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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:58

      

      Aujourd'hui, notre ami Yves Puéchavy, nous livre une interview de jeunes femmes et jeunes hommes qui ont fait le choix de s'inscrire dans la société à contre-courant des idées reçues, des modes, des fausses valeurs liées au profit maximum, à la compétition, à l'exclusion. (N. P.)

 

       Ils, elles, sont souvent jeunes, instruits, se servent des outils que le progrès à mis à leur disposition ; ils ne se considèrent ni rebelles ni marginaux, entretiennent des liens étroits avec leur environnement, tissent une toile dont personne n'est exclu, surtout ceux qui ne pensent comme eux ; ils sont partout et nulle part on en parle ; ce sont des foyers dont la chaleur se diffuse lentement, des ondes à faible portée, des lucioles de proximité. Ils ont placé l'humain au cœur de leurs projets et de leur vie, innovent, utilisent des techniques nouvelles en matière de culture, de construction, de communication, troquent, échangent, se font confiance. Un autre monde se construit, grâce à eux, à ce qu'ils sont, à ce qu'ils aiment. Cette tribune leur ait consacrée.

       Écrire un article sur Blandine, Lucas, Mika, Gilles, Nancy ou Colin ? Ce sont leurs histoires, leurs projets, leurs mots. La manière de formuler leur réalité et leur rêves leur appartient. Je me suis contenté de leurs poser quelques questions qui n'apparaissent pas ici. L'important c'est leur spontanéité, leur franchise, leur enthousiasme. Je retranscris donc, sans rien changer ni embellir, leur expériences et leurs engagements, leur choix de vie, leur préoccupation, leurs centres d’intérêts.

Leur donner la parole c'est comme relier entre eux ces minuscules foyers, ces petites lucioles qui déjà éclairent l'avenir, en dépassant les clivages, les frontières, les idées reçues.

 

 

Lucas, Nancy, Colin, (le Percy, Trièves) reconstruisent une grange pour en faire des habitations et un lieu d'échange et de culture.

 

       Le point de départ de tout... j'habitais en colocation sur Grenoble, dans une énorme maison ; chauffage au sol, visiophone, tu étais pris en photo quand tu sonnais, tip top technologie... et puis un jour, gros pétage de plomb, j'ai réalisé que je ne voulais plus de ça et un mois plus tard je me suis retrouvé au fond des bois au Percy (Trièves), là où j'ai passé une partie de mon enfance ; j'ai récupéré un terrain de Jean-Marc, mon père adoptif qui est agriculteur, il m'a soutenu à fond et j'ai installé une yourte... retour aux sources ; pas d'eau ni d’électricité pendant deux ans, dans la forêt, livré à moi-même au milieu des bois !

      J'ai eu envie d'autre chose, de fil en aiguille, d'une yourte je suis passé à un camion, on avait toujours eu, avec les copains, le projet de créer un lieu collectif, sans savoir quand l'occasion se présenterait. Et cette grange m'est tombée dessus ! Ça c'est fait comme ça... on était devant avec Jean-Marc, mon père, et on se disait c'est con de laisser ce bâtiment en ruine mais il y a trop de boulot, personne en voulait dans la famille, vraiment personne d’intéressé. C'est toujours une question d'argent... j'ai voulu montrer que ce n'était pas qu'une question d'argent...mais aussi un choix de vie... je me suis toujours dit, qu'instinctivement, l'humain avait toujours su se construire un toit, et allez, avec mes potes on s'y est mis... Colin et Nancy, à Noël, m'avaient offert un porte clé, moi je leur ai offert une maison en ruine. On a décidé de mettre des sous de côté tout l'hiver et d'attaquer les travaux au mois de mai. D'autres copains nous ont rejoints, pour passer un moment tranquille ici, et ils nous ont filé un coup de main... on est cinq, depuis Mai, à bosser sur cette grange pour en faire deux habitations et un espace de vie collectif.

 

Lucas-devant-sa-grange.jpg


       L'idée c'est de ne pas mettre les pieds dans une banque, de montrer qu'on peut construire avec nos mains... l'humain vaut bien plus que l'argent, on peut faire des choses extraordinaires en se relevant les manches.

(Lucas réfléchit) il faut de l'argent, c'est sur...on nous a toujours dit « pour faire une maison ça coûte cent cinquante mille euros, ça met tant de temps, faut passer par tel et tel organisme ; nous on le fait pour vingt fois moins cher, ça prendra vingt fois plus de temps mais ce sera une maison habitée. Je ne voulais pas d'une maison qui appartienne à ma banque, du coup, depuis quatre mois on s'est lancé dans l’aventure. C’est bien de doser entre espace d'habitation individuelle, où chacun protège son intimité, et espace de lieu collectif.

