Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
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Il a suffit que soit posée l'hypothèse de l'enfouissement des déchets ultimes dans une carrière de Puygiron pour qu'un vent d'inquiétude souffle sur la commune, inquiétude née avant même que toute décision soit prise tant le sujet est sensible. En face de la seule éventualité, une sorte d'instinct de conservation, de bon sens aussi, a poussé les habitants de la commune à rejeter en bloc une proposition qui, si elle était acceptée, aurait rompu l'harmonie de la vie presque idyllique d'un petit monde jusque là protégé des avanies d'une politique mondiale souvent désastreuse pour l'équilibre de la planète et la santé physique et morale des hommes. Nous répétons souvent qu'il faut être attentifs à tout ce qui concerne le développement, l'évolution, la transformation, l'avenir de son village ou de sa ville et qu'il ne faut pas attendre que les dégâts soient patents pour exprimer des regrets et tenter de restaurer ce qui ne peut plus l'être.
On n'entrera pas ici dans le vif du sujet, grand et large sujet concernant l'environnement et l'écologie, qui sera brièvement abordé à l'intérieur de ce bulletin mais disons seulement que cette affaire d'enfouissement des déchets alerte suffisamment pour qu'on essaye d'en savoir plus sur le pourquoi et le comment de ce genre de négociation qui échappe au quidam. Il existe en France une grande mobilisation des habitants contre l'opacité dans l'information divulguée ou plutôt non divulguée par les élus, mobilisation aussi pour enquêter sérieusement sur les risques, les nuisances, les dangers, liés aux centres d'enfouissement. Dans plusieurs dizaines de communes, comme celles de Saint Jean aux Amognes, Bellegarde ou Graulhet - où la bâche de protection (géomembrane) sensée garantir l'étanchéité des déchets a éclaté sous la pression du gaz, des habitants ont fait échec à des projets comme celui qui avait été proposé à la Mairie de Puygiron, s'étonnant la plupart du temps d'avoir été prévenus très tard alors qu'ils étaient riverains de la zone concernée, réclamant transparence et concertation. Transparence et concertation devraient permettre d'éviter des situations d'affrontement déstabilisantes pour les élus comme pour les habitants de la commune. Que les projets importants soient portés très tôt à la connaissance des administrés, que de vraies discussions soient engagées dans un souci de réel bien-être et confort. Tout ne devant pas être mesuré à l'aune du profit, même collectif. Tout au long du récent G8 qui se tenait à Évian, les participants n'ont cessé de mettre en avant la nécessité de "penser autrement" (nous avions utilisé cette formule d'Edgar Morin dans le précédent Giron) et malheureusement les résultats ne sont pas encore probants. Espérons que nos communes, donnant l'exemple, se mettront à penser autrement le développement, avec ceux qui sont les premiers intéressés, les habitants.
N. P.
Publié dans Le Giron n° 5 (octobre 2003)