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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 22:22

 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 18:09

      

       La France est le premier consommateur de pesticides de l’Union Européenne, 10% de cette consommation sont utilisés par les jardiniers amateurs et les collectivités pour la gestion des espaces verts et des voiries. L’industrie horticole a convaincu les jardiniers amateurs, que nous sommes, que le bonheur dépendait de l’uniformité de leur pelouse à grands renforts d’engrais et d’herbicides. Le Conseil Général de l’Isère a engagé un travail de fond avec la Direction départementale de l’Équipement pour renoncer au désherbage chimique au bord des routes. Il est à l’origine d’informations pour tous les consommateurs de pesticides et a engagé une concertation avec les autres conseils généraux.

       Qu’est ce qu’un pesticide ? C’est un produit chimique, conçu pour détruire les organismes indésirables. Ils sont composés de substances actives qui tuent un organisme ciblé. Mais, un grand nombre d’autres organismes est exposé aux pesticides : les autres plantes, les insectes, les oiseaux, le grand gibier et nous. C’est pourquoi une campagne est lancée par la FRAPNA sur notre département : Une Drôme sans pesticides.

        En effet, il s’agit d’interpeller les collectivités et de les engager vers un changement de pratique : une proposition de délibération de conseil municipal a été envoyée à toutes les mairies du département afin de limiter les pesticides et de nombreuses communes ont répondu à cet appel. Des alternatives sont là pour nous aider, parfois des gestes simples souvent oubliés et utilisés autrefois résoudraient tous nos soucis de jardin : comme, pour éloigner les moustiques, utiliser des plantes répulsives comme le laurier, la citronnelle, le thym le romarin et les géraniums. Contre les fourmis : Le citron, la craie, le talc sont des répulsifs. Contre les limaces : de la cendre. Dans le jardin prendre soin de son sol, pensez au compost. Attirer les espèces qui contribuent à l’élimination d’insectes, planter des haies d’essences locales, installer des nichoirs, préserver ou créer des mares, protéger les pollinisateurs, installer des barrières, des pièges. Beaucoup d’actions sont préconisées pour éviter les pesticides : vous pouvez vous informer sur le site www.isere.fr et lire : « Ravageurs et maladies au jardin : les solutions biologiques »

                                                                               D. J.

       Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 14:57


       Vous l'avez certainement remarqué, dans le village ou dans votre jardin, les marronniers se sont crus en automne alors que nous étions encore en été !

       Ces dégâts sont dus à une mineuse : Cameraria ohridella. C'est un petit papillon brun ocre, de 3 à 5 mm de long, dont les ailes antérieures, brunes, ont des stries argentées, et les ailes postérieures, étroites, sombres, sont longuement frangées. Les antennes sont rayées et environ aussi longues que les ailes. Ses chenilles dévorent l'intérieur des feuilles pendant l'été, qui brunissent et se recroquevillent. Ce minuscule papillon a été découvert en 1984 au bord du lac d'Ohrid (d'où il tire son nom spécifique), à la frontière entre la Macédoine et l'Albanie. Décrit comme espèce nouvelle en 1986, il s'est rapidement répandu dans toute l'Europe, principalement grâce à une colonisation anthropique. En effet, l'homme reste le moyen préféré pour C. Ohriddella pour se propager. En 20 ans, le ravageur s'est installé sur tout le continent, de l'Angleterre à la Russie.

       La mineuse du marronnier a progressé rapidement depuis son signalement dans l'Est de la France. Elle a été observée à Paris et en Île de France en 2001. En 2005, 80 % du territoire français est touché. Seuls les départements du Finistère et du Sud-Ouest sont épargnés. D'après les chercheurs du projet Européen CONTROCAM qui étudient les effets des attaques de la mineuse sur les marronniers d'Inde, il est très fortement recommandé d'éliminer totalement en hiver, par incinération et compostage, les feuilles mortes qui abritent les chrysalides afin de limiter les dégâts l'année suivante. En effet, l'influence sur la croissance des populations de la présence des feuilles au sol durant la période hivernale a été confirmée. Si une lutte complète n'est pas possible, la pression d'infestation sur les arbres se trouve nettement réduite. De plus, des oiseaux se sont rapidement adaptés et se nourrissent des chenilles présentes sur les feuilles du marronnier, limitant ainsi la prolifération. Les mêmes recherches sur la physiologie du marronnier ont montré que les arbres fortement attaqués produisent des graines et des fruits plus petits, ce qui peut affecter la croissance et la survie des jeunes plants, mais les réserves en eau et la photosynthèse sont suffisantes pour ne pas réduire la croissance des arbres adultes.