       Pour l'instant, dans cette partie, (Lucas me désigne un abri incorporé à la maison) il y a encore des vaches. Pendant quelques années, le temps qu'il faut. On va refaire le toit, comme ça mon père pourra stocker de la paille tout le temps des travaux.

Dans le futur, ce sera le lieu collectif de l'endroit, y a plein d'idées ! Atelier de couture, de construction de yourtes, studio d'enregistrement, table d'hôtes, salle de concert... Les yourtes on va les installer, en bas, dans le creux... y a de la place, on a du temps devant nous... on prend autant de plaisir à construire ce lieu qu'on en aura à l'habiter. Dans deux, cinq ou dix ans on pourra voyager sans penser aux crédits à rembourser, et en ayant cet endroit à nous qui nous attend... ce ne sera pas une maison dans les normes, avec le look qu'on voit partout, mais elle ne nous aura pas coûté grand chose... pendant six mois ou plus on pourra la prêter aux potes pour qu'elle vive et nous on ira ailleurs, à l'étranger, complètement libres... vivre autre chose.

       L'idée c'est de se dire qu'avec de tels lieux, moi je dormirais jamais dehors et mes amis non plus. Peut-être que de mêmes lieux se construisent en ce moment en Europe mais aussi en Chine, de partout, et qu'on pourra aller de l'un à l'autre, faire le tour du monde en étant hébergé dans des maisons ouvertes, c'est ça l'idée. La solidarité c'est comme ça qu'elle se construit aujourd'hui. On est plein d'amour, plein d'amitié, on fait des choses pour les autres, les autres font des choses pour nous. On a tous envie d'être bien, d'avoir du confort, enfin le partage c'est l'idée qu'on a du confort. On a envie d'être libre, de pouvoir partir, revenir, d'exploiter ce qui vit en nous, nos désirs, nos paradoxes, d'avoir plusieurs vies en une seule. Le gros œuvre c'est tous ensemble : maçonnerie, isolation, charpente, toiture, chacun apporte son savoir, ses bras et ses moyens sans calculer. Pour les aménagements intérieurs, c'est à l'appréciation de ceux qui y vivront. Nous ne voulons pas que l'argent nous limite, devienne un problème, un sujet de discorde : nous sommes tous conscients que le chemin est long, mais c'est nous qui l'avons choisi. Tout ce terrain en contre bas c'est encore de la pâture, on voit les vaches, mais le projet c'est d'en faire des terrasses, des cabanes, d'implanter des yourtes, pourquoi pas un lac artificiel. L'espace existe, la configuration du terrain convient...en plus ce lieu a une histoire, personne ne sait quand cette grange a été construite. On ne trouve aucun plan, on n'a rien trouvé sur le cadastre.

        Les vieux nous disent que ce bâtiment a cinq cents ans minimum. La seule trace qu'on ait c'est un écrit qui date du 18e siècle et qui le mentionne comme grange dimière où les paysans payaient l'impôt. Un souterrain relie le haut du village au vallon que tu vois, il passerait sous la grange, on voit encore des traces de maçonnerie en pierres, des gros blocs taillés émergent par endroits, ça nous fait rêver. Un jour mon grand-­père creusait un trou pour les piquets de parc, sa barre à mine lui a échappé des mains et a disparu sous terre... il a cru devenir fou. En fait la barre à mine s'est plantée au fond du souterrain. Il était avec un ami italien, ils ont voulu creuser, se sont dit qu'ils découvriraient peut-être un trésor... ils n'ont jamais trouvé la barre à mine encore moins de trésor. C'est un lieu magique.

 

Grange.jpg


       Cinq cents ans plus tôt des inconnus ont construit ça, et nous, aujourd'hui, on reprend le chantier, on essaie d'en faire du beau, comme eux. Notre vision du collectif n'exclue pas des espaces d'intimité (Lucas me montre ce qui sera leurs habitations). Nous avons délimité nos logements futurs où nous pourrons être vraiment chez nous, nous isoler quand nous en ressentirons le besoin. Par niveau. En bas Colin et Nancy disposeront de cinq pièces à vivre, moi j'habiterais au-dessus d'eux, sur toute la longueur. Le poulailler que tu vois, ce sera leur chambre... (nous montons au niveau supérieur, marchant sur des poutres). Ici on va poser une verrière de douze mètres, une jacobine, la vue est magnifique, on est au milieu du Trièves, les montagnes ne nous agressent pas, elles nous entourent amicalement.

