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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 15:01

 

Enfant réfugié de Lyon chez ma tante Marthe Viel (j'avais 10 ans en 1944) à la ferme de la Tuilière, face au grand bassin rond, la ferme a été occupée par un colonel allemand avec force véhicules. Deux jours après les Américains, ayant repéré cet endroit, ont commencé à bombarder la ferme. Les soldats allemands nous disaient de nous cacher sous les tables de la cuisine qu'ils avaient tirées sous les angles des voûtes ! Puis nous nous sommes tous sauvés par la route d'Espeluche en agitant des mouchoirs, on voyait la tête des pilotes dans les avions, et les bombes tombaient dans les champs à 50 mètres. Nous sommes allés nous cacher dans le souterrain d'une scierie de pierres, où nous avons eu la visite d'un officier en manteau de cuir noir pour vérifier l'absence de résistants. Une semaine à gober des oeufs crus ! Puis silence ; en sortant un matin, nous avons trouvé les chars américains à côté et mangé notre premier chewing-gum.

        Mais je n'arrive pas à retrouver la situation de cette scierie.

 

                                                                               Edmond Savoyat

 

NDLR : Cela pourrait être l'ancienne marbrerie située sur la route de Rochefort ?

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:41

 

         Extrait du livre : Fraude, contrefaçon et contrebande, de l'Antiquité à nos jours.Faux-monnayeurs.jpg

Par Gérard Béaur, Hubert Bonin, Claire Lemercier. 2006

 

… Une autre affaire concerne un atelier du comté de Valentinois et Diois au temps d’Aymar IV (1279-1329). En 1327 deux frères, ouvriers de la monnaie de Puygiron, fournissent au monnayeur Guillaume de Palerme des flancs de monnaie valant 9 d pour qu’ils soient frappés avec des coins de gilats valant 18 d. Le monnayeur en introduit 10 dans son lot de 43 pièces, mais le contrôle du maître est suffisant pour démasquer la fraude. Soumis à la question, malgré le témoignage favorable du prévôt, Guillaume reconnaît avoir frappé une centaine de fausses pièces. Les ouvriers fauteurs déclarent aussitôt qu’elles n’ont pas été écoulées, affirmation que les habitants de la région contredisent immédiatement, ce qui montre au passage qu’ils trébuchent les espèces qui passent entre leurs mains… En novembre 1327, un des ouvriers et le monnayeur sont condamnés à être brûlés à petit feu jusqu’à ce que mort s’ensuive. Liés à un arbre comtal, ils sont exécutés de cette façon…


Autre Source : La revue belge de numismatique en 1877 mentionne la procédure conservée aux archives de Grenoble :


          "Procédures contre Guillaume et Bertrand de Fijac, frères, et contre Guillaume de Palerme, ouvriers de la Monnaie de Puygiron, qui avaient fabriqué et mis en circulation de la fausse monnaie ; - sentence du juge de la cour d’Aymar de Poitiers, comte de Valentinois et Diois, qui condamne Guillaume de Palerme et Bertrand de Fijac à être brûlés ensemble par la flamme et par le feu jusqu’à ce qu’ils meurent entièrement, sentence qui fut exécutée à Puygiron même sur l’ordre de Ponce de Floyrac, châtelain de ce lieu".

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:48

a-Puygiron-les-freres-Garnier.jpg

 

Voici une photo de Puygiron datant de 1931. On y voit les cousins Garnier de mon père. Le petit bonhomme au milieu est mon père, petit gars de la ville (Valence) en visite chez ses cousins. On y voit de gauche à droite Éloi Garnier, André et Abel Garnier, Sébastien (?), mon père Raymond Vieux, Charles, Ernest et Émile Garnier. Les cousins étaient six : Charles, Émile, Léa, Abel, Fernande et André nés entre 1911 et 1922. Trois d'entre eux sont décédés, vivent toujours à Puygiron Fernande, André et Léa (Léa Guérin qui vit chez sa fille Josette Lévêque). Peut-être les connaissez-vous ? Mon père qui a aujourd'hui 84 ans m'avait écrit, il y a quelque temps, ses souvenirs et je viens de retrouver le passage qui concerne Puygiron. Je vous le livre :