       Vous pouvez être un précieux relais de cette information auprès de vos voisins et de vos proches.

      

        Pour en savoir plus : l'INRA, Institut Fédéral de Recherche sur la Forêt, la Neige et le Paysage (Suisse), l'école d'ingénieurs HES de Lullier (toujours en Suisse), l'ASSA (Association Suisse de Soin des Arbres).

                                                                                         D. R.

       Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)

                                                    

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 13:59


       Depuis le printemps, Chantal et Jacques Dorier nous accueillent au bas du village avec des fleurs. Merci pour cette heureuse initiative ! Voilà un moyen verdoyant de « clore » sa propriété. Les fleurs ont leur langage... Ici, c'est sans doute un message, un témoignage de sympathie ou comment concilier le besoin légitime d'intimité et une meilleure intégration dans la verdure et le paysage.

       Quel bonheur, en montant au village, de trouver sur sa route une prédominance de haies variées qui conservent toujours un attrait, quelles que soient les saisons, et offrent l'hospitalité à de nombreux animaux !

                                                                                 M. R.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 22:12


       La poésie du béton et de l'asphalte n'attire plus guère les foules. Le monde se minéralise, s'atomise, s'informatise, et les Français se tournent de plus en plus vers le monde du vivant : les jardins, la forêt, la campagne. Il suffit d'une fleur et d'un jardin autour pour embaumer les heures et colorer les jours.

        Christian Cointat, membre de la Délégation parlementaire pour l'Union européenne


       Universels, les jardins potagers, incontournables, dans les châteaux et les fermes, les campagnes et les villes où les jardins ouvriers depuis le XIXe siècle entretiennent le rêve de la nature et permettaient aux ouvriers défavorisés de mieux se nourrir. 250.000 jardins ouvriers en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

       Et chez nous, à Puygiron, qu'en est-il de ces jardins potagers, visibles ou invisibles, attenants aux fermes ou cachés derrière des murs, les potagers qui ont des décennies durant fait vivre en autarcie des familles ?

       Les modes de vie évoluent et il est rare aujourd'hui de vivre « sur » son jardin. Mais malgré tout, le jardin d'agrément comme le potager, n'ont pas disparu de notre horizon.

       À la question posée à Nicole et René Bonnet : « Autrefois il y avait plus de potagers autour du village, même à l'écart des maisons ? » Ils répondront : Certes oui, car il y avait près du Jabron toute une zone bien arrosée par le canal et un système de vannes distribuant l'eau, maintenant tout cela n'existe plus. Il y a bien l'eau du Rhône mais ce n'est pas pareil.

       Nos amis mettent surtout en avant les beaux potagers de Puygironnais comme ceux des familles Vernet, Gandon, Dumas, Moyroud, Francis Gay... et bien d'autres.

       -  Autrefois, ajoute Nicole Bonnet, quand ma grand'mère vivait, c'était un grand et beau jardin, au bord du Jabron. Mais, même s'il est plus petit, René y est quand même tous les jours.

       René aime occuper son temps au jardinage. Ancien fonctionnaire de la Police nationale, il n'en est pas moins resté amoureux de la terre. Natif d'Espeluche, il a été élevé à la campagne où son père cultivait un grand jardin. Devenu puygironnais depuis son mariage, maintenant à la retraite, il partage son temps essentiellement entre la course à pied, la coupe du bois, et les travaux extérieurs dont le potager fait partie.

       -  On mange des tomates qui n'ont pas voyagé ! Et des salades, des blettes, des poireaux. Les chevreuils, à cause de la sécheresse ne trouvent plus de jeunes pousses alors ils ont mangé tous les épinards, dit-il en riant de la bonne plaisanterie des animaux. Je ne traite pas, j'utilise du fumier sec. J'ai au moins dix variétés de salades. On sait ce qu'on mange.

       Nicole, elle, aime les fleurs. Toutes les fleurs. Et dans son jardin, autour de la maison, tout pousse :

       -  Des roses aux chrysanthèmes. Les cosmos, les dahlias, et les soleils, du printemps à l'automne. 