       Avec Fouad, Colin, quand nous étions dans la yourte, avant ce projet, nous avions créé un collectif, le Robin Sound System, on faisait de la musique dans les bois... On avait écrit un texte, on travaillait sur l'appartenance : « Robinson (Lucas prononce en anglais), à la mort quoi qu'il advienne, sans contrainte et sans frontière, car seul nos rêves nous appartiennent. »

 

       Aujourd'hui on est dans un monde où rien ne nous appartient, une espèce de force souterraine oriente et contrôle nos vies : il faut faire des crédits, consommer à outrance, tu paies ta voiture pour aller au boulot et tu travailles pour payer ta bagnole, c'est un cercle vicieux où tout t'échappe, où les relations humaines sont dictées, des lois, des soumissions consenties qui n'ont aucun sens ; bref, la seule chose qui nous appartienne ce sont nos rêves, personne ne peut les toucher parce qu'ils ne sont pas matérialisés. Ici, ils deviennent réalité et matière mais on veut rester le plus proche possible de ce qui nous anime. Que cet endroit ne devienne pas un lieu de contraintes, une fin en soi, un joli boulet qui nous empêche d'avancer. On vit nos rêves à fond, c'est notre seule richesse. Ce que tu vois c'est un rêve qui ouvre sur d'autres rêves. Ce projet motive tellement de monde...les gens sont toujours disposés à nous donner un coup de main, ils viennent de partout...à ceux qui me disent « Vous êtes fou, faut avoir du courage pour se lancer dans un projet aussi délirant » je leur réponds « c'est vous qui êtes fous et faut avoir du courage pour s'endetter sur trente piges ». Nous ne croyons pas que c'est facile de reconstruire ce lieu, mais nous sommes en train de le faire...


 

Blandine et Gilles (Le Cerf des Bayles, Trièves)

Atelier de couture et construction d'un théâtre.

 

       Gilles (parlant du théâtre en construction) : Il s’appellera « Le Poulailler ». C'est un futur théâtre international de ruralité, un lieu catégorie cinq avec une capacité maximale de cinquante personnes. Au-delà, au niveau des normes et de la sécurité c'est plus complexe et ce serait trop ambitieux. Nous comptons faire vivre cet endroit avec une fréquentation de vingt à trente spectateurs suivant les propositions artistiques, le plus large éventail possible. Notre ambition c'est d'en faire un lieu de vie et de rencontres. Un endroit convivial. D'associer sollicitation intellectuelle et artistique au plaisir d'être ensemble, tous différents mais curieux, prêts à recevoir, à se nourrir.

 

       Travailler aussi avec des auteurs qu'on aime bien... leur proposer un endroit chaleureux, peut-être plus intime que dans les structures plus importantes.

(Gilles descend) : Là on est sur la rampe d’accès, juste en dessous du dépose-minute. (Il arrive devant un mur) Pour le moment c'est en plein chantier. Il va y avoir une grande porte pare-feu, juste ici, par laquelle les spectateurs pénétreront dans le théâtre. Elle n'est pas encore posée, on l'imagine. Maintenant faut faire le tour. (On contourne le mur) Alors ici ce sera un sas de bienvenue, juste derrière les gradins qui vont monter à un mètre quatre vingt. Suis-moi, (quelques pas, on longe un couloir et on arrive dans la salle d’accueil), le bar sera là avec quelques tables. Juste à côté, au fond, les toilettes qui prennent beaucoup de place... elles sont adaptées aux normes pour recevoir des handicapés en fauteuil roulant.

 

Gilles-devant-son-theatre.jpg


       (Gilles se retourne et écarte les bras) : A partir de là c'est la salle de spectacle avec les gradins sur la gauche, tu visualises ? En face une belle scène de trente six mètres carrés. La hauteur de plafond est limitée, ce qui nous interdit les concerts sonorisés...on reste dans le théâtre, on pourra recevoir des artistes en résidence dans de bonnes conditions. Et surtout, juste dans le prolongement de la scène, une loge spacieuse. Dans le Trièves ça n'existe pas, je suis le premier à en souffrir, faut se changer dans la chaufferie ou les toilettes, c'est un peu galère. Les conditions d’accueil des artistes c'est important, faut rien négliger...pour qu'ils se sentent bien. On a fait le tour...