Nous allions de temps en temps dans la famille par le train et parfois ensuite le service de cars SNCF. Pour Puygiron, nous allions à Montélimar puis à proximité de Puygiron avec un petit train ou plus tard en car. Ensuite, on faisait un peu de marche à pied pour parvenir à la ferme d’en bas à travers champs. La ferme d’en haut, à David, n’était pas beaucoup plus loin. A Puygiron, nous assistions Lucile et moi aux travaux des champs : suivant la saison nous contemplions la moissonneuse-batteuse en pleine action ou nous regardions les labours, le soc de la charrue fendant la terre. Cette charrue était tirée par une paire de bœufs puissants et plus tard par un tracteur. J’allai garder les moutons avec Fernande aidée de sa chienne qui s’est toujours appelée « Bergère », même si ce n’était pas le même animal. Il y avait d’autres chiens : « Fifi » aux longs poils noirs, le « Boche » qui avait atteint l’âge de quatorze ans. Nous regardions le repas des cochons auxquels on jetait des betteraves à sucre en pâture. Il était interdit aux chèvres de s’égarer dans la luzerne. L’oncle Gustave a piqué une grosse colère un jour où ses chèvres ont crevé, le ventre gonflé démesurément.

Les champignons étaient nombreux dans les bois voisins, notamment les petits gris (ou nératous). La chasse était la distraction favorite des cousins. J’ai voulu un jour partir avec eux, mais cela m’a été refusé, à mon grand désappointement. Il y avait aussi les anguilles qu’on pêchait dans le Jabron. Le pain était fabriqué maison, le pétrin étant situé à côté de l’entrée de la ferme."

                                                             Anne-Cécile Pigache

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 18:13


       « En sortant de l’école nous avons rencontré un grand chemin de fer qui nous a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré… » Jacques Prévert

 

Les-anciens---pont-du-ruisseau.jpg

       C’est au cours d’une promenade autour du village que nous nous sommes rappelés des souvenirs d’enfance. Et c’est ainsi que nous avons évoqué les chemins de l’école à Puygiron.

       Marie France et ses inséparables voisins les Dumas (Jean-Claude, Monique) venant du Couchant, (chemin des Tuilières) se retrouvaient pour aller à l’école du village.

« Nous montions toujours à pied, profitant de cet espace de liberté, nos itinéraires variaient, par période et au gré de notre fantaisie. Nous retrouvions en cours de route d’autres copains, les Monier, les Laffont… Nous remontions le chemin jusqu’au transformateur, en passant sur le petit pont du ruisseau, comme nous l’appelions (le Drôme). Il nous fallait traverser la route d’Espeluche, peu fréquentée à l’époque. Nous rencontrions parfois le laitier qui venait  «  ramasser » le lait chez les Dumas et chez mes parents, les Dubourg. Et puis il y avait le boulanger qui faisait sa tournée et qui nous confiait le pain quand nous rentrions chez nous. Ensuite nous empruntions soit  le chemin des chênes, soit le chemin des abroids.

 

Les anciens  chemin des chênes

       Le chemin des chênes serpente jusqu’au jardin botanique (Piallat), et le chemin des abroids monte jusqu’au château. On courait après les papillons ou on jouait à Rintintin. Nous arrivions à l’école et retrouvions les copains du village et du Levant. On rentrait dans la cour, on jouait aux billes avant de commencer notre journée d’écolier.

       Nous avions un compagnon à quatre pattes, c’était Mammouth, le chien des Dumas qui suivait ses petits maîtres jusqu’à la porte de l’école et les attendait patiemment.

       Par tous les temps été comme hiver, nous empruntions ces chemins quatre fois par jour. Les garçons toujours en short, et nous les filles avec nos chaussinettes.

Ces moments-là étaient très formateurs et développaient notre autonomie et nous paraissent maintenant des moments privilégiés et heureux.

