Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.

Photo : C.P.
Étymologie : Plusieurs hypothèses ont été émises toutes se référant au latin et au grec :
1) Podium Gironis (1328 : Pigeron), du latin podium, lieu élevé, colline, et du nom girus, le cercle se traduirait donc par le “mont rond”
2) Le lieu aurait été possédé par un certain Giraud Adhémar en l’an 833 qui lui aurait laissé son nom : Podium Giraudonis
3) gyro aurait été également traduit par ambitus murorum c’est-à-dire “enceinte de murailles” soit le “monticule fortifié”
L’origine de PUYGIRON reste incertaine malgré les différentes fouilles qui ont révélé l’existence d’une villa gallo-romaine, des traces de l’époque carolingienne et d’autres signes de l’Histoire tels que la mise à jour de quelques fosses, lors des travaux d’extension du cimetière, qui sembleraient avoir été des silos à céréales du village antique entre le VIIIe et le XIIe siècle. Cependant, on peut s’accorder à dire que l’établissement sérieux du village se serait produit au Moyen âge autour de la Chapelle St Bonnet édifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle.
Photo C. P.
Les historiens qui se sont penchés sur la formation des villages décrivent un processus dit d’”inscastellamento” qui, entre le Xe et XIIe siècle, fit se regrouper les cellules familiales. Auparavant, l’habitat rural, sans valeur par rapport à celle de la terre, était vite construit, mobile et fragile. C’est alors que les groupes familiaux, la plupart du temps contraints par le pouvoir ou le système de production et jusqu’alors dispersés dans la plaine, se rassemblèrent et édifièrent des constructions en matériaux plus lourds. Ce rassemblement se serait fait autour d’un point de fixation qui d’ordinaire était l’église paroissiale et son atrium, c’est-à-dire son cimetière, et quelquefois autour de la grande demeure fortifiée, c’est-à-dire le château. C’est entre le milieu du XIe et le milieu du XIIe siècle que s’impose le mot castrum qui désigne des agglomérations de maisons jointives succédant à la dispersion antérieure. Ce qui explique que la plupart des villages ou hameaux sont élevés sur l’emplacement d’une villa romaine.
Il est évident que le cimetière fut le point de rassemblement. Celui-ci, situé à côté de l’église accueillait non seulement les défunts mais offrait aux vivants la sécurité. Cet espace jugé sacré interdisait toute violence.
Fautes d’informations, les historiens conviennent que l’histoire des villages demeure obscure. Les documents écrits sont rares et peu explicites. Seules les remarquables prospections archéologiques restent convaincantes.
Peu à peu s’installa l’ordre féodal pour des raisons économiques, financières et militaires. La concentration des habitants conduit à la formation de la seigneurie. En latin, les mots dominatio, dominium ou potestas, désignant la seigneurie de l’époque proviennent du vocabulaire de la puissance publique, celle que le roi déléguait à leurs auxiliaires. Le titre dominus n’était attribué qu’au roi, aux évêques et aux “amis” du roi, les comtes, ces hommes qui ne partagent ce titre qu’avec Dieu et les différenciant ainsi de ceux qui détenaient le pouvoir privé à savoir le grand propriétaire ou le chef d’une maisonnée. Ils étaient investis du pouvoir de justice et de paix.
Depuis de longues années, les seigneurs travaillaient à être indépendants. Les guerres d’Allemagne et d’Italie profitèrent aux troubles internes : les évêques, les comtes et les seigneurs cherchaient à s’agrandir aux dépens des uns et des autres. Naissait l’anarchie féodale. Le pays fut livré au pillage. C’est de cette triste époque que date le comté de Valentinois.
Photo : C.P.
L’édification du château de PUYGIRON date du XIIIe siècle. Les premiers comtes valentinois transmirent PUYGIRON aux Poitiers qui eux-mêmes le transmirent à des vassaux : les Saint-Bonnet, les La Bâtie, les Rochefort.
L’histoire du Dauphiné est remplie de récits des guerres des seigneurs
Au cours des années, PUYGIRON passe entre de nombreuses mains. A la mort de Louis de Poitiers, le duc de Savoie s’empara en 1422 des comtés de Valence et de Die. En 1446, PUYGIRON fut cédé à Michel de Valpergue, écuyer du gouverneur du comté pour le duc de Savoie qui lui-même le vendit en 1448 à Jeannet de Valpergue. En 1449, PUYGIRON, dépendant du comté de Valentinois, fut donné à Bourc d’Aurole. En 1452, Arnaud de Salvis est reconnu seigneur de PUYGIRON dans une quittance aux syndics de Valence
Photo C. P.
Une paire de ciseaux scellée dans un mur a-t-elle été témoin d’une activité artisanale florissante ? L’influence de la soie sur PUYGIRON s’est-elle faite ressentir autant que dans les communes avoisinantes comme pourrait le suggérer la présence du vieux mûrier sur la place du château ? Ou plus tard, les collines éventrées par l’exploitation des carrières de pierres est-elle le signe d’une activité économique autre que l’agriculture ?
Quels ont été les combats, les peurs et les joies durant la Grande Guerre ou la Seconde Guerre mondiale ?
Ce sont autant de questions que nous nous posons aujourd’hui. Curieux de l’histoire de notre patrimoine, nous nous efforçons de faire des recherches, de rapprocher les événements et les données et ainsi vous faire partager nos découvertes. Nous vous ferons découvrir au fil de nos articles ce qui nous semble juste.
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N. T.
Publié dans Le Giron n° 1 (décembre 2001)