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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:10

 

       Depuis les années 80, dès les beaux jours, les médias consacrent des articles, des reportages attrayants, au pèlerinage plus que millénaire de St Jacques de Compostelle. St Jacques est à la mode au même titre que les îles grecques ou l'Atlas marocain. Les pèlerins qu'on nous montre, jeunes ou seniors, joyeux, bronzés à souhait, certains équipés par les grandes marques, parcourent des paysages de rêve, le plus souvent en groupes. À première vue tout cela peut paraître crédible. St Jacques serait-il une destination touristique comme les autres ?

       J'avais déjà l'intuition que ce voyage-là ne pouvait être assimilé à n'importe quel voyage touristique. Et je fus conforté dans mon sentiment le jour où nous avons vu débarquer dans notre village de Puygiron, en novembre sous une pluie glaciale, deux personnages hirsutes, épuisés, sans âge, sac au dos, accompagnés d'une grande ânesse lourdement chargée qui fermait la marche. Le mot pèlerin prenait brusquement tout son sens étymologique latin, celui d'étranger, à la fois dans l'espace et dans le temps. D'ailleurs à cette vision, des voisins soupçonneux s'empressèrent de verrouiller leur porte.

      Nous leur avons ouvert la nôtre, l'homme cherchait un anneau pour attacher l'ânesse. Je lui indiquai le lavoir proche où il pourrait la mettre en sécurité et l'abriter. Puis nous avons invité le couple à entrer et leur avons proposé un café. Ils sont restés debout, hagards, n'ayant pas la force de retirer leurs sacs, ni leurs cirés ruisselants. Ce n'est qu'après avoir avalé quelques gorgées chaudes qu'ils purent articuler quelques mots : Ils étaient belges, de retour de St Jacques par le chemin des écoliers, tous deux âgés de plus de 70 ans, des habitués du « Chemin ». C'étaient d'authentiques « jacquets », autonomes, logeant à la belle étoile, pas de ceux qui utilisent avion, autobus ou taxi. La seule « concession » au rituel était la présence de l'ânesse, compagne précieuse, vitale même, vu la grande distance parcourue et l'âge de nos visiteurs. Ils nous ont fait part de leur difficulté à retrouver d'année en année les chemins, les fontaines dans les villages, sacrifiés au nom de l'urbanisation des campagnes. Très bien équipés en cartes, ils possédaient même un GPS. Ils cherchaient évidemment à éviter au maximum les routes nationales, inadaptées et trop dangereuses. Ils gardaient un moral d'acier forgé par leur solide expérience du «Camino ». Ils se disaient que ce ne serait pas leur dernier pèlerinage si Dieu leur en donnait encore la force.

       Nous les aurions volontiers écoutés plus longuement mais les pèlerins sont seulement de passage. Après nous avoir donné leurs coordonnées à Mons, le trio reprit sa longue marche sous une pluie battante avec la pensée de s'offrir, luxe suprême, une nuit réparatrice à l'abbaye de Bonlieu toute proche et ainsi retrouver une apparence humaine et échapper un temps à ce déluge avant d'affronter pendant un mois les quelque mille kilomètres restant.

      C'est en lisant « Immortelle randonnée » que cette histoire vécue m'est revenue en mémoire, illustrant la pertinence et la justesse du récit personnel de Jean-Christophe Ruffin, bien loin des idées reçues.

      De la même manière que l'auteur dit « d'ici peu je vais reprendre la route » nos deux pèlerins qui n'étaient pas encore arrivés à destination, pensaient déjà au futur désir de Compostelle, la mystérieuse destination des hommes épris d'absolu.

                                                                                                 C.P.

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:24

 

Residential-Goa.jpg

 

Residencial Goa - Calhau - Sao Vicente - République du Cap Vert

 

Photo Keumi Xeuda - Mindelo - 5 septembre 2012

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:35

 

       PUYGIRON TGV photo Gilles CHABOTCheminot depuis bientôt 30 ans, habitué à parcourir presque tous les jours la Ligne à Grande Vitesse entre Marseille et Paris, je ne me lasse pas du plaisir de regarder défiler le paysage à 300 à l'heure. Je demeure contemplatif devant ce kaléidoscope sans cesse renouvelé au fil du rail, des jours et des saisons. Sur mes photos numériques, toutes réalisées à bord des TGV à pleine vitesse, j'ai tenté de saisir au passage la vision instantanée et fugitive des plus beaux panoramas bordant la LGV.

       Au début des années 80, le TGV a révolutionné le monde ferroviaire en nous permettant de traverser le pays du Nord au Sud à 320 km/heure. Train à la pointe du progrès, il n'a pas pour autant écrasé le charme du voyage sous le poids de sa technologie ; au contraire, en filant comme l'éclair à travers la campagne française il nous entraîne dans un espace temps insoupçonné. Il suffit de s'immerger simplement dans la trame des paysages qui défilent pour partir à la rencontre des richesses géographiques, historiques et humaines de la France. Le blog « ballade à grande vitesse » est une invitation à la découverte de ce riche patrimoine paysager, témoin de notre histoire et recueil de nos terroirs.

                                                                         Gilles Chabot

 

http://baladeagrandevitesse.blogspot.com/

 

       Gilles Chabot vient publier un livre-album "Paris-Lyon vu du rail" aux éditions de la Vie du rail.

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 13:57


                                                                                                                Photo Damien Arnoux

       Publié dans Le Giron n° 14 (juillet 2008)

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 14:30



       Voici une photo prise lors de mes dernières vacances à Chauvigny, commune située à l'Est de Poitiers et à l'Ouest de Saint-Savin-sur-Gartempe, dans le département de la Vienne (région Poitou-Charentes). Puygiron en est un lieu-dit, ainsi qu'un nom de chemin et de route !

                                                                                                                                    M. A.

       Publié dans Le giron n° 13 (janvier 2008)


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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 15:30

                                                               Soir d'été à Puygiron - Nuages lenticulaires - Photo C. P.
  
   ... J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !


                                                                         Baudelaire - Petits poèmes en prose - 1869

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 11:23



Dans les bois de Puygiron, il est parfois des rencontres étonnantes, ou même insolites. Après une journée de chasse ordinaire, Mme Del Vito vit son regard attiré par un étrange objet, posé là sur le sol dans un fourré, d'apparence lisse, à la couleur blanche. Il semblait tout droit sorti d'un film de science-fiction...

Mais non ! Je pense que beaucoup ont reconnu l'espèce commune de champignon appelé vesse-de-loup, souvent disproportionné et à l'allure d'une poire retournée. La nature nous réserve de drôles de surprises... anormales ou étranges ?

À vous de juger !

                                                                                          G. T.

Publié dans Le Giron n° 9 (janvier 2006)

 

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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
  • Contact

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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