       Ces moments là de l’enfance semblent insignifiants et petits, mais importants avec nos yeux d’enfants. »

 

                              Propos recueillis auprès de Marie-France Meyer par Danielle Jean

 


       De nos jours nos enfants ne se déplacent presque plus à pied pour aller à l’école, mais un peu partout en ville comme à la campagne se crée des projets pédibus, des projets élaborés par des parents, projets sécurité, santé, convivialité, bonheur pour les enfants et démarche citoyenne et écologique.

       La Journée internationale “à pied à l’école” aura lieu le vendredi 24 septembre 2010. Elle s’inscrit dans le cadre de la semaine européenne de la mobilité.

 

        A lire : «  Sur le chemin de l’école »

d’Anne Bouin - Éditions Milan


 Sur-le-chemin-de-l-ecole.jpg      Un grand détour par le monde, pour découvrir d’autres façons de prendre le chemin de l’école, d’autres enfants qui considèrent comme une chance d’aller à l’école. Où il faut parfois marcher longtemps pour aller à l’école : Chez les Indiens de la Cordillière des Andes il faut une heure de marche pour atteindre la petite école de Caraz perchée à 2  250 mètres d'altitude au Pérou.

 

                                      Danielle Jean

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 15:49
 

 

       J’étais toute jeune fille. Je vivais chez mes parents, dans la ferme de Francis Gay, où ils étaient fermiers. Quand j’allais chez Henria Chaix apprendre à coudre, je traversais le Jabron par la passerelle et souvent Louis m’y attendait. Si un caillou était posé sur le muret près du ponceau, mon fiancé serait là, derrière le buis, à mon passage du retour…

Enfants de la DASS, Louis et son frère Roger avaient été placés chez Madame Tardieu dès leur plus jeune âge. À partir de 14 ans, ils furent envoyés à la ferme chez M. et Mme Almoric pour travailler. Louis y était heureux…

       Un jour de 1944, il alla en courant au-devant d’une patrouille croyant que les Américains arrivaient. Avec le père Beaud, cachés dans les fossés le long de la route de Dieulefit, ils se rendirent bien compte que ce n’était pas les Américains mais les Allemands ! Leurs chevaux ne pouvaient plus avancer et certains mourraient d’épuisement... Je me souviens encore de l’image de deux d’entre eux étendus au bord du Jabron chez Léon Sauvan… Louis retourna presto à la ferme pour prévenir tout le monde.

       Nous avions tous très peur… Chez les Almoric, il y avait du bien, et, prévoyante, Suzanne, la fille, eut vite fait de tout replier. Ainsi, bijoux, argenterie et draps furent cachés, à temps, dans un grand trou creusé par Louis.

       Ils sont arrivés par chez les Rostand et ont rapidement traversé les vignes en face de chez Francis. Quand ils sont entrés dans la ferme Almoric, ils ont tout de suite envahi la maison. Roger, qui était en bas, s’enfuit en courant dans la ramière, au milieu des jardins, et se cacha sous les haricots embranchés. Les « Boches » sont montés jusqu’à la chambre de Louis et Roger, dans le grenier. Le lit de ce dernier était encore chaud et ils se rendirent compte qu’il en manquait un… Ils les ont fait s’aligner, les Almoric, la grand-mère Viel, le commis Roche et Louis, le long du mur de la cour contre les crochets des cochons, et leur ont ordonné de placer leurs mains sur la tête. Ils les questionnaient en hurlant, toujours à la recherche du résistant. Combien de temps, cela dura… ? C’était effrayant et cela marqua à jamais Louis. D’ailleurs, pendant longtemps, Louis a raconté cette histoire dans les repas de famille en imitant le soldat le plus autoritaire. Mais qu’est-ce qui lui avait pris à Roger de fuir ainsi ? Puis, ils ont parlé entre eux et les ont tous expédiés à l’extérieur de la ferme.

