Puygiron autrefois

Dimanche 18 octobre 2009
 

 

       J’étais toute jeune fille. Je vivais chez mes parents, dans la ferme de Francis Gay, où ils étaient fermiers. Quand j’allais chez Henria Chaix apprendre à coudre, je traversais le Jabron par la passerelle et souvent Louis m’y attendait. Si un caillou était posé sur le muret près du ponceau, mon fiancé serait là, derrière le buis, à mon passage du retour…

Enfants de la DASS, Louis et son frère Roger avaient été placés chez Madame Tardieu dès leur plus jeune âge. À partir de 14 ans, ils furent envoyés à la ferme chez M. et Mme Almoric pour travailler. Louis y était heureux…

       Un jour de 1944, il alla en courant au-devant d’une patrouille croyant que les Américains arrivaient. Avec le père Baud, cachés dans les fossés le long de la route de Dieulefit, ils se rendirent bien compte que ce n’était pas les Américains mais les Allemands ! Leurs chevaux ne pouvaient plus avancer et certains mourraient d’épuisement... Je me souviens encore de l’image de deux d’entre eux étendus au bord du Jabron chez Léon Sauvan… Louis retourna presto à la ferme pour prévenir tout le monde.

       Nous avions tous très peur… Chez les Almoric, il y avait du bien, et, prévoyante, Suzanne, la fille, eut vite fait de tout replier. Ainsi, bijoux, argenterie et draps furent cachés, à temps, dans un grand trou creusé par Louis.

       Ils sont arrivés par chez les Rostand et ont rapidement traversé les vignes en face de chez Francis. Quand ils sont entrés dans la ferme Almoric, ils ont tout de suite envahi la maison. Roger, qui était en bas, s’enfuit en courant dans la ramière, au milieu des jardins, et se cacha sous les haricots embranchés. Les « Boches » sont montés jusqu’à la chambre de Louis et Roger, dans le grenier. Le lit de ce dernier était encore chaud et ils se rendirent compte qu’il en manquait un… Ils les ont fait s’aligner, les Almoric, la grand-mère Viel, le commis Roche et Louis, le long du mur de la cour contre les crochets des cochons, et leur ont ordonné de placer leurs mains sur la tête. Ils les questionnaient en hurlant, toujours à la recherche du résistant. Combien de temps, cela dura… ? C’était effrayant et cela marqua à jamais Louis. D’ailleurs, pendant longtemps, Louis a raconté cette histoire dans les repas de famille en imitant le soldat le plus autoritaire. Mais qu’est-ce qui lui avait pris à Roger de fuir ainsi ? Puis, ils ont parlé entre eux et les ont tous expédiés à l’extérieur de la ferme.

       La famille Almoric et Louis se retrouvèrent sur le chemin sans rien et allèrent se réfugier avec mes parents, ma soeur et moi au château, où vivait Seinglat, un vétérinaire de Montélimar. Celui-ci nous organisa un coin pour dormir avec des matelas dans les celliers. Nous y sommes restés quatre jours et quatre nuits. Louis descendait donner à manger, chaque matin, aux bêtes restées à la ferme et en profitait pour chercher son frère. Il criait « Roger… Roger… » sur toute la commune de Puygiron mais rien… Au château, on nous donnait à manger et finalement, nous n’étions pas si mal. Nous étions jeunes et nous ne réalisions pas : cela nous changeait du quotidien et j’étais avec Louis… Par les petites fenêtres, nous surveillions ce qui se passait en bas. Nous les avons laissé faire leur vie et ils étaient contents. Avions-nous le choix ? « ça, ils savaient le faire marcher l’extracteur à miel ! » disait souvent mon Louis.

       Ils ont même tué le cochon de la ferme. Ils sont enfin repartis par la Coucourde… Et Roger revint à la ferme ! À ce que je sache, ce fut la seule maison « visitée » de Puygiron… Et les Américains finirent par arriver aussi et par le cimetière ! Je revois encore leurs chars immenses descendre devant la maison Piallat et les boîtes de corned-beef qu’ils nous laissaient en ravitaillement, à leur passage… Louis et moi, nous nous sommes mariés le 7 septembre 1946 et nous eûmes beaucoup d’enfants !

 

                                                                       Propos de Rose Dumas recueillis par D. R.