       Non, la tradition ne se perd pas. Le potager, il faut vouloir y consacrer du temps, être patient, un peu résistant. Mais quelle récompense quand, le cultivateur à l'entrée de l'hiver, peut contempler, les cardons emmitouflés contre le gel, les alignements de poireaux, et la terre qu'il a remuée avec amour pour les prochaines semailles.

                                                                                                                                   N. P.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)


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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 19:00

Cet été, en effet, j’ai compté les papillons qui passaient dans mon jardin. C’est une recherche quantitative qui était réalisée afin de se rendre compte de la présence indispensable de ces insectes. Ils sont à la fois des agents pollinisateurs, des proies pour les oiseaux, les batraciens ou les chauves-souris, et jouent un rôle important dans le bon fonctionnement de la nature. La mobilisation était mise en place sur Internet par l’organisme Noé conservation qui a pour mission de sauvegarder la biodiversité, par des programmes de conservation d’espèces menacées et de leurs milieux naturels, et en encourageant le changement de nos comportements en faveur de l’environnement. Cet organisme, soutenu par le ministère de l’économie et du développement durable, vient de m’envoyer les premiers résultats de ce comptage : « La saison 2006 de l'Observatoire des Papillons des Jardins est terminée depuis la fin du mois d'octobre, et nous pouvons donc tirer un premier bilan, très positif grâce à votre mobilisation ! Les chiffres ressemblent à un générique de péplum : 14.566 participants, une moyenne de 5.000 jeux de données transmis par mois, plus de 2.700 questions... La première victoire, c'est cette participation ! Il nous faut maintenant attendre le printemps pour reprendre les observations et les comptages. La biodiversité a besoin de votre aide !

Soutenez Noé, www.noeconservation.org

                                                                                                      D. J.

Publié dans Le Giron n° 11(janvier 2007)

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 17:30

                                                                                                                                Photo C. P.

Le mûrier du village est un arbre remarquable à plus d’un titre : ses dimensions hors du commun, la beauté de son tronc torturé, sa ramure vaste et harmonieuse et, bien sûr, sa valeur culturelle et historique. En effet, c’est certainement sous l’impulsion d’Olivier de Serres qu’il fût planté, il y a environ 400 ans. C'était à l'époque où Henri IV s'enquérait des moyens d'introduire la soie en France pour lutter contre l'importation de soieries étrangères. Le roi rencontrait cependant une opposition très vive de la part de son ministre Sully, qui ne voyait dans cette introduction qu'un luxe et une dépense inutile. Mais devant l'engouement d'Henri IV, Sully ne persista pas dans son hostilité première et facilita largement sa vulgarisation dans les diverses régions de France. Les nobles et les prêtres désireux d'être agréables au roi, firent planter des mûriers sur leurs terres, en bord de route, et distribuèrent même des primes à ceux qui se distinguaient dans l'élevage des vers à soie. Ce mouvement fut d'autant plus rapide que, sur la volonté d'Henri IV, la fourniture gratuite de plants et de graines de mûrier, ainsi que d'oeufs de vers à soie, était accordée aux agriculteurs. Olivier de Serres disait de cet arbre : « il est pour l’homme un des plus utiles qui existent, il lui donne ses feuilles qui lui font récolter le plus précieux et le plus beau des textiles, son fruit qu'il peut manger et qui sert à nourrir les animaux, une écorce dont il tire de quoi se vêtir, un bois qu'il utilise pour se meubler et qui sert encore à le réchauffer et à faire cuire ses aliments ». Il était même si préoccupé de tous les avantages qu'on pouvait en retirer qu’il découvrit sur cet arbre une source de richesses à laquelle on n'avait pas songé avant lui : de la seconde écorce du mûrier blanc, disait-il, on peut tirer une filasse propre à remplacer le chanvre. Et c’est ainsi que dans l'ancienne province du Vivarais, des vignerons se servaient de petites cordes faites avec l'écorce du mûrier pour attacher leurs provins et échalas. Le mûrier de Puygiron est un mûrier blanc (morus alba). Arbre des régions tempérées mais rustique, il peut résister à des froids de moins 25 °C. Son aire de végétation est très étendue puisqu’il occupe une vaste surface de l'Asie, depuis le Japon et la Chine (qui est son pays d'origine) jusqu’en Inde au pied de la grande chaîne de l'Himalaya. D’une façon générale, on peut dire qu’il pousse partout où l’on cultive la vigne.

