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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 11:17

Le-point-du-27-mars-14.jpg

 

 

      

                                                                                                 
      Dans son numéro du 27 mars 2014 "Le Point" s'engage dans la défense du patrimoine. Celle-ci ne semble pas être une préoccupation majeure de nos gouvernements successifs. Pourtant le tourisme en France, c'est 135 milliards d'euros du chiffre d'affaires, 7% du PIB, 2,2 millions d'emplois non-délocalisables, 83 millions d'entrées dans notre pays en 2013. Le tourisme ne bénéficie pas d'un ministère de plein exercice, il vient d'être rattaché au Ministère des Affaires étrangères.

       On pourrait ajouter à la liste du Point la déforestation qui sévit notamment dans le Sud-Est pour alimenter la centrale de cogénération à bois de Pierrelatte et celle prévue à Gardanne dans les Bouches du Rhône, et l'exploitation future des gaz de schistes qui menace tout le territoire.


                                                                                                C.P.

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:17

 

Vue-aerienne-chateau-de-Puygiron.jpg

 

       À l’écart de la route de Montélimar à Dieulefit, dominant la plaine de la Valdaine, se dressent le village et le château de Puygiron. Cet ancien fief militaire formait un ensemble quadrangulaire enserrant une cour intérieure, flanqué de quatre tours d’inégal diamètre, la plus grosse constituant le donjon où se concentrait la défense. Au sous-sol de ce donjon qui comporte quatre salles circulaires superposées, se trouve un puits, ultime réserve de la garnison au cas où l’ennemi aurait investi la cour intérieure* où se trouve l’autre puits du château.

       Contiguë au donjon la salle des gardes dont les voûtes retombent sur un énorme pilier central. Une cheminée remarquable par la portée de son anse de panier de quatre mètres quatre-vingt et son four permettaient à la garnison de préparer son « ordinaire ».

         Lorsque Richelieu fit démanteler les châteaux et supprimer les garnisons à la solde des seigneurs, le château de Puygiron, alors propriété des Bérenger de Sassenage, fut transformé en demeure de plaisance. Les fenêtres furent agrandies et ornées de meneaux dans le style Renaissance. Des cheminées avec hottes en pierre sculptée permirent de chauffer les grandes pièces (il en reste deux beaux spécimens). Enfin un escalier à vis remarquable se déroule dans une tour hexagonale ornée d’un portail ogival finement sculpté. Il dessert les deux étages. La tour centrale fut rehaussée au XIXe siècle.

       Cette construction en pierre calcaire issue des carrières de Puygiron remonte à la fin du XIIe siècle. L’ancien village médiéval a alors déserté le site de St Bonnet (où demeure la chapelle romane du même nom) pour se réfugier sous la protection du château fort érigé sur la colline. Celui-ci formait en liaison avec ses voisins de Rochefort, La Bâtie Rolland, Sauzet et Châteauneuf de Mazenc un réseau de surveillance de la plaine de la Valdaine.

 

       *La cour du château accueillera deux concerts donnés le samedi 6 juillet  à 18 h et le dimanche 7 juillet 2013 à 17 h par le Puygiron Art Festival fondé par la pianiste Florence Chalamet en 2010.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 20:07

 

Le-tombeau-d-un-tailleur-pierre-sculpte-Tardieu.jpg 

 

       Jean Coulon, appareilleur, m'a fait passer ces photographies de la tombe de Joseph-Félicien Tardieu, décédé en 1899 à Puygiron (Drôme). Vers 1920, la maison Tardieu exportait partout en France des éviers, des piliers, des cheminées et d'autres articles en pierre de toutes provenances via le PLM.

       Employant quatre pierres différentes, pour les couleurs, cet étonnant tombeau nous montre une croix fichée de biais dans un obélisque. Il est probable que cette disposition est en rapport avec l'étoile filante qui est figurée au sommet de l'obélisque, traçant sa voie dans le ciel approximativement dans la même direction que la croix.

 

letonnant-tombeau-dun-tailleur-pierre-sculpte-L-2.jpg


L'exceptionnelle finesse de la taille rend difficile la perception, sur la photo, de tous les détails. Un grand rameau de laurier occupe la position centrale de la face avant de l'obélisque. Il est accompagné d'une référence au Psaume 122, qui fait allusion à Jérusalem (voir le texte intégral à la fin de cet article). Le pied de ce rameau de laurier est orné d'une faveur venant s'entrelacer à un compas, une équerre et une massette, eux-mêmes entrecroisés deux par deux.

