Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
Photo C.P. - 26/11/2005 - 17 heuresParoles de rentrée
Une année qui commence, avec la rentrée scolaire, les premiers froids et les espoirs malgré les déceptions inéluctables. On ne peut se soustraire à l'image du monde, aux échos qui viennent ébranler la vie de chaque citoyen. Même dans un îlot protégé comme le village de Puygiron, le monstre dont on parle partout "la crise" perturbe l'avenir et les projets les plus simples. D'autant plus que l'on n'y comprend pas grand chose, malgré les explications des spécialistes de l'économie et de la finance. Par contre ce qu'on comprend c'est qu'il y a des floués et des tricheurs. Et que pour ces derniers le mot éthique ne signifie rien. Va-t-on continuer à vivre sans réagir dans une société où l'équité, la solidarité, l'écologie sont bafoués quotidiennement ? A-t-on le choix ? Oui on a le choix, et ils sont nombreux sur les ondes, dans les rues, sur Internet, à exprimer leur rejet d'un monde où l'argent prend le pas sur l'homme et surtout à essayer de construire, parallèlement, avec les moyens du bord et de chacun, d'autres règles, d'autres codes.
Et nous ici, dans notre communauté puygironnaise, nous glanons quelques bonnes nouvelles, les enfants ont dorénavant une cantine, la maison de Lisbeth est annoncée, une bibliothèque initiée par deux Puygironnaises cherche un lieu encore hypothétique... et un café va s'ouvrir. Des livres enfin pour ceux qui ne peuvent se déplacer jusqu'à la médiathèque de Montélimar, un café où s'asseoir au soleil, aux beaux jours, comme autrefois. Nostalgie d'Henriette Rey et d'Eliane. Il y a une tradition du café à Puygiron, comme dans la plupart des villages de France et cela manque aux habitants comme aux touristes.
Le restaurant attendu va ouvrir ses portes ? On peut s'en réjouir, en s'entourant de précautions, car il ne faudrait pas que l'ouverture nuise à la vie sereine du village. C'est une opportunité de développement, de convivialité, si les clients, respectueux des consignes se garent sur le parking et ne troublent pas, en sortant, la nuit paisible des habitants. Les automobilistes roulent toujours trop vite, surtout en prenant le virage devant le lavoir. Le premier ralentisseur ne suffit pas. Il en faudrait un de plus, réellement dissuasif.
Un joli moment à retenir pendant les journées du Patrimoine, la lecture à voix haute par les comédiens de Valentine Compagnie, dans la chapelle St-Bonnet. La belle littérature prenait tout son sens dans ce lieu fait pour la méditation et l'élévation de l'esprit.
Oublions les discours décevants des politiciens pour retenir les paroles de Sœur Emmanuelle, paroles qui recouvrent des actes réels, en direction des plus démunis. Un autre univers celui-là, qui réconforte quand le premier sape le moral.
Et avec l'élection du président Obama laissons grandir l'espoir que le monde même politique puisse changer.
N. P.
Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)