Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.

Publicité

A l'écoute de "Puygiron, Nature et Environnement"

 

Deux femmes, deux hommes, parlent, tranquillement, dans la paix de la nuit puygironnaise, en face des collines bruissantes de la vie animale, de l'harmonie des champs de lavande. Les enfants dorment. Nuit de pleine lune où la fraîcheur et la sérénité s'installent. La sérénité, car plus personne ne veut croire qu'insidieusement une lèpre peut venir ronger la qualité de la terre, de l'eau, des plantes, infliger des blessures au paysage. Ces gens ont trop d'amour pour leur terre et son histoire, leurs enfants, pour entrer dans le raisonnement de l'économique et du profit à tout prix, et aussi dans le système d'une surconsommation qui entraîne une pollution croissante aboutissant à ce qui les amène à discuter si tard et si sérieusement.

Cette conversation aurait-elle eu lieu si, par une journée de février 2003, l'un des responsables de la société Onyx n'était pas venu frapper à la porte de la vieille et belle maison d'Henri Chaix, maison entrée dans cette famille d'agriculteurs en 1826 ? Dès les premiers mots prononcés par l'inconnu, la stupéfaction est totale. On lui parle d'abandonner sa propriété car une étude en cours laisse augurer l'installation d'un site d'enfouissement de déchets ultimes dans une carrière proche.

- "Et comme ma maison se trouve à l'intérieur du périmètre des deux cent mètres de zone d'exclusion autour de la future décharge, on nous propose de nous acheter la propriété comme si c'était une affaire qui allait de soi. Surprise, colère se sont transformées en volonté d'agir. D'abord d'en savoir plus. Et l'information a commencé à circuler, facilitée par l'intervention d'une association d'Espeluche qui avait eu vent de l'affaire, précise Henri Chaix.

Mais il ne s'agit pas seulement du combat d'un homme et de sa femme, Henri Chaix, Président de l'association et Martine Chaix, nous précise le vice-président Serge Teyssier, mais de tout un groupe d'hommes et de femmes auxquels ce projet a donné l'occasion de manifester ses principes et ses convictions. Car si nous nous sommes mobilisés sur un problème bien précis, nous ne sommes pas moins convaincus qu'il y a une vigilance à exercer dans le domaine de l'environnement, au-delà de l'opposition ponctuelle et spécifique.

- "Cent dix-huit familles se sont jointes à notre action, conscientes que l'enjeu était de taille. Comment ne pas se battre pour ce que nos parents ont su préserver, ajoute Ghislaine Tessier, rappelant l'installation de son grand-père Marius Guérin dans les années trente, entre les vieux murs de la bâtisse du XVIIIe siècle".

- "Aujourd'hui, après les consultations d'experts, et plus particulièrement de Michèle Rivasi, ancienne députée, fondatrice de la CRII-RAD, la tension est un peu tombée mais non la mobilisation, intervient Henri Chaix, nous savons que la nature du sol calcaire ne convient absolument pas à l'enfouissement car il n'est pas étanche. Et il n'y a pas de garantie absolue quant aux membranes dites de protection. Aussi avons-nous demandé l'extension du périmètre de la zone de protection concernant le captage des eaux."

Toute l'affaire va donc être suivie de très près par Puygiron-Nature et Environnement et de plusieurs associations de sauvegarde de l'environnement et du patrimoine. Le vote de refus du Conseil municipal de la Mairie a apporté une satisfaction aux nombreux opposants à la décharge, mais ces derniers auraient souhaité que les administrés aient été tenus au courant du projet dès que la Mairie en avait eu connaissance, et avant même que le débat soit ouvert. Tant il est logique et démocratique que tout projet de développement, de transformation, d'évolution concernant la vie de la commune et de ses habitants soit porté à la connaissance des hommes et des femmes directement concernés, expliqué sans rétention d'information, et son bien-fondé discuté avec eux. Ils sont tous les quatre déterminés, avec ceux qui les accompagnent, à voir instaurer une véritable communication entre élus et administrés pour que ce type de problème ne se reproduise plus. Et c'est entre ceux qui ont en charge la protection de l'environnement comme le bien-être des habitants et les habitants eux-mêmes que les grands choix doivent être débattus, à la source.

- "A travers cette crise, ajoutera Ghislaine Tessier, les habitants se sont rapprochés et ont pris conscience qu'il faut faire l'effort de réfléchir à l'implication de chacun dans la chose publique. "Sans nul doute le fait d'être directement concerné par la réalité d'une pollution, la perte de ses biens et les nuisances diverses, joue dans la mobilisation citoyenne des adhérents au mouvement créé, mais au-delà, d'une manière moins personnelle, il s'agit bien ici d'un éveil de la conscience politique et du sentiment de solidarité qui est une vraie force.

N. P.

Publié dans le Giron n° 5 (Octobre 2003)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article