       (Gilles réfléchit) : Ce projet c'est un rêve de gosse qui se réalise... moi j'ai la chance d'être bien entouré, ma belle famille me soutient... elle fait plus que ça... c'est mon beau-père Éric Poulat le bâtisseur, l'architecte du théâtre... il sait tout faire, c'est un indien, un paysan. Il n'a aucune limite, les rares trucs qu'il ne connaît pas il les apprend en les faisant, c'est comme ça... ses mains savent. On travaille à deux. Lui il pense et réalise, moi je charrie les sacs de ciment, j'approvisionne, je suis un bon ouvrier, mais c'est à lui qu'il faudrait poser cette question. La solidarité inter-générationnelle permet de réaliser des trucs fous... c'est un magicien qui se met à notre service pour réaliser nos rêves, et moi je mets à son service pour l'aider à les réaliser. (Gilles me montre le long bâtiment juste en face).

        Juste à côté, dans la maison, Blandine travaille dans son atelier de couture. Nous sommes dans un projet de vie qui trouve sa cohérence en élargissant les possibles... on a simplement envie de vivre notre métier qui est lié à la culture, à la création... on se donne les moyens, à notre échelle, en prenant le temps. Ce théâtre permettra à des artistes de s'exprimer, on met cet outil à leur disposition.

Nous voulons expérimenter aussi bien le théâtre d'improvisation, amateur, et travailler avec des auteurs, mais on ne veut pas se faire piéger, avoir une image d'intello en milieu rural. Le but c'est de faire de venir ici des gens qui ne mettent jamais les pieds dans un théâtre...je crois à la dynamique qui s'installe quand tu es sincère, authentique, passionné.

       (Gilles balaie du regard son futur théâtre où des pièces de charpente, au sol, attendent d'être posées. Il passe devant moi, se dirige vers l'atelier de couture de Blandine qui ouvre sur la route, pousse la porte. On pénètre dans un lieu coloré et chaud où machines à coudre, tissus, vêtements, tables de découpe créent une atmosphère particulière, intime... un décor de conte.)

 

Nancy-dans-son-atelier-de-couture.jpg


        Donc ici, c'est la partie atelier de la créatrice de costumes Blandine, ma compagne. C'est une couturière styliste qui travaille pour le théâtre, une artisan, il n'y a pas de féminin pour ce mot ? qui a créé une ligne de prêt à porter sur mesure. Blandine et moi on s'est rencontrés par hasard à Marseille. Ses parents étaient paysans ici. Ils possédaient cette grange, là où nous sommes. Puis on a eu notre premier enfant, et Éric nous a proposé d'en faire une habitation et un atelier. Nous avons choisi de nous installer ici, un peu loin de tout mais plus près de nous. A Marseille c'était trop petit, trop cher... on s'est ouvert dans cet environnement apparemment fermé. On n'a renoncé à rien, au contraire, on a pu se réaliser et réaliser certains de nos rêves... Cet atelier, comme les vêtements de Blandine, c'est du sur-mesure...

 

 Propos recueillis par Yves Puéchavy

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:49

 

C’est le projet porté entre autres par Mme Colette Salvador, M. Pierre Laurent et leur comité de soutien, s’inspirant de réalisations du Nord et du Centre de la France. Il s’agit de la construction de 10 à 15 logements locatifs de 45 m2 de superficie avec un petit jardinet de 20 à 30 m2, réalisés en rez-de- chaussée sur un terrain de 4.000 à 5.000 m2 (espaces parking et boules). Ces logements peuvent être réalisés avec des crédits pour habitats sociaux et bénéficieraient de loyers avantageux et, selon le cas, de l’Aide Personnalisée au Logement (A.P.L.). Ils seront destinés à des personnes âgées non dépendantes, isolées du fait de la dispersion des familles. Ils évitent dans de nombreux cas la maison de retraite très chère et déprimante. Un ou deux logements pour handicapés peuvent être envisagés (nous pensons très fort à Lisbeth Meyer…).

Dans ce hameau sera créé un foyer qui permettra de se rencontrer sans être toujours chez les uns et les autres. Ce foyer sera ouvert à toute la population âgée du village et animé par une équipe de bénévoles. Il évitera de faire de ce hameau un endroit à part, un ghetto… Une petite pièce annexe facilitera la venue d’aide extérieure (assistante sociale, kiné, pédicure et coiffeur). Des commerçants ont déjà été contactés et pourront livrer pain, petite épicerie, produits congelés… Le regroupement des personnes dans ce hameau facilitera aussi l’organisation du travail de personnes extérieures comme les aides ménagères, les soignants…


                 Publié dans Le Giron n° 9 (janvier 2006)
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Le Giron

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  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
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L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
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       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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