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Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.

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Coins de terre


       La poésie du béton et de l'asphalte n'attire plus guère les foules. Le monde se minéralise, s'atomise, s'informatise, et les Français se tournent de plus en plus vers le monde du vivant : les jardins, la forêt, la campagne. Il suffit d'une fleur et d'un jardin autour pour embaumer les heures et colorer les jours.

        Christian Cointat, membre de la Délégation parlementaire pour l'Union européenne


       Universels, les jardins potagers, incontournables, dans les châteaux et les fermes, les campagnes et les villes où les jardins ouvriers depuis le XIXe siècle entretiennent le rêve de la nature et permettaient aux ouvriers défavorisés de mieux se nourrir. 250.000 jardins ouvriers en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

       Et chez nous, à Puygiron, qu'en est-il de ces jardins potagers, visibles ou invisibles, attenants aux fermes ou cachés derrière des murs, les potagers qui ont des décennies durant fait vivre en autarcie des familles ?

       Les modes de vie évoluent et il est rare aujourd'hui de vivre « sur » son jardin. Mais malgré tout, le jardin d'agrément comme le potager, n'ont pas disparu de notre horizon.

       À la question posée à Nicole et René Bonnet : « Autrefois il y avait plus de potagers autour du village, même à l'écart des maisons ? » Ils répondront : Certes oui, car il y avait près du Jabron toute une zone bien arrosée par le canal et un système de vannes distribuant l'eau, maintenant tout cela n'existe plus. Il y a bien l'eau du Rhône mais ce n'est pas pareil.

       Nos amis mettent surtout en avant les beaux potagers de Puygironnais comme ceux des familles Vernet, Gandon, Dumas, Moyroud, Francis Gay... et bien d'autres.

       -  Autrefois, ajoute Nicole Bonnet, quand ma grand'mère vivait, c'était un grand et beau jardin, au bord du Jabron. Mais, même s'il est plus petit, René y est quand même tous les jours.

       René aime occuper son temps au jardinage. Ancien fonctionnaire de la Police nationale, il n'en est pas moins resté amoureux de la terre. Natif d'Espeluche, il a été élevé à la campagne où son père cultivait un grand jardin. Devenu puygironnais depuis son mariage, maintenant à la retraite, il partage son temps essentiellement entre la course à pied, la coupe du bois, et les travaux extérieurs dont le potager fait partie.

       -  On mange des tomates qui n'ont pas voyagé ! Et des salades, des blettes, des poireaux. Les chevreuils, à cause de la sécheresse ne trouvent plus de jeunes pousses alors ils ont mangé tous les épinards, dit-il en riant de la bonne plaisanterie des animaux. Je ne traite pas, j'utilise du fumier sec. J'ai au moins dix variétés de salades. On sait ce qu'on mange.

       Nicole, elle, aime les fleurs. Toutes les fleurs. Et dans son jardin, autour de la maison, tout pousse :

       -  Des roses aux chrysanthèmes. Les cosmos, les dahlias, et les soleils, du printemps à l'automne. 

       Non, la tradition ne se perd pas. Le potager, il faut vouloir y consacrer du temps, être patient, un peu résistant. Mais quelle récompense quand, le cultivateur à l'entrée de l'hiver, peut contempler, les cardons emmitouflés contre le gel, les alignements de poireaux, et la terre qu'il a remuée avec amour pour les prochaines semailles.

                                                                                                                                   N. P.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)


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