       Publié dans Le Giron n° 16 (juillet 2009)

Par jean danielle
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Lundi 26 janvier 2009


       Nous avions parlé dans le Giron n° 13 de nos canaux, héritage d'un patrimoine industriel. L'alimentation du canal principal se faisait au moyen d'un barrage appelé "sautière," situé sur le Jabron à proximité du centre équestre. Ce canal fournissait, en force hydraulique, des moulins à farine et des usines importantes comme la fabrique à soie de M. de Lacoste où travaillaient en moyenne, vers 1870, quarante ouvrières, la fabrique et la filature de M. Viel avec 90 ouvrières et enfin celle de M. Lacroix, la mieux outillée du département avec télégraphe et éclairage électrique, occupant 350 ouvrières. De nos jours, ces "sautières" servent uniquement au passage des véhicules "2 ou 4 roues" et à quelques promeneurs pour une ballade dominicale après un bon repas en famille ; plus personne n'a de pouvoir pour effectuer des travaux de gros oeuvre sur cet ouvrage peut-être propriété privée. Le Jabron se venge de la fermeture de nos moulinages, il continue son travail de sape et bientôt, il nous faudra des "bottes de sept lieux" pour "sauter" par dessus son lit.

                                                                                      M. R.

         Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)

Par Le Giron
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Vendredi 23 janvier 2009


          Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)
Par Le Giron
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Samedi 17 janvier 2009

     

                                                                        Cyril, Hélène et la chèvre en 1941, devant la maison Bintein


       Ces souvenirs sont peu précis car j'étais gamin (12 ans)... Je vous les livre en vrac, sans garantie historique, surtout dans la chronologie. Au préalable, petites précisions géographiques pour situer la suite de mon récit : À l'époque, il y avait peu de maisons le long du chemin de Souaille. Nous habitions, ma mère, ma soeur et moi, la maison où vit actuellement ma soeur, Hélène Di Giandomenico. Il y avait un groupe de maisons au « Syndicat ». Cela comprenait la maison de la famille Baud, ainsi que là où est installée une partie de la famille Bayle. Et, de l'autre coté de la D327, un ensemble de bâtiments (entre autres, là où vit actuellement Michel Reboul) et de champs allant jusqu'au ruisseau Le Drôme et appartenant à Marius Théolat. En particulier, le terrain où j'ai fait construire ma maison (à l'angle de la D126 et de la D327) en faisait partie.

       Venons-en à mes souvenirs, purement anecdotiques. Dans la dernière semaine d'août 1944 (je pense que c'était le 22 août), alors qu'on chuchotait que « les Américains » arrivaient, on entendit, à la tombée du jour, le bruit caractéristique des chenilles de chars remontant la D327 vers le village et la ferme de Léon Viel (actuellement, celle de Francis Gay). Croyant que c'étaient les Américains, nous nous sommes précipités à travers champ (celui où est actuellement le lotissement « la Tuilière » à l'Ouest, sous le village) pour nous apercevoir qu'il s'agissait de chars allemands (de la 11e Panzer Division d'après les archives montiliennes) qui prenaient position autour du village. Comme à la parade, le chef de char était assis sur la tourelle, les bras croisés. Nous avons rapidement fait demi-tour, en abandonnant nos sourires ravis initiaux...

       Ces chars sont repartis le lendemain pour subir des tirs de l'artillerie américaine dans la plaine de Montboucher, entre La Vesque et l'usine Lacroix (Les gens, dans le village de Puygiron, pouvaient suivre ces combats à l'oeil nu, des remparts du côté ouest). À noter que, la veille ou l'avant-veille de l'arrivée des chars, un groupe de F.F.I. avait pris possession au carrefour du transformateur EDF et au pont sur le Jabron, uniquement avec des armes légères, « pour arrêter les Allemands ». Heureusement pour eux, ils ont décroché avant que les chars n'arrivent, pour aller se battre ailleurs dans la plaine de la Valdaine.

       Avec un décalage de 24 ou 48 heures (je ne me souviens plus), les chars furent remplacés par des troupes allemandes d'infanterie. Un émetteur radio fut installé dans la cour de la maison de mes parents, sous un gros tilleul. Il fut rapidement repéré par les Américains et un avion vint mitrailler l'émetteur alors que ma mère était en train de remonter un seau d'eau du puit situé juste à côté du tilleul !!! (On n'avait pas alors d'adduction d'eau) ... Par chance, elle ne fut pas atteinte (pas plus d'ailleurs qu'aucun Allemand) ; seule une poule qui béquetait fut tuée à ses pieds.

Nous avions aussi deux chèvres qu'on emmenait paître dans le champ de Marius Théolat (celui où j'ai fait construire ma maison). Chaque matin, on attachait les chèvres à un piquet, au bout d'une chaîne et on récupérait les deux bêtes le soir.

       Le lendemain (ou le surlendemain ?) de l'arrivée des troupes allemandes, les Américains ont lancé un tir de barrage d'artillerie. Les obus ont commencé à tomber vers Rochefort, puis se sont rapprochés des « grandes carrières » pour atteindre finalement la route d'Espeluche (D126), vers le transformateur EDF. Cela dura sûrement moins d'une heure, mais nous parut très long... À la fin de la journée, quand tout fut bien calmé, ma mère m'envoya chercher les chèvres dans le champ de Théolat. En arrivant là-bas, on se serait cru « à Verdun » : à la place de l'herbe, ce n'était que des entonnoirs de terre, les uns sur les autres... Et, au milieu de cet enchevêtrement, les deux chèvres toujours attachées, perchées sur un tas de terre et sans une blessure ! Elles ont bu plus d'un seau d'eau chacune quand je les ai ramenées à la maison. Eh bien, ce chamboulement du sol est redevenu visible lorsque j'ai fait décaisser le terrain pour implanter une piscine en 2004. Sur la photo ci-dessous, il est bien visible que la couche claire de « griffe » est interrompue par des entonnoirs en V, de terre sombre (le terrassier qui a fait l'excavation a été d'accord avec cette interprétation du profil de la coupe).