       La famille Almoric et Louis se retrouvèrent sur le chemin sans rien et allèrent se réfugier avec mes parents, ma soeur et moi au château, où vivait Seinglat, un vétérinaire de Montélimar. Celui-ci nous organisa un coin pour dormir avec des matelas dans les celliers. Nous y sommes restés quatre jours et quatre nuits. Louis descendait donner à manger, chaque matin, aux bêtes restées à la ferme et en profitait pour chercher son frère. Il criait « Roger… Roger… » sur toute la commune de Puygiron mais rien… Au château, on nous donnait à manger et finalement, nous n’étions pas si mal. Nous étions jeunes et nous ne réalisions pas : cela nous changeait du quotidien et j’étais avec Louis… Par les petites fenêtres, nous surveillions ce qui se passait en bas. Nous les avons laissé faire leur vie et ils étaient contents. Avions-nous le choix ? « ça, ils savaient le faire marcher l’extracteur à miel ! » disait souvent mon Louis.

       Ils ont même tué le cochon de la ferme. Ils sont enfin repartis par la Coucourde… Et Roger revint à la ferme ! À ce que je sache, ce fut la seule maison « visitée » de Puygiron… Et les Américains finirent par arriver aussi et par le cimetière ! Je revois encore leurs chars immenses descendre devant la maison Piallat et les boîtes de corned-beef qu’ils nous laissaient en ravitaillement, à leur passage… Louis et moi, nous nous sommes mariés le 7 septembre 1946 et nous eûmes beaucoup d’enfants !

 

                                                                       Propos de Rose Dumas recueillis par D. R.


       Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 14:56


       Nous avions parlé dans le Giron n° 13 de nos canaux, héritage d'un patrimoine industriel. L'alimentation du canal principal se faisait au moyen d'un barrage appelé "sautière," situé sur le Jabron à proximité du centre équestre. Ce canal fournissait, en force hydraulique, des moulins à farine et des usines importantes comme la fabrique à soie de M. de Lacoste où travaillaient en moyenne, vers 1870, quarante ouvrières, la fabrique et la filature de M. Viel avec 90 ouvrières et enfin celle de M. Lacroix, la mieux outillée du département avec télégraphe et éclairage électrique, occupant 350 ouvrières. De nos jours, ces "sautières" servent uniquement au passage des véhicules "2 ou 4 roues" et à quelques promeneurs pour une ballade dominicale après un bon repas en famille ; plus personne n'a de pouvoir pour effectuer des travaux de gros oeuvre sur cet ouvrage peut-être propriété privée. Le Jabron se venge de la fermeture de nos moulinages, il continue son travail de sape et bientôt, il nous faudra des "bottes de sept lieux" pour "sauter" par dessus son lit.

                                                                                      M. R.

         Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 14:30


          Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 17:12

     

                                                                        Cyril, Hélène et la chèvre en 1941, devant la maison Bintein


       Ces souvenirs sont peu précis car j'étais gamin (12 ans)... Je vous les livre en vrac, sans garantie historique, surtout dans la chronologie. Au préalable, petites précisions géographiques pour situer la suite de mon récit : À l'époque, il y avait peu de maisons le long du chemin de Souaille. Nous habitions, ma mère, ma soeur et moi, la maison où vit actuellement ma soeur, Hélène Di Giandomenico. Il y avait un groupe de maisons au « Syndicat ». Cela comprenait la maison de la famille Baud, ainsi que là où est installée une partie de la famille Bayle. Et, de l'autre coté de la D327, un ensemble de bâtiments (entre autres, là où vit actuellement Michel Reboul) et de champs allant jusqu'au ruisseau Le Drôme et appartenant à Marius Théolat. En particulier, le terrain où j'ai fait construire ma maison (à l'angle de la D126 et de la D327) en faisait partie.

