Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
Le Giron demande aux Puygironnais expatriés de se rappeler à leurs concitoyens, en envoyant une lettre, une note, évoquant leur nouvelle situation.
Du chemin des chênes au détroit de Gibraltar… Bien plus qu’un raccourci, le chemin des chênes fut un chemin initiatique. Le lieu des premières confidences, des premières amours, je me souviens même de m’y être fiancé devant témoins. De ce chemin de vie, je garde un souvenir ému, une sensation de liberté. Bien des années plus tard, lorsque j’ai quitté la route toute tracée de mes études universitaires pour la production musicale, c’est ce même appel, ce raccourci, ce besoin de découvrir, qui m’a guidé.

De la musique à la radio il n’y a qu’un pas, mais, une fois encore, la curiosité, le goût du défi, m’ont poussé à reprendre des études de journalisme. Questionner, comprendre, rencontrer l’autre, les autres, leurs singularités, leurs ressemblances, ce besoin infini d’apprendre, je l’ai aussi trouvé chez ma femme Murièle. Ensemble avec notre petit Maël, nous avons décidé de quitter le Sud de la France, nos familles, nos amis, pour l’ailleurs, le Maroc et Tanger où nous vivons désormais. Léa y est née. Elle a sept ans aujourd’hui. Sa mère enseigne à l’école française, quant à moi je présente les journaux du matin sur Radio Méditerranée Internationale, radio bilingue, leader sur l’Afrique du Nord avec plus de vingt millions d’auditeurs chaque jour. Dois-je vraiment vous parler du Maroc, de ce royaume, si proche mais aussi si différent parfois. Un pays aujourd’hui en profonde mutation et qui s’ouvre, plus que jamais, aux millions de touristes avides d’Orient. Au-delà de l’exotisme, ici à Tanger, il y a une lumière, celle qui dépeint un carrefour géographique, culturel et religieux unique !
Une lumière que l’on retrouve dans tous les yeux de ceux dont les vies se croisent sur les bords du détroit de Gibraltar, Arabes, Français, Espagnols, Anglais, les langues se délient et les cœurs s’ouvrent ou se referment. Car dans l’ailleurs on s’y retrouve ou l’on s’y perd. Dieu merci, par-delà les embruns de l’Atlantique et de la Méditerranée, j’aperçois encore très distinctement le chemin des chênes de Puygiron.
Cyrille Arnoux
Publié dans Le Giron n° 10 (juillet 2006)