       Pour en finir avec cette période, je crois qu'il y a eu plusieurs Allemands qui sont morts sur le territoire de la commune (dont un, vers la chapelle St Bonnet) pour un seul Américain blessé près de la ferme de Léon Viel et cela, bêtement : il a dévissé d'un poteau télégraphique en posant une ligne de campagne et s'est cassé une jambe.

       En partant, les Allemands ont abandonné une quantité énorme de matériel et d'armes et il est miraculeux que les gamins que nous étions n'aient pratiquement pas eu d'accidents. À ma connaissance, seul un garçon de l'Assistance publique, de 13/14 ans, qui travaillait chez Almoric et dont j'ai oublié le nom a voulu faire éclater une roquette type « bazooka » contre le mur de l'église... Ce qu'il réussit à faire après plusieurs tentatives et ce qui eut pour conséquence une entame du mur de l'église (à peu près au niveau de l'emplacement actuel du monument aux morts) et, par miracle, un seul éclat dans la cuisse du garçon, mais qui avait fait une blessure assez vilaine.


                                 Propos de Cyril Tchoubar recueillis par Dominique Rault


           Publié dans Le Giron n° 15 (Janvier 2009)



Par Le Giron
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Mercredi 26 novembre 2008

       Les femmes représentent la moitié de l'humanité. Avant les années cinquante et hormis quelques rares exceptions, elles étaient fréquemment confinées à des rôles subalternes. Le certificat d'études était pour elles le diplôme nécessaire et suffisant : il était inutile d'aller au-delà. L'homme avait tous les droits et la femme écoutait... me dit Jeanne. Les femmes n'avaient pas non plus libre accès à leurs biens personnels et il fallut attendre 1965 pour qu'elles puissent signer des chèques sans l'autorisation de leur époux. Les affaires politiques étaient considérées comme hors de portée de l'esprit féminin et il n'était donc pas question que les femmes puissent voter. Suite à des luttes longues et difficiles, au début du siècle, elles se sont vues peu à peu reconnaître un accès au droit de vote égal à celui des hommes.

       Durant la première guerre Mondiale, d'importantes pénuries de main d'œuvre masculine se présentèrent et les femmes durent occuper des emplois traditionnellement masculins. Cela provoqua dans les esprits de nombreuses remises en question sur leurs capacités. En 1919, la Chambre des Députés se prononça en faveur de droits politiques pour les femmes, mais le Sénat bloqua la mesure. La ville de Bobigny élisait Marthe Tesson adjointe au maire le 18 mai 1925 ; cependant, une loi de janvier 1926 enlevait aux femmes toute responsabilité au sein des conseils municipaux.

       Dans les grandes villes, les suffragettes luttaient pour obtenir le droit de vote, mais les femmes de Puygiron étaient peu au courant de leur combat. L'accès à l'information se réduisait à quelques nouvelles régionales dans Le Petit Dauphinois. Jeanne et Monette se souviennent de l'arrivée dans le foyer de leur premier appareil radiophonique en 1950 seulement !

       Pendant l'Occupation, de nombreuses femmes rejoignirent les rangs de la Résistance. Un engagement qui conduisit la France libre du général De Gaulle à reconnaître l'égalité politique des sexes.

       Le droit de vote fut accordé aux femmes en France le 21 avril 1944, mais ne sera en usage que le 29 avril 1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections législatives. À Puygiron, cette nouvelle ne fut pas accueillie à la hauteur de son importance. On ne l'attendait pas... On sortait juste de la guerre, et tous étaient accablés. On enlevait les éclats d'obus dans les jardins et l'on se remettait doucement... Ce qui paraissait capital finalement était la réapparition de l'élection démocratique du Maire.

       N'oublions pas que sous Pétain, le Maire était nommé par le Préfet, souvent conservateur. Pierre se souvient de la nomination de son père, ancien gendarme, et de celle de M. Aymard. Les femmes allèrent voter la tête basse derrière leur mari. Votaient-elles comme eux ? Ce n'est pas certain et Monette se rappelle ne pas avoir été toujours du même avis que son époux !

Je demande à Monette, si elle se souvient de quelques anecdotes : oui, elle sourit en évoquant les deux voix données à l'âne Pompon et le nom de son mari rayé au profit d'elle-même !!! Elle énumère les Maires qui se sont suivis, M.Aymard, M. Deloule et puis, bien sûr, son époux.