       Venons-en à mes souvenirs, purement anecdotiques. Dans la dernière semaine d'août 1944 (je pense que c'était le 22 août), alors qu'on chuchotait que « les Américains » arrivaient, on entendit, à la tombée du jour, le bruit caractéristique des chenilles de chars remontant la D327 vers le village et la ferme de Léon Viel (actuellement, celle de Francis Gay). Croyant que c'étaient les Américains, nous nous sommes précipités à travers champ (celui où est actuellement le lotissement « la Tuilière » à l'Ouest, sous le village) pour nous apercevoir qu'il s'agissait de chars allemands (de la 11e Panzer Division d'après les archives montiliennes) qui prenaient position autour du village. Comme à la parade, le chef de char était assis sur la tourelle, les bras croisés. Nous avons rapidement fait demi-tour, en abandonnant nos sourires ravis initiaux...

       Ces chars sont repartis le lendemain pour subir des tirs de l'artillerie américaine dans la plaine de Montboucher, entre La Vesque et l'usine Lacroix (Les gens, dans le village de Puygiron, pouvaient suivre ces combats à l'oeil nu, des remparts du côté ouest). À noter que, la veille ou l'avant-veille de l'arrivée des chars, un groupe de F.F.I. avait pris possession au carrefour du transformateur EDF et au pont sur le Jabron, uniquement avec des armes légères, « pour arrêter les Allemands ». Heureusement pour eux, ils ont décroché avant que les chars n'arrivent, pour aller se battre ailleurs dans la plaine de la Valdaine.

       Avec un décalage de 24 ou 48 heures (je ne me souviens plus), les chars furent remplacés par des troupes allemandes d'infanterie. Un émetteur radio fut installé dans la cour de la maison de mes parents, sous un gros tilleul. Il fut rapidement repéré par les Américains et un avion vint mitrailler l'émetteur alors que ma mère était en train de remonter un seau d'eau du puit situé juste à côté du tilleul !!! (On n'avait pas alors d'adduction d'eau) ... Par chance, elle ne fut pas atteinte (pas plus d'ailleurs qu'aucun Allemand) ; seule une poule qui béquetait fut tuée à ses pieds.

Nous avions aussi deux chèvres qu'on emmenait paître dans le champ de Marius Théolat (celui où j'ai fait construire ma maison). Chaque matin, on attachait les chèvres à un piquet, au bout d'une chaîne et on récupérait les deux bêtes le soir.

       Le lendemain (ou le surlendemain ?) de l'arrivée des troupes allemandes, les Américains ont lancé un tir de barrage d'artillerie. Les obus ont commencé à tomber vers Rochefort, puis se sont rapprochés des « grandes carrières » pour atteindre finalement la route d'Espeluche (D126), vers le transformateur EDF. Cela dura sûrement moins d'une heure, mais nous parut très long... À la fin de la journée, quand tout fut bien calmé, ma mère m'envoya chercher les chèvres dans le champ de Théolat. En arrivant là-bas, on se serait cru « à Verdun » : à la place de l'herbe, ce n'était que des entonnoirs de terre, les uns sur les autres... Et, au milieu de cet enchevêtrement, les deux chèvres toujours attachées, perchées sur un tas de terre et sans une blessure ! Elles ont bu plus d'un seau d'eau chacune quand je les ai ramenées à la maison. Eh bien, ce chamboulement du sol est redevenu visible lorsque j'ai fait décaisser le terrain pour implanter une piscine en 2004. Sur la photo ci-dessous, il est bien visible que la couche claire de « griffe » est interrompue par des entonnoirs en V, de terre sombre (le terrassier qui a fait l'excavation a été d'accord avec cette interprétation du profil de la coupe).

 

       Pour en finir avec cette période, je crois qu'il y a eu plusieurs Allemands qui sont morts sur le territoire de la commune (dont un, vers la chapelle St Bonnet) pour un seul Américain blessé près de la ferme de Léon Viel et cela, bêtement : il a dévissé d'un poteau télégraphique en posant une ligne de campagne et s'est cassé une jambe.

