Ensemble d'informations, de textes et d'images publiés par un groupe d'habitants du village de Puygiron dans la Drôme.
La ruralité perd chaque jour de ce maillage sociétal qui lui donnait sa cohérence et son confort de vie. Il n'y a plus de curé, ni d'instituteur, les médecins désertent les campagnes et il n'y aura bientôt plus de facteurs. Les habitants y sont de plus en plus isolés dans leur maison avec la télévision comme seul lien extérieur. La solitude est pénible, mais elle engendre aussi des sentiments d'insécurité. La ruralité, qui, des siècles durant, a été le lieu de travail par excellence, devient une zone, où ce sont ceux qui ne travaillent pas, parce qu'ils sont retraités ou parce qu'ils sont exclus des circuits actifs, qui sont les plus nombreux. Quand s'inverse une composante aussi fondamentale de l'organisation sociale, on comprend que la dite société en soit bouleversée. De plus, quand on parle souvent de mixité sociale, ne devrait-on pas parler aussi de mixité générationnelle ?
La ruralité c'est :
- Protéger et valoriser le patrimoine naturel et culturel.
- Contribuer au développement économique des ressources locales (agriculture, artisanat...) pour un développement durable.
- Maintenir une activité agricole dynamique et innovante.
- S'unir pour maîtriser les pressions urbaines et veiller à la cohérence des aménagements du territoire, un développement à une échelle intercommunale.
- Améliorer la qualité de vie des habitants.
- Maintenir les services publics, l'animation sociale (sportive et culturelle) et revitaliser le commerce local.
- Défendre et promouvoir l'identité rurale, valorisation des ressources locales, avec l'implication et les initiatives de la population.
- Favoriser un tourisme raisonné et sensibiliser au respect de la nature, faire revivre les pays ruraux pour eux-mêmes et ne pas les considérer comme des aires de détente pour citadins.
Par Jean-Louis Cuche, ancien conseiller municipal d'une commune rurale de la Manche.
Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)