       En 1947, Germaine Poinso-Chapuis devient la première femme nommée ministre en plein exercice, Ministre de la santé publique et de la famille. En 1989, Catherine Trautmann devient la première femme maire d'une ville de plus de 100 000 habitants, Strasbourg. En 1991, Edith Cresson devient la première femme nommée Premier Ministre.

       En 1999, la Constitution intègre le principe de parité, qui permet une loi sur l'égal accès aux fonctions politiques l'année suivante. La loi du 6 juin 2000 sur la parité prévoit une parité totale pour les scrutins de liste et des sanctions financières aux élections législatives si le nombre de candidats d'un sexe dépasse de 2 % celui de l'autre. Aux élections législatives de 2007, la représentation des femmes à l'Assemblée Nationale atteint un nombre sans précédent : 107 femmes ont été élues ou réélues, soit 18,54 % du nombre total de députés. Depuis, la France figure au 58e rang mondial et au 15e rang en Europe pour la représentation des femmes au Parlement.

 

            Merci Jeanne, Monette et Pierre d'être toujours aussi enthousiastes et accueillants. 

                                                                                                             D. R.        


Par Le Giron
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Mardi 11 novembre 2008


    Dans les jardins, entretenus laborieusement par nos générations d'anciens, l'eau nécessaire aux cultures était souvent pieusement empruntée à des canaux qui les bordaient. Ces canaux étaient nombreux à Puygiron et furent construits initialement, pour les besoins en énergie de moulins à grains et filatures de soie. Des syndicats d'utilisateurs des canaux virent le jour afin d'obtenir un droit d'eau pour utiliser cette manne avec parcimonie et selon un calendrier permettant d'utiliser l'eau à tour de rôle. L'usine Lacroix de Montboucher doit son implantation géographique à la présence du Jabron et du Vermenon, rivières, à l'époque, aux eaux abondantes même en période estivale. Le captage des eaux du Jabron passait nécessairement par Puygiron.

       Deux canaux furent créés sur la rive droite de la rivière :

       - Un avec barrage derrière Top semence alimentant le Moulin vieux, de nombreux jardins dont une cressonnière et la filature Borne, avant de rejoindre sous terre la cabane de la Vesque.

       - Un plus bas à hauteur de Jabron Loisirs, aérien sur une courte distance et recevant au passage les eaux de l'ancien moulin à grains du Barral. Le canal du moulin alimentait les jardins Dubourg et Locatelli.

       Ces canaux, héritage d'un patrimoine industriel retournent petit à petit à la nature à laquelle les ancêtres les avaient empruntés.

       Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'eau pour produire de l'énergie et les canaux ne contribuent malheureusement plus à la rencontre de l'eau et de la terre dans nos jardins. Des vestiges importants de ces ouvrages d'art existent encore sur la commune.

                                                                          M. R.

       Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)

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Vendredi 7 novembre 2008


Si tu veux être heureux une heure, enivre-toi,

Si tu veux être heureux un jour, tue ton cochon,

Si tu veux être heureux une semaine, fais un beau voyage,

Si tu veux être heureux un an, marie-toi,

Si tu veux être heureux toute ta vie, fais-toi jardinier.


       À Puygiron, chaque famille avait son jardin potager sur les terrains autour du village ou attenant à la ferme pour les plus chanceux. Leur surface était variable suivant l'importance de la ferme... et selon le courage du propriétaire !

       Au village, Benjamin Laurent (maison de la famille Ver) possédait une vigne plein Sud à proximité de la carrière et quelques terres au Levant. Il travaillait avec son âne. Parfois son épouse venait l'aider à pousser la charrette dans la montée de la croix quand l'âne ne pouvait plus la gravir. Le curé avait un jardin potager sous le village vers les jeux d'enfants. C'est le mari de Jeanne qui allait le bêcher. Le boulanger, M. Mouillac avait aussi le sien sur le terrain de M. Chanzy. On le voyait y travailler tous les après-midi après la sieste. Son épouse, Mme Mouillac allait dans son jardin au Portalet. Personne n'avait intérêt à la déranger à ce moment-là pour lui demander du pain !!! Lucien Mouillac, le père de l'institutrice, cultivait quatre lopins différents ! Un à l'emplacement du terrain de M. Ragel, ses légumes à feuilles sur le terrain de M. Roux et un immense jardin sur le terrain de Mme Thévenet. Le quatrième, jardin d'ornement, se situait au Nord de la propriété Brunel.

       À la ferme, c'étaient généralement les anciens ou les femmes qui s'occupaient du jardin. On travaillait tout à la bêche : il n'y avait pas de motoculteur et l'on n'utilisait pas d'engrais mais du fumier. C'était bien sûr de la culture bio avant que le terme n'existe encore.

