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Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.

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Pégirou, petito villo, grand renou !

      

       Étymologie de Puygiron : le mont rond. Podium Girons ou Pigeron en 1328, du latin podium, lieu élevé, colline, et nom d’homme germ. Gero, ou de girus, le cercle.

       La chapelle Saint-Bonnet (seconde moitié du 12ème siècle) marque l’emplacement du village médiéval, installé sur le site d’une villa gallo-romaine. Près de cette chapelle, les premiers travaux d’extension du cimetière ont mis au jour une trentaine de fosses qui étaient sans doute les silos à céréales, légumineuses et salaisons du village antique, entre le VIIIe et le XIIe siècle. Au XIVe siècle, période de grande insécurité, les habitations se sont regroupées autour du château perché. Les Poitiers, seigneurs du lieu, y possédaient un atelier monétaire. Deux de ses employés ayant fabriqué et mis en circulation des fausses pièces furent condamnés à mort et brûlés vifs à Puygiron. Parmi les anciens maîtres de la seigneurie, Bourc d’Aurole poignarda sa femme et empoisonna un prêtre de Valréas accusé d’entretenir des relations avec elle. Vers 1450, il fut lui-même assassiné dans son château et dans son lit par un bâtard des Baux qui lui reprochait la mort d’un parent pendant les guerres de Raymond de Turenne.

       En 1562, Jean de Boniot, seigneur de Puygiron, revenait de la chasse avec son arquebuse lorsqu’il rencontra Jean Meffre, un de ses vassaux, qui l’attendait à une croisée de chemins, lui aussi bien armé. Boniot eut le dessus, tua l’homme, mais fut ensuite contraint de payer 600 livres à la veuve et aux enfants du défunt. Un peu plus tard, il fut capturé par les Catholiques et dut payer une rançon pour retrouver la liberté. Enfin dans son testament, ce seigneur plein d’humour laissa la somme de 5 sols (autrement dit rien) à Charlotte d’Urre (Eurre) pour « l’ingratitude d’icelle de l’avoir laissé sans son voloir et consentement. » Des tranchées pratiquées pour la construction de l’école sur l’emplacement de l’église Saint-Jean-Baptiste, ancienne chapelle seigneuriale, permirent la découverte de deux rangés de tombes creusées à l’entrée du choeur. Elles contenaient quatorze squelettes attribués à la famille de Banne qui possédait Puygiron au 18ème siècle. Charles de Banne, mort en 1715, mesurait 1,88 m. et était certainement un bon cavalier. Sa tombe contenait quelques pièces de monnaie du temps de Louis XIV, un couteau de poche, un éperon, un fragment de mors, les deux branches d’un étrier et des dents de cheval. Au printemps 1789, les habitants de Puygiron déclarent : « Pour ce qui est du cultivable, le sol est sy mauvais et léger et exposé à être emporté par les eaux pluvialles qui tombent des montagnes, qui ravine les fonds, qu’on ne peut avoir que de très petites récoltes consistant au seigle, espeote, quelque peu de bled noir faisant en tout la troisième partie de la nourriture des habitants, étant obligé de s’en procurer de l’étranger pour suppléer à ce qui manque. (…) Il y a aussy quelque arbres murier pouvant nourrir environ une livre et demy graine de ver à soy. Peu de fruitiers et noyers. Une partie du terein est occupé par des vignes lesquelles sont de très peu de durée a cause de la maigreur du sol ne pouvant cependant produire autre chose. »

       Morice Viel naquit à Puygiron en 1851. Dessinateur et auteur de nombreux essais historiques, romans, nouvelles et poésies en occitan comme en français, il participa au grand mouvement de renaissance de la langue occitane de la fin du 19ème siècle.

 

         Extrait de « La Drôme insolite » de Pierre Palengat

 

         Publié dans le Giron n° 16 (juillet 2009)

 

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