       En partant, les Allemands ont abandonné une quantité énorme de matériel et d'armes et il est miraculeux que les gamins que nous étions n'aient pratiquement pas eu d'accidents. À ma connaissance, seul un garçon de l'Assistance publique, de 13/14 ans, qui travaillait chez Almoric et dont j'ai oublié le nom a voulu faire éclater une roquette type « bazooka » contre le mur de l'église... Ce qu'il réussit à faire après plusieurs tentatives et ce qui eut pour conséquence une entame du mur de l'église (à peu près au niveau de l'emplacement actuel du monument aux morts) et, par miracle, un seul éclat dans la cuisse du garçon, mais qui avait fait une blessure assez vilaine.


                                 Propos de Cyril Tchoubar recueillis par Dominique Rault


           Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)


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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 16:19

       Les femmes représentent la moitié de l'humanité. Avant les années cinquante et hormis quelques rares exceptions, elles étaient fréquemment confinées à des rôles subalternes. Le certificat d'études était pour elles le diplôme nécessaire et suffisant : il était inutile d'aller au-delà. L'homme avait tous les droits et la femme écoutait... me dit Jeanne. Les femmes n'avaient pas non plus libre accès à leurs biens personnels et il fallut attendre 1965 pour qu'elles puissent signer des chèques sans l'autorisation de leur époux. Les affaires politiques étaient considérées comme hors de portée de l'esprit féminin et il n'était donc pas question que les femmes puissent voter. Suite à des luttes longues et difficiles, au début du siècle, elles se sont vues peu à peu reconnaître un accès au droit de vote égal à celui des hommes.

       Durant la première guerre Mondiale, d'importantes pénuries de main d'œuvre masculine se présentèrent et les femmes durent occuper des emplois traditionnellement masculins. Cela provoqua dans les esprits de nombreuses remises en question sur leurs capacités. En 1919, la Chambre des Députés se prononça en faveur de droits politiques pour les femmes, mais le Sénat bloqua la mesure. La ville de Bobigny élisait Marthe Tesson adjointe au maire le 18 mai 1925 ; cependant, une loi de janvier 1926 enlevait aux femmes toute responsabilité au sein des conseils municipaux.

       Dans les grandes villes, les suffragettes luttaient pour obtenir le droit de vote, mais les femmes de Puygiron étaient peu au courant de leur combat. L'accès à l'information se réduisait à quelques nouvelles régionales dans Le Petit Dauphinois. Jeanne et Monette se souviennent de l'arrivée dans le foyer de leur premier appareil radiophonique en 1950 seulement !

       Pendant l'Occupation, de nombreuses femmes rejoignirent les rangs de la Résistance. Un engagement qui conduisit la France libre du général De Gaulle à reconnaître l'égalité politique des sexes.

       Le droit de vote fut accordé aux femmes en France le 21 avril 1944, mais ne sera en usage que le 29 avril 1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections législatives. À Puygiron, cette nouvelle ne fut pas accueillie à la hauteur de son importance. On ne l'attendait pas... On sortait juste de la guerre, et tous étaient accablés. On enlevait les éclats d'obus dans les jardins et l'on se remettait doucement... Ce qui paraissait capital finalement était la réapparition de l'élection démocratique du Maire.

       N'oublions pas que sous Pétain, le Maire était nommé par le Préfet, souvent conservateur. Pierre se souvient de la nomination de son père, ancien gendarme, et de celle de M. Aymard. Les femmes allèrent voter la tête basse derrière leur mari. Votaient-elles comme eux ? Ce n'est pas certain et Monette se rappelle ne pas avoir été toujours du même avis que son époux !

Je demande à Monette, si elle se souvient de quelques anecdotes : oui, elle sourit en évoquant les deux voix données à l'âne Pompon et le nom de son mari rayé au profit d'elle-même !!! Elle énumère les Maires qui se sont suivis, M.Aymard, M. Deloule et puis, bien sûr, son époux.

       En 1947, Germaine Poinso-Chapuis devient la première femme nommée ministre en plein exercice, Ministre de la santé publique et de la famille. En 1989, Catherine Trautmann devient la première femme maire d'une ville de plus de 100 000 habitants, Strasbourg. En 1991, Edith Cresson devient la première femme nommée Premier Ministre.