       Pour l'arrosage, on allait tirer l'eau avec l'arrosoir des puits du village et du bassin ou de la citerne des fermes. Dans le vieux village, presque toutes les maisons avaient un puits. Même s'il est en hauteur, il y a toujours eu de l'eau au village. Au Couchant, c'était l'abondance dans les jardins car on se servait de l'eau des canaux en enlevant les planches de retenue. Les canaux, alimentés par le Jabron, partaient du « verger Cambiano » et allaient jusqu'à l'usine Lacroix en passant par le « Moulin vieux ».

       Ces jardins étaient un apport important pour la famille. Les repas étaient en général à base de légumes : carottes, navets, céleris, potirons, concombres, cornichons, courgettes... La soupe du soir mijotait dans une grande marmite en fonte pendue à la crémaillère dans la cheminée. On l'agrémentait de pain ou d'une tranche de lard.

       En novembre, on semait les petits pois « A la Sainte Cécile, les petits pois en font mille », (le 22 novembre) et l'ail. On resemait parfois encore des petits pois en mars. Les haricots s'ensemençaient à la Saint-Joseph, soit le 19 mars. Les graines de laitues et de radis étaient mélangées et semées à la volée sur le même carré de terre. Les radis arrivaient à maturité en 20 à 25 jours. On les arrachait en laissant les semis de laitue. On préparait les semis de poireaux ou de tomates, dans des caisses avec du terreau que l'on laissait sous une vitre au soleil en guise de serre.

       On repiquait ensuite les semis. On n'allait pas acheter des petits sachets de graines de salade, mais on laissait « monter » une salade pour qu'elle puisse donner des graines que l'on récoltait pour les prochaines semences.

       L'hiver, la frisée et la scarole ne craignaient pas le gel. En Ardèche, Jeanne se souvient que l'on protégeait les plans sous des planches avec de la paille. On « paillait » les cardons et les céleris sous des vieux sacs. On gardait les pommes de terre, l'ail et les oignons toute l'année dans la cave, à l'abri de la lumière et de la chaleur pour ne pas qu'ils germent. Dans les jardins, il n'y avait pas beaucoup de fleurs. Les hommes n'étaient pas fleuristes... Ils repiquaient parfois quelques chrysanthèmes. Cependant, certains se souviennent des beaux dahlias et reines-marguerites de M. Dumas (et de ses asperges exquises aussi.)

 Merci encore à vous, Jeanne et Pierre, pour votre gentillesse et votre disponibilité. À très bientôt !

                                                                                                                                             D. R.

              Publié dans Le Giron n° 13 (janvier 2008)



Par Le Giron
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Mercredi 29 octobre 2008

Le 18 mai 1975


En partant d'en-haut à gauche :

Béatrice Leroy,
Marielle Lévèque, Mireille Roux, Magali Veyrier, Ghislaine Lévèque, Hernani, Patrick Monier, Pascal Sauvan, Pascal Leroy, Eric Berger, Patricia Monier, Déolinda

Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)
Par Le Giron
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Mercredi 29 octobre 2008


       À l'époque, il n'y avait pas de sécurité sociale et, par conséquent, on attendait une situation vraiment critique pour faire déplacer le médecin. On se débrouillait seul en utilisant les soins appropriés à chaque mal. Il n'y avait que trois ou quatre médecins à Montélimar, et deux à Dieulefit : un protestant et un catholique soignant respectivement chaque communauté. Cependant, c'est bien le médecin protestant qui se déplaça pour soigner la jambe cassée du frère de Pierre, alors qu'il n'était pas de la même confession.

       Les grossesses se passaient sans contrôle prénatal. Quand l'heure de la naissance arrivait, on allait chercher la sage-femme et cela se passait, en général, à la maison. À Puygiron, c'est Joséphine Sauvan, épouse du chef de gare, qui assistait les futures mamans, aidée par une ou deux voisines. Sa formation venait sûrement d'une autre sage-femme... Les hommes n'étaient pas tolérés dans la chambre et on leur demandait d'aller chercher de l'eau chaude : ça les occupait ! On appelait le médecin dans un cas extrême et parfois, il était trop tard, comme pour Léona Piallat, décédée tragiquement d'une hémorragie lors de la naissance de son troisième enfant. Les nouvelles mamans restaient alitées une semaine à la suite de leurs couches pour éviter tout risque, et donnaient le sein à leur bébé, pudiquement, sous une serviette. On pouvait accoucher aussi à l'Hôtel-dieu de Montélimar, hôpital situé dans la grande Rue (actuel musée de la miniature), où les religieuses, pas toujours très douces, vous attendaient. Jeanne se souvient de l'accueil glacial qu'elle avait reçu pour la naissance de Colette. Mais, comment pouvez-vous accoucher dans votre état ?  lui avait-on dit, parce qu'elle avait malheureusement contracté la poliomyélite pendant sa grossesse.