Pour la petite histoire, il semblerait que les premiers mûriers aient été plantés en France à Allan, vers 1495 Par Goyapse de Saint-Auban, seigneur d'Allan, après l'expédition de Charles VIII en Italie… Des générations ont accompagné la croissance du mûrier puygironnais et toutes ont su prendre soin de l’arbre et le préserver des agressions successives. Mais son aspect actuel inquiétant peut nous laisser imaginer le pire. C’est pour cette raison que j’ai sollicité l’avis d’une spécialiste en la matière, Nelly Audigier, ingénieur horticole. Son constat est le suivant : des tailles d’entretien qui ont été réalisées dans les règles de l’art (respect de la structure de l’arbre, enlèvement du bois mort, etc.), et la pose de haubans en acier inoxydable pour soutenir une branche charpentière trop lourde, créant une fissure dans le tronc qui s’ouvre petit à petit, mettant ainsi en péril la longévité de l’arbre.

Aujourd’hui, ce câble devient dangereux car il étrangle progressivement la branche haubanée par manque d’entretien du câble. En effet, chaque année l’arbre produit une cerne de croissance sur la circonférence de son bois entraînant une augmentation du diamètre du tronc. La sève des arbres circule uniquement dans la partie périphérique du tronc. L’étranglement d’une branche entraîne donc sa mort. Il conviendrait donc de desserrer ou de remplacer le câble existant avant la prochaine montée de sève du printemps prochain. Il serait également judicieux de haubaner les deux autres branches à risque. Des travaux d’aménagement du muret vont être réalisés prochainement. Pour ne pas entamer la longévité du mûrier, il est essentiel que les travaux ne modifient pas son environnement. À ce stade de maturité, cet arbre est hypersensible à toute modification de la nature du sol périphérique où il puise sa nourriture. Un vieil arbre n’est pas capable, comme un jeune, de s’adapter à de nouvelles conditions de vie. Il ne peut pas créer de nouvelles racines sans risque d’épuiser son énergie. Ces travaux pourraient se réaliser dans le respect intégral des racines, sans tassement du sol, en conservant même l’enrobé existant sous la future jardinière, pour ne pas remplacer ce revêtement imperméable par un sol perméable. Pourquoi ne pas imaginer un panneau de présentation de l’arbre, son âge, son histoire et les travaux qui sont réalisés régulièrement pour assurer sa pérennité.

P. R.

Publié dans Le giron n° 11 (janvier 2007)

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 15:45

Le développement durable est bien à la mode ces temps-ci et il ne faut pas s'en plaindre même si il est souvent utilisé de façon opportuniste et démagogique par nos hommes politiques. Mais c'est quoi au juste le développement durable ? Pour moi il est à l'économie mondiale actuelle ce que l'agriculture biologique est à l'agriculture, ce que l'homéopathie est à la médecine, ce que l'amitié est à la relation de bistrot. C'est fonctionner en pensant un peu plus loin que le résultat, visible et immédiat de nos actes. Au jardin potager, d'ornement, de ville ou de village, c'est d'utiliser des techniques peu gourmandes en énergie (dont la nôtre, nous aussi nous voulons durer), laissant le sol et son environnement propres et donnant un résultat positif (je précise car il est des pratiques aux conséquences durables mais catastrophiques) et stable. Vous, je ne sais pas, mais moi j'adore les exemples.

 

Travail du sol

Au jardin, tout vient du sol ; un sol durablement fertile est un sol suffisamment pourvu en humus ; celui-ci provenant de la dégradation de la matière organique fraîche (feuilles et tiges mortes, paille, tonte, etc.) par les vers de terre, les microorganismes et acariens et insectes du sol, il faudrait éviter de chambouler l'agencement naturel du sol par le bêchage et lui préférer un travail superficiel au croc, par ailleurs plus rapide et moins tuant pour le dos. Un sol ne devant jamais rester nu, on paillera les massifs, planches de légumes et parcelles restant vides en hiver.