 

letonnant-tombeau-dun-tailleur-pierre-sculpte-L-3.jpg


       A droite de ces emblèmes, un charmant médaillon posé sur des fleurs et un autre rameau de laurier porte le monogramme ET. Il s'agit assez probablement des initiales de l'épouse de Joseph-Félicien Tardieu. La présence du compas et de l'équerre peut laisser supposer que J.-F. Tardieu était Compagnon tailleur de pierre. Toutefois, l'emblématique est assez inhabituelle. Pourrait-il plutôt s'agir d'une discrète allusion à la franc-maçonnerie ? Ce n'est pas impossible, d'autant que nous sommes ici dans une région où la présence protestante est très forte (la référence à un psaume semble indiquer que J.-F. Tardieu était plutôt protestant que catholique). Mais il peut aussi s'agir d'un emblème faisant tout simplement allusion à son métier. Peut-être un visiteur du blog pourra-t-il nous apporter des précisions complémentaires ?

 

Voici le texte intégral du Psaume 122, dans la traduction de Louis Segond :

 

1) Je suis dans la joie quand on me dit : 
 Allons à la maison du Seigneur !

2) Nos pieds s'arrêtent 
 Dans tes portes, Jérusalem !

3) Jérusalem, tu es bâtie 
 Comme une ville dont les parties sont liées ensemble.

4) C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, 
 Selon la loi d'Israël, Pour louer le nom du Seigneur.

5) Car là sont les trônes pour la justice, 
 Les trônes de la maison de David.

6) Demandez la paix de Jérusalem.
 Que ceux qui t'aiment jouissent du repos !

7) Que la paix soit dans tes murs, 
 Et la tranquillité dans tes palais !

8) A cause de mes frères et de mes amis, 
 Je désire la paix dans ton sein ;

9) A cause de la maison du Seigneur, notre Dieu, 
 Je fais des vœux pour ton bonheur.

 

       L'homme pense parce qu'il a une main. Anaxagore (500-428 av. J.-C.)

 

       Jean-Michel Mathonière possède une formation initiale de dessinateur en bâtiment et génie civil. Son intérêt pour l’architecture, sa symbolique et ses traditions de métier l’amène par le biais de la passion pour les livres à bifurquer professionnellement vers l’édition et la librairie, puis enfin vers le graphisme.

        Spécialiste reconnu de l’histoire des compagnonnages de métier et tout particulièrement des Compagnons tailleurs de pierre, il a publié plusieurs articles et livres sur ces sujets. Il organise depuis 2006 des expositions sur la stéréotomie et les Compagnons tailleurs de pierre, ainsi que sur divers sujets connexes, telle l’exposition consacrée en 2008 aux Règles pour les cinq ordres d’architecture de Jacques Barozzi de Vignole (1507-1573), au musée du Compagnonnage de Tours (37).

        Ses recherches et ses autres publications de livres et d’articles, les expositions qu’il organise, les manifestations auxquelles il participe, ses conférences, sont détaillées et annoncées sur son site internet : www.compagnonnage.info

 

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 19:56

 

Chapelle.jpg

                                                                       Puygiron  –  Chapelle Saint-Bonnet

 

       Morice Viel, célèbre écrivain local bien au courant de l’histoire des monuments de son village natal, présentait au siècle dernier Saint Bonnet comme une ruine dont la mousse envahit le toit. « Il n’y a là ni chapelles latérales, ni coupoles ni tourelles ; mais les proportions sont si bien gardées en tout, la voûte est si imposante et si gracieuse, l’esprit du Moyen-âge est si profondément empreint dans chaque détail d’architecture, qu’on ne peut s’empêcher d’admirer et d’être ému. Bâtie en pleine campagne elle n’a cédé que vers 1770 le titre d’église paroissiale à la chapelle St Jean-Baptiste, placée au centre même du village, ancienne chapelle du château, discordante, étroite, humide, privée d’air, sans style connu, n’ayant de valeur que par les souvenirs qui s’y rattachent… »

      Cette dernière qui se situait à l’emplacement de l’actuelle mairie a été remplacée depuis 1867, alors que l’extraction de la pierre était florissante à Puygiron, par une église neuve en style roman, construite aux frais des seuls habitants et sur les plans du Général Chareton.