       Finalement, Colette était bien née ! Monette se rappelle que son époux, Pierre, désireux d'être présent, avait été accepté dans la salle d'accouchement, même si à l'époque ça n'était pas courant...

       On vaccinait les enfants uniquement contre la variole, en laissant une belle empreinte sur le bras. Vers les années soixante, celle-ci s'est déplacée sur le pied des petites filles, par esthétisme. Les enfants attrapaient donc toutes les maladies dites de la petite enfance et souvent contagieuses: coqueluche, rougeole, oreillons... maladies infantiles que l'on ne voit plus. Avant l'apparition des vaccins correspondants, il arrivait aussi de contracter la tuberculose ou la poliomyélite.


       La tuberculose a fait des ravages dans les années 30, surtout dans les villes ouvrières. On allait se soigner dans des sanas, sanatoriums à la montagne. À Dieulefit, il y avait le Centre pulmonaire du docteur Préault où l'on soignait aussi les tuberculeux. Le docteur Préault était un médecin très apprécié et avant-gardiste dans son domaine. Jeanne se souvient tristement des enfants, au Centre, installés en déclive, sur une planche, attachés par les pieds, la tête inclinée vers le bas, les aidant à expectorer. Dans les écoles, les institutrices faisaient vendre par les enfants des carnets de timbres permettant de récolter quelques fonds pour lutter contre la tuberculose. Vers les années cinquante, l'amélioration des conditions de vie et l'apparition du vaccin BCG ont fait reculer cette maladie.

       Monette évoque que petite, elle n'avait jamais vu de docteur ! Pour les bronchites, on plaçait sur la peau des ventouses en verre, chauffées à l'aide d'une mèche alcoolisée. L'application des ventouses chaudes sur la peau, entraînant parfois des brûlures, faisait le vide entre la peau et la ventouse et tirait le mal. La peau devenait souvent violette sous les ventouses. Parfois, on sclérosait même la peau en faisant une petite croix à l'emplacement de la ventouse.

       On posait aussi des sinapismes sur la poitrine sous forme de cataplasmes de farine de lin et de graine de moutarde. Contre les maux de gorge, on appliquait sous un linge de la teinture d'iode sur la peau, tout autour du cou. Un bon vin chaud remettait d'un petit rhume (on croyait d'ailleurs beaucoup aux vertus du vin). Monette se souvient que sa maman lui appliquait un peu de vaseline sur le nez quand elle était enrhumée, la protégeant ainsi d'irritations ou de rougeurs. Contre la constipation, on utilisait des poires en caoutchouc pour lavements, ou l'on administrait des petites quilles de savon glycériné aux enfants. Pour les problèmes circulatoires, le sirop de jouvence de l'abbé Soury (inventé en 1745 et toujours commercialisé) et contre les coliques, l'élixir parégorique. Chez l'herboriste, on trouvait différentes tisanes : la bourrache contre la toux, le sureau pour les poumons, les queues de cerise diurétiques, la camomille pour le foie, le tilleul et la verveine pour la digestion...

       Contre les rhumatismes, on portait une ceinture ou un gilet de flanelle qui permettait de garder la chaleur de la transpiration sur le dos. En ce qui concerne les lunettes, on les achetait à la foire. Les plus fortunés allaient chez l'oculiste de Montélimar, M. Flandin, rue Roserie (rue Roger Poyol). Pour les soins dentaires, chacun se souvient du Docteur Truche à Montélimar, un vrai bourreau... Ceux qui ne pouvaient pas y aller avaient des chicots à la place des dents. Pour une luxation ou une foulure, on allait chez le rebouteux, le curé d'Aubignas ou le père Magnet, charpentier à Dieulefit, qui soignait aussi les bêtes contre ces mêmes maux... Si on questionnait les gens, personne n'allait voir les guérisseurs... Pourtant, c'est Yvonne Boisson qui éteignait les brûlures et M. Roustand (ferme Francis Gay) qui enlevait les verrues avec une ficelle et des incantations. M. Béroule de Rochefort détenait différentes recettes, contre le ronflement par exemple, et même contre la coqueluche : dans un panier à salade, il fallait saupoudrer du sucre sur des escargots fraîchement ramassés, et recueillir la bave pour la faire boire (!!!). Mais Jeanne n'a jamais voulu essayer !!!

       Merci encore à vous « les anciens » de Puygiron, qui me surprenez à chacun de nos rendez-vous par votre joie de vivre et votre jeunesse. Merci aussi pour votre gentillesse et générosité. Je compte sur vous pour le numéro 13 !

                                                                                        D. R.

       Publié dans Le Giron n° 12 (juillet 2007)

Par Le Giron
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Mercredi 8 octobre 2008


Pierre Viel disait : Les agriculteurs sont les artisans de la nature. Avant les années 50, Puygiron était une commune où dominait l’agriculture. Tout le monde était agriculteur… Au Levant, on comptait une dizaine d’exploitations de deux à quinze hectares. Aujourd’hui, il reste sur toute la commune trois exploitations agricoles, sous contrat et très contrôlées.