 

Fertilisation

Les engrais chimiques sont destinés à nourrir la plante pas le sol ; ils n'apportent qu'une "fertilité" temporaire car ils sont peu fixés par le sol donc fortement lessivés par les eaux de pluie ou d'arrosage avec gaspillage et pollution à la clé. Les engrais et amendements organiques, eux, nourrissent le sol en participant à la formation de l'humus et par là du "complexe argilo-humique", véritable réservoir d'élément nutritifs pour la plante. Si le champion des engrais organiques est sans conteste le fumier, en la matière tout est bon à prendre, entre autres les feuilles mortes. Ne sont-elles pas un des rares apports dont bénéficient les arbres en forêt ? Il est bien certain que vingt-cinq centimètres de feuilles de platane ne feront pas du bien à une pelouse mais qu'on aura plutôt intérêt à les ramasser, mais pourquoi viser le zéro feuille sur son terrain ? C'est se priver d'une partie de l'ambiance automnale et de pas mal de matière organique.

 

« Mauvaises » herbes

Il faudrait plutôt parler d'adventices, c'est-à-dire de plantes poussant "à côté" de la plante cultivée. Il faudrait arrêter aussi de ne les voir que comme des nuisibles à éliminer coûte que coûte. Une de leur utilité principale est de ramener en surface, grâce à la diversité de leurs enracinements, des quantités d'éléments inaccessibles à la plante cultivée. On a donc intérêt, quand elles deviennent trop encombrantes, à les arracher et à les laisser se décomposer sur place. D'un autre côté, elles nous renseignent sur les déséquilibres du sol et contribuent à les corriger.

Si malgré tout la vue d'une adventice vous donne de l'urticaire, oubliez votre pulvérisateur et préférez-lui le paillage, la binette ou à la limite le désherbeur thermique. Les herbicides sont inadmissibles : ceux-ci polluent (le roundup et autres herbicides ayant le glyphosate comme principe actif sont effectivement biodégradables mais un de leurs produits de dégradation est le formol, toxique pour la microfaune du sol), leur fabrication ne l'est pas moins, ils sont dangereux pour l'utilisateur et le jardin des voisins et de plus ils sont chers.

 

Maladies

Ici encore il vaudrait mieux réfléchir un peu avant de se jeter sur son pulvérisateur. Les produits phytosanitaires sont (à part la bouillie bordelaise) peut-être encore plus néfastes que les herbicides : ils ont les mêmes défauts et peuvent en prime perturber l'équilibre du jardin en tuant, outre le parasite visé, les insectes utiles (abeilles, coccinelles, chrysopes, etc.) et en induisant des phénomènes de résistance chez les nuisibles. Il en va des plantes comme des humains : ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on est en mauvaise santé mais c'est parce qu'on est en bonne santé qu'on n'est pas malade. Une plante adaptée au climat, plantée à bonne exposition dans un sol propice et cultivée comme il se doit, a bien peu de chances d'être la proie des parasites ou maladies. Beaucoup des jardiniers ont d'autre part constaté une diminution des problèmes phytosanitaires depuis qu'ils ont arrêté tout traitement, laissant faire les auxiliaires (animaux utiles) et les défenses naturelles des plantes. Les agriculteurs sont souvent accusés de tous les maux en matière de pollution des eaux et des sols mais je serais curieux de connaître la part de marché que représentent les particuliers en ce qui concerne les produits phytopharmaceutiques.

 

Taille

Les flemmards vont encore être contents car la taille des arbres et des arbustes est de plus en plus souvent remise en question. Un professeur du Lycée horticole de Romans commence son cours sur la taille par un superbe « savoir tailler c'est savoir ne pas tailler ». Sans parler du laurier rose pour qui la meilleure taille est de perdre son sécateur, la taille (hormis de nettoyage) se justifie rarement pour les arbres et pratiquement jamais pour les arbustes (mis à part les rosiers, vignes et autres sarmenteuses. La taille courte des arbustes à fleur, outre de les défigurer et d'hypothéquer leur floraison, provoque l'émission de pousses vigoureuses qui attirent presque à coup sûr les pucerons. La taille sévère des arbres à bois tendres (peuplier, saule, marronnier, etc.) entraîne souvent la pourriture interne des charpentières et même du tronc. Pour les arbres et arbustes, la taille devrait se limiter à supprimer les branches mortes, trop vieilles ou mal placées. En ce qui concerne la taille des haies monospécifiques (composées d'une seule espèce), optez pour un profil "naturel" : arrondi pour les feuillus, conique pour les conifères. Il y a ainsi moins de dessus à tailler et la vigueur se répartit plus régulièrement de la base au sommet de la haie.

