Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
Damien Arnoux sait que l’avenir appartient à la jeunesse. Il suffit de le voir une fois pour comprendre qu’il fait partie d’une certaine jeunesse consciente de sa force et de ses pouvoirs, de ses devoirs aussi, lucide sur lui-même et le monde. Simple, droit, s’exprimant avec un grand naturel, ce garçon élevé par des parents aimants, Arlette et Alain qui ont su lui donner un environnement d’affection et de compréhension, représente une sorte de contre modèle des « jeunes » en révolte infertile, un exemple d’homme de 24 ans, désireux de s’impliquer dans la vie sociale pour partager avec les autres connaissances et interrogations.
Ayant grandi à Puygiron, très tôt il prend conscience de la chance d’habiter un lieu privilégié : beauté de la nature, tranquillité des habitants issus pour la plupart du monde agricole. Ce privilège lui donne des devoirs aujourd’hui et il en parle : « Un patrimoine, cela se protège. Une terre habitée par des hommes généreux, avec une nature encore préservée, un ciel avec des oiseaux, de belles architectures, je me sens partie prenante de tout cet environnement dans lequel j’évolue » Cette conscience développée l’a conduit à choisir une spécialité de pointe dans son cursus d’élève ingénieur à Grenoble, la prévention des risques, la sécurité pour les hommes, pour l’environnement. Qu’il s’agisse de la sécurité individuelle des travailleurs ou de la prévention des risques industriels.
Il se défend très bien sur le terrain, effectue de nombreuses opérations-tests, et en situation réelle: gestion de personnes, intégration, organisation d’un Trophée des neiges, colonies de vacances. Tout ceci requérant sens de la communication, sens des responsabilités, bonne évaluation des coûts. Il baigne dans la vie associative et se rend compte que l’associatif fera partie de sa vie. Il prononce souvent le mot solidarité.
Ingénieur aujourd’hui, solidaire des autres, il est naturel qu’il soit porté vers les voyages. Sa curiosité scientifique, comme son altruisme, son sens de la beauté, le dirigent vers certains pays comme le Pays de Galles, l’Écosse où il peut à la fois se perfectionner en anglais et approfondir ses connaissances de la culture celtique. Il part pour Édimbourg afin d’étudier les problématiques liées à l’eau. En marge de sa profession d’ingénieur, il y obtient un master reconnu dans les pays anglophones. Il découvre dans une résidence internationale le plaisir de partager la vie d’étudiants, de chercheurs de différentes nationalités, suédois, canadiens, de son âge. « Je me suis fait des amis qui débarquent ici à Puygiron. Je pars et je reviens ».
Il garde des liens avec l’Écosse et y retourne deux fois par an pour consolider des échanges avec la France. L’Allemagne l’accueille également en 2004 pour un stage où il découvre un pays accueillant et soucieux à la fois de son histoire mouvementée et de la construction d’une Europe des peuples.
Son attachement à son terroir reste très fort. « J’ai des amis de longue date à Puygiron, Michael, Jérôme et bien d’autres avec lesquels nous parlons souvent. Avec eux et mon frère Clément, nous réfléchissons à des projets. J’ai redécouvert la fête du village. Tous ces gens qui dansent ensemble… L’année dernière j’avais initié la « Nuit des étoiles », il y a eu du monde. J’espère que nous ferons encore mieux la prochaine fois. Comme beaucoup de problèmes concernant la nature, la terre, me passionnent, ici je me suis attaché à recenser les espèces d’oiseaux que l’on trouve. J’en ai recensé vingt-neuf autour du Jabron. D’ailleurs, pour parler du Jabron, la qualité de son eau n’est pas si médiocre qu’on pourrait le penser. J’ai fait une petite étude, limitée sur une portion de parcours, j’ai pu noter la présence de nombreux invertébrés, absents dans le cas d’une pollution majeure.
Nous pouvons aussi être fiers de nos arbres, de la multiplicité des essences absolument remarquables. Ils méritent d’être mis en valeur. Nous avons la chance de vivre encore dans une vraie campagne, avec des haies denses, des champs cultivés, des bois… Quel privilège ! Un des enjeux majeurs des années à venir sera de concilier le développement de la commune tout en gardant ses spécificités et sa qualité de vie qui font son charme.
Ce jeune homme brillant et réfléchi est aujourd’hui sur le point d’entrer dans la vie professionnelle. Il attend des propositions après des entretiens d’embauche. Il attend avec confiance sans présomption, avec une certaine tranquillité que donne sans doute la bonne conscience.
N. P. et P. J.
Publié dans Le Giron n° 11 (janvier 2007)