Toutes les générations vivaient ensemble à la ferme et chacun y travaillait. C’était l’aîné des enfants, marié, qui devenait le chef de l’exploitation, même si l’aïeul continuait à garder une certaine autorité. Les plus jeunes frères et soeurs restaient à la ferme jusqu’au service militaire pour les garçons, et au mariage, pour les filles… Souvent, celles-ci travaillaient quelques années, le soir, à l’usine Lacroix pour gagner l’argent du trousseau.

Après avoir nourri leurs tout-petits au sein, les mères avaient peu de temps à consacrer aux enfants qui trottaient derrière elles dans la ferme et qui apprenaient vite à être utiles ! En Ardèche, après l’école, Jeanne Sauvan se souvient qu’elle devait retourner le foin, coupé à la faux, un jour sur deux pour le faire sécher et l’entasser en petits tas, les cluches. Et s’il pleuvait, il fallait vite le rentrer en courant sur des terrains en escaliers.

On vivait de la production de polyculture (céréales, betteraves pour la sucrerie d’Orange, lavandin, pommes de terre, vigne) et du petit élevage (basse-cour, lapins, deux ou trois cochons, quelques chèvres ou moutons) de la ferme. On cultivait aussi des betteraves vertes qui servaient à engraisser les cochons en hiver. Dans le quartier du Levant, il y avait seize vaches dont onze chez Pierre Viel, une chez Marius Guérin, deux chez M. Boisse. Il y avait souvent aussi un cheval, un mulet (grand mulet du Poitou), et un ou plusieurs boeufs. À l’étable, ceux-ci étaient âgés en moyenne de 3 ou 4 ans. Le maquignon passait échanger des petits veaux d’un an, dressés pour l’attelage, contre les boeufs plus âgés, bons pour la viande. Les hommes nourrissaient chevaux, vaches, brebis tandis que les femmes nourrissaient lapins, poules et cochons.

Dès le plus jeune âge, les femmes étaient au travail, et même quelquefois au détriment de l’école… Elles se levaient tôt, comme les hommes, au lever du soleil (l’électricité arriva en 1928 à Puygiron) et préparaient le café à partir des grains qu’elles moulaient. Elles allumaient le feu dans la cuisinière, ou la cheminée, allaient au puits chercher l’eau, et faisaient un rapide ménage avant de préparer les enfants pour l’école. Elles mettaient en place le repas pour midi avec les pommes de terre et les légumes du potager en laissant mijoter la marmite sur le bord de la cuisinière. Puis, elles allaient traire et nourrir les brebis dont elles utilisaient le lait pour faire les tommes. Le lait ne pouvait pas se conserver longtemps car il n’y avait pas de réfrigérateur… Elles allaient nourrir les lapins : le matin avec du fourrage sec, et l’après-midi, avec de la luzerne ou de l’herbe ramassée dans les champs. Elles donnaient aussi le grain à la basse-cour. Il fallait penser à changer le fumier des clapiers, de la porcherie, et de l’étable, une fois par semaine. L’après-midi, les femmes emmenaient le troupeau de chèvres ou de moutons dans les champs et les bois. Monette Viel apportait le lait le soir, à bicyclette, jusqu’au transformateur du croisement de la route d’Espeluche où l’attendait le camion de la coopérative… Les Puygironnais venaient chercher, à la ferme Viel ou Almoric, le lait, le matin ou le soir, avec leur petit pot en fer-blanc ou plus tard, leur bouteille. Se vendait aussi à la ferme Viel, un peu de vin ordinaire.

Les femmes devaient nourrir aussi les saisonniers de passage à la ferme … Chaque année, fin avril, on faisait venir des émarieurs d’Ardèche. Leur béret vissé sur le crâne, ils séparaient les graines germées des betteraves.

Ils travaillaient 10 heures par jour et couchaient à la ferme. Monette se souvient qu’un après-midi, elle avait préparé des châtaignes et les avaient proposées aux Ardéchois... mais ces derniers avaient refusé, quelque peu offusqués, car « les marrons, en Ardèche, on les donne aux cochons ! » Pour battre le blé, Monette se rappelle que 16 ouvriers restaient pendant deux jours. Après leur dur labeur, ils se lavaient dans le bassin de la ferme, et malgré la fatigue, ils riaient et chantaient toute la soirée…