 

Haies

Si vous voulez planter un écran, oubliez un peu les leylands, cyprès bleus et lauriers amande qui ont montré leurs inconvénients : corvée de taille, épidémie de champignons et acariens parasites, et créez plutôt une haie sauvage mélangée (petits arbres, arbustes à fleurs et à fruits) qui ne demande que peu d'entretien, sert de refuge à bon nombre d'auxiliaires et offre un aspect changeant au fil des saisons.


Arrosage

L'eau est en passe de devenir un des problèmes majeurs de l'humanité. En plantant des espèces tolérant la sécheresse, en pratiquant le paillage, en acceptant de voir les pelouses jaunir en été, en réservant les arrosages aux plantes qui en ont vraiment besoin on peut, à notre échelle, lutter contre le gaspillage de l'eau.

Le développement durable du jardin c'est moins de dépenses, plus d'harmonie et, surtout, la satisfaction d'avoir contribué à laisser derrière nous un bout de planète équilibré, fertile et riche de potentialités multiples.

Frédéric Bintein

Quelques livres pour passer à la pratique :


 

- Le jardin potager biologique. Claude Aubert. La Maison rustique

- Ravageurs et maladies au jardin ; les solutions biologiques. O. Schmid et S. Henggeler. Terre vivante. (Les quatre saisons du jardinage)

- La Gazette des jardins. (bimestriel). En kiosque ou par abonnement. 23, av. du Parc Robiony. 06200 Nice

 

Publié dans le Giron n° 4 (avril 2003)

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 19:49

Triste constat

 Les méfaits de l’agriculture intensive ne se limitent pas à la destruction des lombricoïdes. Le labour profond et répété, avec des tracteurs de plus en plus monstrueux, équipés de charrues non moins énormes, conduit au compactage de la sous couche sous-jacente et à la formation de ce que l’on appelle la « semelle de labour ». Les racines de végétaux ne traversent plus ce glacis et s’étendent à l’horizontale, sans profiter des éléments disponibles dans la couche profonde, avec laquelle les échanges sont bloqués. Après la récolte, les pailles sont enlevées et c’est autant de matière organique sacrifiée (n’oublions pas que la paille est la nourriture du sol). Le déchaumage systématique qui suit, quand ce n’est pas l’écobuage, défavorise la tenue du terrain (fossés remplis de boues…) ainsi que l’installation du gibier…

Parlons du désastre en Amérique du Sud… Au brésil les agriculteurs n’ont pas attendu pour tirer des conclusions quand, dans les années 50/60, la mise en culture des sols, disponibles à la suite des déforestations, s’est soldée par un échec catastrophique. En quelques années de labour, la terre arable avait disparu, emportée par l’érosion, extrêmement agressive sous ces latitudes. Bien des paysages, ravinés, ruinés, présentaient un spectacle de désolation. La construction coûteuse de digues et de terrasses, subventionnées par l’État et exigées par les banques n’a fait qu’enrayer le processus, sans l’éliminer. Des agriculteurs pionniers se sont alors tournés vers une pratique culturale qui assure la conservation des sols et la pérennité d’une production.

 

Le semis direct

 Il consiste à abandonner le labour et à semer directement dans la couche superficielle, riche en humus, les graines de céréales ou de n’importe quelle autre plante cultivable. Le sol ne reste jamais dénudé, recouvert de pailles ou résidus de la récolte précédente, qui l’enrichissent en matières organiques. Rien n’empêche la mise en place d’un engrais vert qui sera détruit sur place, ainsi que les mauvaises herbes, avec un désherbant sans résidus ni toxicité pour la vie du sol, juste avant le semis de la culture suivante. Non seulement le sol conserve sa structure et sa micro-faune, donc sa fertilité naturelle, mais le semis direct conduit à fabriquer de la terre. Les rendements se maintiennent dès la seconde année d’exploitation et, à terme, augmentent ! Sous réserve d’observer une rotation appropriée des cultures, qui permet de maîtriser les maladies et parasites, le semis direct induit des économies considérables d’engrais et de produits phytosanitaires et aussi d’investissements en matériel, tracteurs surpuissants, charrues multi socs, herses, déchaumeuses, etc., n’ayant plus leur emploi. Le cultivateur ne se plaindra pas non plus de voir sa charge de travail notablement allégée. Son outil emblématique ne sera plus la charrue mais un semoir spécialisé, équipé d’un disque ouvreur pour fendre la couche superficielle, suivi d’un autre qui la referme sur la graine, déposé à la profondeur voulue. Ce semoir permet en même temps de distribuer avec mesure, si nécessaire, un engrais en le localisant sous la graine au lieu de l’épandre sur l’intégralité du champ. 14 millions d’hectares cultivés en semis direct au Brésil à l’heure actuelle, soit la presque totalité de la surface cultivée, constituent la preuve indéniable de la viabilité de cette technique qui, pourtant, n’en est qu’à ses premiers pas chez nous.