       Aujourd’hui, grâce à la bonne volonté des habitants, Saint Bonnet, s’il n’a pas retrouvé ses fastes d’antan, présente un aspect plus accueillant, mais l’émotion que décrivait M. Viel est toujours partagée par le visiteur.

Chapelle romane, datant du XIIe siècle, elle faisait partie d’un ancien prieuré à l’époque carolingienne, édifié lui-même sur le site d’une ancienne villa romaine. Un chercheur puygironnais, M. Guenzer, y a trouvé au début du siècle, entre autres objets, un vase qui aurait été expertisé comme carolingien par sa facture et sa décoration. Les fouilles conduites en 1981 et 82 par Michèle Bois, archéologue, ont confirmé l’existence d’un habitat jouxtant l’ancien prieuré et qui fut le premier village médiéval de Puygiron, abandonné lors des troubles du XIVe siècle par ses habitants qui se réfugièrent sur le « Puy » sous la protection du château médiéval.

       L’histoire de ce site reste obscure, à défauts d’écrits seuls ces vestiges archéologiques nous ont permis de mieux connaître ce qu’a pu être la rude vie de ces premiers occupants de Saint Bonnet. Son emplacement semble avoir été guidé par la présence de sources et un éloignement raisonnable des grands axes de circulation, à l’abri des bandes inorganisées qui parcouraient alors les campagnes.

La chapelle romane de Saint Bonnet est d’une architecture simple, presque sans ornements et d’une facture assez grossière. La façade ouest porte une corniche en pierres sombres provenant de l’Ardèche, maladroitement posée et dont les sculptures (rosaces, palmettes stylisées, oves et entrelacs) ne forment pas un ensemble cohérent. Selon une tradition orale cette corniche aurait été utilisée en réemploi et proviendrait du prieuré primitif.

       Cette façade est témoin de malheurs successifs. Mais faute d’écrits, le seul élément datable est la transformation en 1707 de la belle entrée romane en un accès plus étriqué qui permit entre autre l’installation d’un bénitier.

Autres avatars visibles : les traces d’un incendie qui a rougi le mur de façade, base de la partie nord-ouest refaites en pierres soignées, de petit appareil, grande fente partant du faîte jusqu’à la porte ; surhaussement extérieur de la nef unique, très visibles dans les chaînes d’angle de la façade et dans le caractère rudimentaire du rejointoiement en haut et à gauche.

       A l’intérieur se remarque tout d’abord l’abside semi-circulaire voûtée « en cul de four » vers le levant ; puis la travée du chœur, plus élevée que les trois travées de la nef et qui fait office de transept. Des quatre colonnes d’angle seules deux subsistent portant des chapiteaux sculptés.

      Au sud-ouest du transept, un escalier à vis permettait d’accéder au clocher aujourd’hui disparu. Cet escalier à vis présente l’originalité d’être doté d’une chemise en voûte, voûte dite de « Saint Gilles », alors que la plupart des escaliers à vis en France laissent apparaître leurs marches. Seuls quatre escaliers à vis en France présentent ces mêmes caractéristiques. Face à l’escalier un évidement dans le mur permettait des rangements ou était l’amorce d’une éventuelle sacristie.

          Entre la travée du chœur et celle de la nef, l’arc triomphal repose sur deux sculptures représentant deux petits atlantes accroupis qui le soutiennent.

      Enfin l’autel roman primitif, longue table de pierre monobloc, avec pierre d’autel sculptée, est actuellement dissimulé sous un bâti destiné à soutenir un magnifique retable qui surprend dans cette chapelle authentiquement romane*.

                                                                                       

                                                                    Jean Fabre, Puygiron 1991

 

      *Elle a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 25 juin 1925. (NDLR)

 

Le Tabernacle de Saint Bonnet


 

Retable.jpg

 

 

       Classé parmi les Monuments historiques, le tabernacle en bois doré du XVIIe siècle de Puygiron est une pièce exceptionnelle. Son état de conservation a impliqué des travaux de restauration conséquents réalisés par l’atelier de M. Haddad à Avignon. Après avoir été déposé, traité et consolidé, des éléments perdus ont été reconstitués afin d’être réintégrés. Le vernis résineux et les couches de peintures successives ont été dégagés afin de redonner à la dorure et à la polychromie leur aspect original. Un socle a été créé afin que l’ensemble puisse être présenté de manière sécurisée dans l’église paroissiale du village.

 

           Source : http://etudesdromoises.free.fr/pdf/086-10.1992.2.pdf


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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
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L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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