       En 1999, la Constitution intègre le principe de parité, qui permet une loi sur l'égal accès aux fonctions politiques l'année suivante. La loi du 6 juin 2000 sur la parité prévoit une parité totale pour les scrutins de liste et des sanctions financières aux élections législatives si le nombre de candidats d'un sexe dépasse de 2 % celui de l'autre. Aux élections législatives de 2007, la représentation des femmes à l'Assemblée Nationale atteint un nombre sans précédent : 107 femmes ont été élues ou réélues, soit 18,54 % du nombre total de députés. Depuis, la France figure au 58e rang mondial et au 15e rang en Europe pour la représentation des femmes au Parlement.

 

            Merci Jeanne, Monette et Pierre d'être toujours aussi enthousiastes et accueillants. 

                                                                                                             D. R.        


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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 15:37


    Dans les jardins, entretenus laborieusement par nos générations d'anciens, l'eau nécessaire aux cultures était souvent pieusement empruntée à des canaux qui les bordaient. Ces canaux étaient nombreux à Puygiron et furent construits initialement, pour les besoins en énergie de moulins à grains et filatures de soie. Des syndicats d'utilisateurs des canaux virent le jour afin d'obtenir un droit d'eau pour utiliser cette manne avec parcimonie et selon un calendrier permettant d'utiliser l'eau à tour de rôle. L'usine Lacroix de Montboucher doit son implantation géographique à la présence du Jabron et du Vermenon, rivières, à l'époque, aux eaux abondantes même en période estivale. Le captage des eaux du Jabron passait nécessairement par Puygiron.

       Deux canaux furent créés sur la rive droite de la rivière :

       - Un avec barrage derrière Top semence alimentant le Moulin vieux, de nombreux jardins dont une cressonnière et la filature Borne, avant de rejoindre sous terre la cabane de la Vesque.

       - Un plus bas à hauteur de Jabron Loisirs, aérien sur une courte distance et recevant au passage les eaux de l'ancien moulin à grains du Barral. Le canal du moulin alimentait les jardins Dubourg et Locatelli.

       Ces canaux, héritage d'un patrimoine industriel retournent petit à petit à la nature à laquelle les ancêtres les avaient empruntés.

       Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'eau pour produire de l'énergie et les canaux ne contribuent malheureusement plus à la rencontre de l'eau et de la terre dans nos jardins. Des vestiges importants de ces ouvrages d'art existent encore sur la commune.

                                                                          M. R.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)

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Le Giron

  • : legiron
  • : Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
  • Contact

L'association

                L'association "Le Giron" a été créée le 24 septembre 2001 et a mis fin à ses activités en juillet 2013. Elle avait pour objectif de favoriser la rencontre et le dialogue entre les habitants de la commune afin de réfléchir ensemble à l'évolution de leur cadre de vie.
       Au cours de ses douze ans d'existence elle a atteint ses objectifs, donnant la parole aux "anciens", pour sauvegarder la mémoire du passé et même temps ouvert un dialogue avec les idées porteuses d'un avenir ouvert sur l'humanisme, l'écologie, la protection de la Nature, et bien sûr "l'autre", celui qui existe au-delà des frontières de notre pays. Elle a publié vingt et un numéros du "Giron" distribués gratuitement sur le territoire de la commune de Puygiron et au-delà, créé une bibliothèque de prêt. "Le Giron a été déposé à la Bibliothèque nationale.
       Le blog du "Giron" continue et reste ouvert à la contribution de ses anciens animateurs pour que vive son esprit et sa philosophie.

Recherche

Le Giron, bulletin semestriel

Un bulletin pour quoi faire ? Pour se rassembler le temps d’une lecture, se dire qu’on fait partie d’un village et qu’on a des intérêts, des souvenirs, des projets communs. Pour donner envie aux gens de réfléchir à ce qui se passe autour d’eux, à parler à leur tour car seul le dialogue fait avancer le monde.

Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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