Quelques cultivateurs audacieux, ici et là, se lancent cependant dans l’aventure et on peut espérer qu’ils en encourageront d’autres, plus timorés, à suivre la même voie. Les résultats sont là pour convaincre, même les plus sceptiques !

 

Chasseurs

Après seulement deux à trois ans de semis direct, la terre, pourtant maltraitée depuis des décennies, reprend vie. La micro-faune réapparaît, les vers de terre s’installent (de 4 à 6 tonnes à l’hectare !). Le sol se restructure et redevient fertile. Quand on se penche sur une parcelle travaillée en semis direct, on est stupéfait du grouillement des fourmis, des sauterelles, des scarabées, des araignées et de toutes sortes d’insectes. Pas de mystère ! S’il existe quelque gibier rescapé, vous le trouverez dans cette parcelle, pôle d’attraction irrésistible. Insectes, avez-vous dit ? Petit perdreau deviendra grand ! Petits escargots et vers en surface ? Le coq faisan sera ravi ! Chaumes toujours en place à la fin de l’été ? Maman caille et sa nichée seront peut-être moins pressées de partir pour l’Afrique ! Couverts assurés tout l’hiver ? Au diable la froidure et les rapaces !

 

Noblesse du sol

Le semis direct, qui n’est pas une méthode biologique, au sens strict et un peu trop mode du terme (il faut parfois se débarrasser de parasites envahissants, limaces en particulier), présente cependant l’avantage inédit de rendre compatible les exigences de rentabilité d’une production agricole et la préservation de l’environnement. Il s’agit plutôt d’une philosophie qui vise à redonner ses lettres de noblesse au sol nourricier, en respectant le milieu naturel et à transmettre un capital intact et si possible enrichi, aux générations futures.

J. P.

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Jean Portal remercie tous ceux sans qui cet article n’aurait pu aboutir : Philippe Journoud, journaliste de presse agricole, Jean-Pierre Russier et Christophe Luizet (agriculteurs) et Didier Méalarès, directeur de France SEMEATO leader mondial du semis direct, fils des Puygironnais Andrée et Robert Méalarès.


Publié dans Le Giron n° 2 (mars 2002)

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 21:57

                                                                                                                                                Photo X

Bien, l’hiver est passé dans nos jardins ; un bon hiver, un vrai hiver avec des - 6°C, des - 10°C même dit-on ; un hiver qui nettoie bien, qui tue la vermine et tous les parasites. Bien, très bien même, sauf que les parasites et la vermine savent bien se protéger contre les grands froids : certains laissent leurs œufs bien au chaud, lesquels n’attendent pas le printemps pour perpétuer l’espèce, d’autres s’enkystent (comme hibernent les ours) pour se réveiller aux premières chaleurs et se ruer sur nos chères (dans le sens bien aimées et non onéreuses - enfin, j’espère pour vous) plantations. Les plantes, elles, ont peu de ressources contre le froid ; soit elles sont rustiques et supportent tranquillement ces températures, soit elles ne le sont pas et finissent grillées par le gel ou pourries sous d’innombrables couches plus ou moins protectrices et en tout cas, rarement esthétiques. Cela étant, pas de panique, la nature est bonne, même dépaysée ; on va laisser nos mimosas, palmiers, lauriers roses, solanums, lavatères et autres agrumes frigorifiés tranquilles jusqu’au départ hypothétique de leur végétation (avril-mai) puis on taillera le bois mort au-dessus des rejets (ce sera parfois au ras du sol). Il suffirait pourtant de planter des espèces rustiques pour s’éviter ces dégâts du gel qui ne sont que l’exotisme à portée de binette.

                                                                                                                  F. B.

Publié dans le Giron n° 2 (mars 2002)

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Le Giron

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  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
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L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
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Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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