C’était il y a 7 ans, à l’entrée en sixième de ses petits-enfants, qu’elle a commencé cette activité. Elle avoue même ne plus vraiment s'en souvenir… Cet art la passionne au point de nous dire qu'elle ne ferait plus que cela. Elle est aussi une experte en couture et patchwork.

       Le lundi après-midi, Mme Bénistant se rend, à la Bégude de Mazenc à l'atelier de Benistan.jpgdentelle de l'association « Vivre au village ». C’est un lieu d’apprentissage et d’échanges où se vivent des moments préservés et privilégiés. Ce n’est qu’au bout d’une année que le plaisir vient, car cette activité est très difficile à apprendre. Et enfin, la satisfaction et la fierté de l'œuvre réalisée sont au rendez-vous. Ainsi, Mme Bénistant nous montre ses différents et nombreux  ouvrages : napperons, chemins de table, tableaux représentant des personnages divers. Tous ses efforts ne sont pas pour elle, la  plupart des œuvres réalisées sont offertes à la famille et aux amis. Mais parlons un peu de la réalisation de ses travaux : elle travaille avec des fuseaux sur un métier qu’elle a fabriqué elle-même, avec des fils de coton ou de lin. Les modèles échangés ou appris au cours de ces rencontres de dentellières sont préparés sur feuilles de papier pré-imprimé et plastifiées pour une meilleure résistance. Les fuseaux sont remplis avec les fils et le travail commence avec les épingles, la dextérité des doigts.

       « Il y a toujours un fuseau meneur » nous dit-elle et l’attention est quasi permanente, toujours bien tirer les fils, faire attention qu’ils ne cassent pas. Le travail se fait et se défait avec patience et minutie et nécessite parfois d’être durci (amidon ou durcisseur). Cette activité demande un savoir, une logique et permet un échange dans la bonne humeur.

       Paix, tranquillité et plaisir d’offrir sont les devises de la dentellière.

       Pour finir cette belle rencontre, un dernier mot sur cette activité, notre dentellière nous parle de « couviges », mais qu'est-ce que sont les couviges ? Remontons dans le passé et faisons un peu d'histoire... Le Puy a été le plus important centre dentellier de France et la seule ville de France qui comptait encore en 1975 des dentellières professionnelles toutes très, très âgées. En 1974, l’activité de la dentelle a repris grâce à la création du Centre d'Enseignement de la dentelle au fuseau (CEDF). Les origines de la dentelle sont inconnues cependant certains auteurs considèrent le Velay comme le berceau de la dentelle. Pendant tout le Moyen âge la ville du Puy, départ des chemins de Saint Jacques de Compostelle, est devenue une grande ville de pèlerinage attirant de nombreuses foules, marchands et colporteurs. Ce sont ces derniers qui auraient peut-être introduit la dentelle en Velay et en auraient enseigné les rudiments. Au début du XVIIe siècle, la dentelle connaît un succès considérable, on la trouve partout, sur les vêtements (cols, manchettes, gants, bottes), sur les meubles, carrosses, etc… C'est dans les maisons que le soir, lors de ces couviges, se rassemblent les hommes, femmes et enfants du village, les femmes font de la dentelle. Encore aujourd'hui, Mme Bénistant nous dit qu’elle se rend à des couviges organisées par des associations de dentellières. La dentelle a su conserver par-delà les modes, un prestige, une beauté  que nous avons admirés lors de cette visite chez Mme Bénistant, que nous remercions vivement pour son accueil.

                                                   Danielle Jean et Ghislaine Teyssier

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 10:25

 

        La porte, instrument de la vie pratique, appartient de tout temps à l’art et à la manière d’habiter. (Gérard Monnier, La porte)


       PorteC'est au couchant, dans la campagne, quartier de la Bégure, dans l’ancienne ferme de Mme Laffont que je vous emmène. La ferme de caractère a trouvé de nouveaux propriétaires depuis le 20 février 2010. Julien Valette, sa compagne Béatrice et leurs deux enfants Yann et Clara, âgés de 4 et 3 ans, y ont découvert les joies de la campagne. Ayant vendu leur maison de village à Ancône, Béatrice et Julien étaient à la recherche d'une bâtisse à rénover. Maçon de métier, Julien a remarqué cette ferme au cours d'une ballade, "un vrai coup de foudre" pour toute la famille. Béatrice, infirmière, a cessé son activité pour élever ses deux enfants. Aujourd’hui, c'est avec bonheur que la restauration se déroule et nous leur souhaitons la bienvenue dans notre commune.

 

                                                                          Ghislaine Teyssier

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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
  • Contact

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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