La grande lessive se faisait, en général, tous les quinze jours. Le linge blanc était mis à tremper dans de l’eau très chaude pour le décrasser. Parfois, pour le faire blanchir, on le passait dans la cendre et le mettait à bouillir dans la lessiveuse. Pour le rinçage, on allait au Jabron, en portant la lessiveuse avec la brouette (ou on se servait du bassin de la ferme). L’eau courante n’est arrivée à Puygiron qu’en 1952. Pour faire la vaisselle, on n’utilisait pas de détergent et surtout, on gardait l’eau grasse pour la donner aux cochons. Pendant leur « temps libre », les femmes tricotaient des chaussettes, raccommodaient les vêtements de travail. Le dimanche, elles allaient à la messe et quelquefois elles rencontraient leur voisine devant une tasse de café. Elles allaient chercher le pain tous les deux jours chez le boulanger qui comptabilisait sur un cahier ce qu’elles apportaient en blé ou en farine. Elles se rendaient à la foire de Montélimar trois ou quatre fois par an, et à la fête du 15 août pour admirer le feu d’artifice…

La faucheuse mécanique arriva vers les années vingt… La lieuse coupait et faisait des gerbes ficelées par l’habilleuse. Les gerbes étaient ensuite regroupées en gerbiers, puis en grands gerbiers (jusqu’à 200 gerbes de foin) ou feniers pour l’orge et l’avoine. Puis apparut le semoir mécanique tiré par les mulets, « laissant de côté, le geste auguste du semeur » (je cite Pierre Laurent). Avant 1940, il y avait à Puygiron, deux ou trois tracteurs à pétrole. Pierre Viel acheta son premier tracteur à essence en 1948, « le petit gris », sur lequel Monette apprit à conduire ! La ferme Almoric avait aussi un vieux tracteur, mais qui marchait peu… Après 1948, on changeait de tracteur, en général, tous les 10 ans. Et les assurances protégèrent les agriculteurs à partir de 1952…

Tout le monde donnait un coup de main pour la moisson, les amis, la famille et les voisins… On faisait venir des entrepreneurs pour battre le blé avec leur moissonneuse : M. Béroule de la Bâtie-Rolland, M. Chaix de Montboucher. Pierre Viel fut le premier à investir dans une moissonneuse batteuse. On disait que cela cassait les grains, mais il était toujours le premier à aller de l’avant ! De grands sacs de 100 Kg se remplissaient. La batteuse crachait la paille. Et l’on faisait, et tout le monde savait le faire, des paillers bien pointus, bien serrés : autour d’un mât, on entassait la paille sur six ou sept mètres de haut. Les paillers pouvaient rester dehors. Comme la paille était bien serrée, seule la surface du pailler noircissait au fil des pluies, mais l’intérieur restait bien sec.

Vers les années 50, la révolution industrielle a fait éclater la cellule familiale : les jeunes sont partis travailler à la ville. Et nous sommes entrés dans l’ère de l’individualisme où chacun peut se croiser dans sa cage d’escalier, sa rue, et même dans son village, sans prêter attention à son voisin… Depuis 1953, tout a bien changé, aussi, pour les semences : beaucoup de nouvelles variétés sont nées, et bientôt les biocarburants vont apparaître…

 

Cet article a été rédigé à la suite d’un après-midi très agréable d’échange, de souvenirs et de fous rires, avec quelques anciens de Puygiron, à l’esprit encore si vif. Les photos m’ont été confiées par Jeanne Sauvan et Léa Guérin.

Merci tout particulièrement à vous, Jeanne, Monette et Pierre. Et je compte encore sur vous, pour la prochaine fois.

D. R.

Publié dans Le Giron n° 11 (janvier 2007)

 

Par Le Giron
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Le village perché de Puygiron

                                                               Aquarelle de Morice Viel

Belvédère de la Drôme provençale, situé sur un mamelon dominant le Jabron et la plaine de la Valdaine, offrant un très beau point de vue. Au hasard des ruelles, on admirera portes et fenêtres encadrées de pierres sculptées. Le premier village médiéval était situé à Saint-Bonnet, près du prieuré carolingien, sur le site d’une villa gallo-romaine. Ce premier village fut abandonné au XIIIe siècle et les habitants se réfugièrent sur « le puy » sous la protection du château.

Le château : construit fin XIIe / début XIIIe siècle, construction rectangulaire flanquée de quatre tours, l’une d’elles formant donjon. À proximité, la salle des gardes, avec une énorme cheminée et des voûtes retombant sur un énorme pilier central. Une cour intérieure avec une tour Renaissance hexagonale possédant une porte ogivale et escalier à vis. Le château a été classé monument historique en 1957.

L’église, de style roman, construite en 1867. La chapelle romane Saint-Bonnet : datée du XIIe siècle, église paroissiale jusqu’en 1770, elle présente une abside en demi-cercle voûtée en cul-de-four, un chœur surélevé, une nef unique de trois travées, un escalier à vis qui conduisait à un clocher aujourd’hui disparu. La pierre de Puygiron a été exploitée jusqu’en 1914.

Puygiron a eu son chantre, le félibre Morice Viel (1881 - 1929).

D'après Jeannine Laurent (Etudes drômoises, n° 3, année 2000, p. 41)

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