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Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.

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Hubert Vernet, la passion des fleurs



           Hubert et Françoise, un couple de Puygironnais que l'on associe tout de suite à la campagne que nous aimons, aux pierres, à la vie agricole, aux jardins et surtout aux fleurs. Sur le chemin du Pontillard c'est un plaisir de s'arrêter, dès que vient le printemps et jusqu'à l'automne finissant, pour admirer l'éclat des tulipes, les masses de dahlias, la bordure de rosiers du rouge clair au rouge mordoré. Le temps de saluer Hubert qui bine, pioche, arrose son grand jardin de fleurs. Carré clôturé, tache bigarrée qui enchante le promeneur. De l'autre côté de la route, jouxtant la maison ce sont, en cette saison, les cardons qui s'alignent près des salades et des courges.

      


       Hubert Vernet n'est pas né bien loin. En 1932, à Montboucher-sur-Jabron. Il a longtemps habité avec ses parents et ses deux frères, Roland et Maurice, une jolie ferme ancienne, toute proche, avant de faire construire la maison moderne où il vit aujourd'hui avec Françoise. Leur fille unique Christelle est partie vivre et travailler ailleurs.



       On s'est marié en 1972, précise Françoise qui, infirmière de son métier, originaire de Montélimar, a toujours connu une vie de travail à la fois à la ferme de ses beaux-parents et à l'hôpital. Tous deux évoquent la vie à la ferme pendant leurs jeunes années, les travaux, la contrainte des animaux, l'absence de loisirs... et pourtant un bonheur de vivre, un métier qu'on apprend avec ses parents, en s'y mettant de bonne heure, en toute saison levés tôt, couchés tard, les récoltes avec les moissonneuses-batteuses bruyantes, les foins, les betteraves les vendanges, et le cochon. Tout cet énorme travail de la campagne requérant l'aide des amis, des voisins, travail d'équipe coupé par des repas faits dans le partage.

       Le partage ? On en est bien loin maintenant. C'est chacun pour soi, chacun chez soi. Même les fêtes ne sont plus ce qu'elles étaient. Il y avait les orchestres qui menaient la danse, cela durait trois jours et il y avait plein de monde. Le café de Madame Rey ne désemplissait pas, pas plus que l'auberge de la Cigogne. Les fêtes prenaient beaucoup d'importance dans notre vie d'efforts, on se distrayait avec la pétanque et la belote. Les jeunes passaient du temps à s'amuser ensemble. Les "soirées belote" au lieu de la télévision. Les joueurs étaient capables d'y passer presque toute la nuit. Les boules, la chasse, c'était les principales distractions. N'oublions pas aussi le rôle joué par la paroisse. On était une vraie communauté.

        Nostalgie de la jeunesse enfuie et inquiétude devant une santé qui défaille et ne permet pas toujours d'embrasser comme autrefois les tâches rudes du métier agricole. Mais aussi constat réaliste : le monde change. On ne vit plus comme il y a cinquante ans. Quand il n'y avait au village qu'un ou deux propriétaires de voitures et très peu de lignes téléphoniques. Que la colline n'était que bois et garrigue.

       Hubert n'a pas seulement travaillé à la ferme, mais aussi à Top Semence jusqu'à sa retraite en 1988, retraite prise pour des raisons de santé. Pourquoi ce choix ? Comme pour beaucoup d'agriculteurs n'arrivant pas à vivre du produit de la terre et qui choisissent d'être salariés. Françoise assurait aussi ses charges d'infirmière et les soins aux parents âgés, se consacrant à l'hôpital et à la famille.



       Espérons que le jardin refleurira une fois de plus au printemps 2009. Que l'on verra Hubert botté et les outils plantés dans la terre, à côté des tulipes éclatantes. Et à ses côtés, Françoise, toujours courageuse, habituée en fille de famille nombreuse, en infirmière aussi, par vocation, à assumer le bon et le moins bon, en faisant confiance à la vie. Pour eux, pour nous, c'est un vrai souhait.

                                                                                                                            N. P.

           Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)


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